PREMIERE PARTIE ZO
Influence de la race — Sauvages honnêtes ~ Centres criminels
Race sémitique — Grecque en Italie et en France Indice céphalique — Couleur des cheveux — Juifs — Bohémiens.
1. — Influence de la race. — Xous avons déjà vu, et nous le veiTons bien mieux par la suite, quelle vague notion du -crime existe dans Tesprit de Thomme sauvage, au point de nous en faire soupçonner son absence absolue chez l'homme primitif (mon IL Criminel. I). Cependant beaucoup de tribus sauvages semblent avoir une morale relative tout à elles, qu'elles appliquent h leur manière. Dès lors nous voyons aussi surgir le crime parmi elles. Chez les Yuris d'Amérique le respect de la propriété est si grand, qu'un fil suffit pour tenir lieu de limite. Les Coriacks, les Mbaya punissent l'homicide commis dans leurs propres tribus, bien qu'ils ne le regardent pas comme crime, quand il est perpétré dans les autres tribus. On comprend facilement que sans une pareille loi la tribu n'aurait aucune cohésion et serait bientôt détruite.
Il y a cependant des tribus qui répugnent à cette morale relative ; ainsi dans la Caramanse, en Afrique, à côté des honnêtes et pacifiques sauvages Bagnous, qui cultivent le riz, on trouve les Balantes qui ne vivent que de chasse et de rapine : ils tuent ceux qui volent dans leur village, mais ils n'en volent pas moins eux-mêmes dans les autres tribus [Revue d'anthrop., 1874): les bons voleurs y sont le plus estimés et même payés pour apprendre le vol aux enfants : on les choisit comme chefs dans les expéditions.
Les Beni-Hassan du 3Laroc ont avec eux beaucoup d'analogie, leur métier principal est le larcin ; ils sont disciplinés, ont leurs chefs, des droits reconnus par le gouvernement, qui s'en sert pour recouvrer les objets volés : ils se divisent en
voleurs cravoino, de chevaux, de villages, et de routes ; il y a; les voleurs à cheval; ils fuieut si rapidement qu'il est impossible de les suivre : ils s'introduisent nus, enduits d'onguent, dans les cabanes, ou se cachent sous des feuillages pour ne pas épouvanter les chevaux. Ils commencent à voler à 8 ans (De Amicls, Maroc^ p. 205).
Dans l'Inde, existe la tribus Zacka-Kliail, dont la profession est de voler : lorsqu'il leur naît un entant mâle ils le consacrent 011 le faisant passer par une brèche pratiquée dans le mur de la maison et lui ciiantent trois fois : sois voleur.
Les Kourubars sont au contraij-e célèlires par leur honnêteté, ils ne mentent jamais et se laissent mourir de fami plutôt que de voler ; on les commet pour cela à la gaiMle des récoltes (Taylor, Sociétés primitives^ Paris, 1874).
Spencer aussi signale quelques peuples enchus à l'honnêteté, tels que les Todos, les Aino, les Bodos ; ce sont en gé- , néral des peuples chez lesquels la guerre est le moins en honneur, et qui pratiquent le plus les échanges.
En généi-al, ils ne discutent pas entre eux, laissent régler ces cjuestions par les chefs, et restituent la moitié de ce qu'on leur offre dans les échanges lorsque l'offre leur paraît exagérée. Ils ne pratiquent pas la loi du talion, ne commettent pas de cruautés, respectent les femmes, et cependant, choseremarquable, ils ne sont pas religieux.
Parmi les Arabes (Bédouins) il y a dos tribus honnêtes et laborieuses, mais il y en a beaucoup d'autres parasites, connues pour leur esprit d'aventure, leur courage imprévoyant, le besoin de changement continuel, le manque d'occupation et leur tendance au vol.
Dans l'Afrique centrale, Stanley trouNa des pays honnêtes et d'autres où les habitants avaient des tendances au larcin et à l'homicide comme les Zèghes. Parmi les Hottentôts ei chez les Cafres existent des individus plus sauvages, incapables de travailler ; ils vivent sur les fatigues des autres, vagabondent et sont appelés Fingas par les Cafres, Souquas par les Hottentôts (Mayhew, op. cit.).