PREMIERE PARTIE
Marro aussi trouva en première ligne, chez les ivrognes, les voleurs de grands chemins, 82 % '■> l^s auteurs de blessures, 77 7o 5 l^s voleui's, 78 °/o 5 puis viennent les escrocs, 66 7o ' ^^^ assassins, 62 °/q ; les déflorateurs, 61 o/q.
Yétault {ouvrage cité)^ sur 40 alcooliques criminels, trouva:
15 homicides, 8 voleurs,
5 escrocs,
6 auteurs d'attentats à la pudeur, 4 « de blessures,
2 vagabonds, dont 13 seulement furent regardés comme responsables.
On peut dire, en somme, que les grands crimes contre les personnes, spécialement les blessures, et contre la propriété (vols simples et à main armée), sont ceux dans lesquels l'influence de l'alcoolisme se fait le plus vivement sentir; mais, en général son action est plus forte dans les premiers que dans les seconds.
En étudiant l'influence de l'alcool sur la criminalité du Royaume Uni de la Grande Bretagne et de l' Irlande avec Fornasari di Yerce on trouve quelque étrange différence.
1^ Avec l'augmentation de la consommation de l'alcool diminuent assez fréquemment (1), quoique irréguhèrement, les crimes contre la propriété sans violence, et quand la consommation décroît, ces crimes augmentent et diminuent presque également il y a cependant quelques exceptions : en 1875-76, par exemple, ils s'accrurent avec l'augmentation de la consommation de l'alcool; mais en 1877-78 ils augmentèrent aussi malgré sa diminution.
(1) Que l'augmentation ou la diminution de la consommation de l'alcool n'ait pas une grande influence sur les crimes contre la propriété sans violence, cela se voit, par exemple, dans le fait que ces crimes augmentèrent de 20,035 à 23,571 en 1847 et de 21,545 à 23,017 en 1854, parallèlement à une augmentation de consommation de l'alcool. Mais vice versa ils diminuèrent en 1864 et 1871 de 14,075 à 13,202 et de 12,294 à 11,265, malgré l'augmentation sensible de la consommation de 0,85 à 0,90 et de 1,23 à 1,27.
116 CHAPITBE VU
2° Sur les crimes contre la propriété avec violence la consommation de l'alcool n'a pas une influence certaine.
3° Les crimes contre la propriété avec destruction frauduleuse décroissent de préférence avec la plus grande consommation de l'alcool; en effet, de 1870 à 1875 et de 1863 à 1865, à mesure que la consommation de l'alcool alla en augmentant, ces crimes descendirent de 276 à 260 et de 519 à 238, avec exception cependant pour la période 1848-55, dans laquelle la consommation de l'alcool et les crimes allèrent en augmentant de pair : ces crimes augmentent ou diminuent en suite indifféremment avec la diminution de la consommation de l'alcool; ainsi de 1875-84 avec sa diminution il y eut tantôt augmentation, tantôt diminution des crimes.
4° Les crimes de faux et contre la circulation monétaire décroissent aussi avec l'abaissement du prix du vin jusqu' en 1884, mais ensuite ils remontent indépendamment de cet abaissement.
5° Les crimes contre les personnes semblent suivre les fluctuations de la consommation des boissons alcooliques en augmentant graduellement avec l'élévation du prix de l'alcool, comme dans la période 1848-57, mais ils ne diminuent pas avec l'abaissement de son prix dans la période 1873-89 (1).
6° Les antres crimes n'ont pas un rapport très clair avec la consommation de l'alcool ; mais les délits et les contraventions décroissent de préférence avec sa diminution (2). Il faut enfin remarquer que, quoique l'alcoolisme soit un facteur très influent, en Angleterre, là même où il se fait sentir avec le plus d'intensité, il ne fi'appe jamais au delà du 77 o/o. ^
Dans la N. Galles on ne trouve aucune correspondance exacte entre l'alcool et les crimes, sauf pour les vols et les incendies. (Coghlax, o. cité).
(1) FoRNASAKi Di Vkrce, op. cU., pag. 198.
(2) Op. cit„ chap. 62-68.