PREMIERE PARTIE
1° On y voit que l'excès de travail en rapport avec le niininmm du salaire, c'est-à-dire avec une plus grande dénutiitiou, a une correspondance certaine avec l'homicide. En effet, l'Ecosse, l'Angleterre et l'Irlande, qui ont le minimum des journées de travail, ont aussi le minimiun des homicides, 0,51, 0,56, 1,05. Et l'Espagne et l'Italie, qui en ont le maximum 153, 154, ont le maximum des homicides, 8,25, 9,53.
2" Il y a encore une certaine correspondance poui' les coups et les blessures. La Grande Bretagne, l' Irlande et l'Ecosse, qui ont le minimum des journées de travail, 127, donnent aussi le minimum des coups et blessures, 2,67, 6,24, 11,59 ; l'Autriche et l'Italie ont un maximum de journées de travail, 152, 163, donnent aussi le maximum des coups et blessm-es, 155, 230. Mais on a aussitôt une exception en Espagne, oii Ton compte un minimum de crimes, 43,17, relativement à un maximum de journées de travail, 154, et en Belgique, qui nous donne un maximum de crimes, 175,34, avec un minimum de journées de travail, 136, certainement grâce à l'influence de l'alcoolisme.
3*^ Pour les crimes contre les bonnes mœurs, il y a inversion dans cette influence ; on en observe plus souvent le minimum là où il y a le maximum des journées de travail : ainsi l'Espagne, qui a un maximum de journées de ti'avail, 154, a un minimum de crimes contre les bonnes mœurs, 1,03 ; et la Belgique, qui a un 2° minimum de journées de travail, 130, a un maximum de ces mêmes crimes, 13,83. Cependant la Grande Bretagne présente un 2° minimum de ces crimes, 1,41, quoiqu'elle ait le minimum de journées de travail, 127.
4" Cette influence est tout à fait nulle sur les vols, pour lesquels nous voyons s'alterner les gradations du délit dans les pays à maximum et à minimum de journées de travail, comme l'Espagne, la Belgique, la France, l'Italie, etc.
5. — Caisses d'Épargne. — J'ai pensé que le chiffre des déposants dans les Caisses d'épargne pouvait offrir des don-
nées plus certaines sur la véritable richesse, parce qu' il donne la mesure de ce qui en est la source principale, la prévoyance et 1' économie, et de combien et comment prévalent dans un peuple les forces inhibitrices du vice et du crime.
l'î'ous avons vu, en effet, qu'en France la richesse est en rapport direct avec la moindre natahté, ce qui au fond correspond à une plus grande prévoyance et à une plus grande force d'inhibition.
Dans toute l'Europe nous trouvons, selon Coghlan, œuvr. cit. '•
Suisse . .
ivret
chaque 4
Danemarck
Suède . .
Angleterre
Prusse . .
rrance
Autriche .
Italie . .
loooo vols 114
Ces chiffres démontrent comment les homicides vont en ligne inverse du nombre des hvrets, pendant que c' est le contraire qui a lieu pour les vols.
En Italie, d'après les données que nous possédons, très restreintes, il est vrai, sur les Caisses d'épargne, nous voyons que la plus grande proportion de livrets correspond également à une moindre proportion d'homicides mais aussi à. une moindre de vols (1).
La moyenne des différents crimes dans les 20 provinces italiennes qui ont proportionellement le plus grand nombre de livrets (1 livr-et chaque 3-6 habitants), et dans les 20 provinces qui en ont le moindre nombre (1 livret chaque 15-24 habitants), ainsi que dans les 20 provinces qui en ont un
(1) Voir les chiffres dans l'édition italienne, pag. 156 et 157, d'après V Annum-io Statistico Italiano, 1892.