PREMIERE PARTIE
une première fois aux Assises^ sa peine fut réduite dérisoirenient dans un second jugement, grâce à la défense d'un collège d'avocats et d'experts. Bien différent aurait été le sort du cocher, si, au lieu d' avoir été la victime, il avait tué son maître despotique.
« Aussi, en requérant la condamnation des petits voleurs, le cœur se serre-t-il douloureusement en pensant à la criminalité éliontée et impunie des grands voleurs de la Banque Romaine » .
Paroles saintes, mais, qui, prononcées par un autre, pourraient être punies de prison; tant, hélas ! est injuste la justice en Italie !
Ajoutons que beaucoup de crimes, encore aujourd'hui, ne sont pas dénoncés, s' ils sont commis dans certaines classes dangereuses, mais puissantes, par des camoristes, par ex.
En résumé : le facteur économique a une grande influence sur la criminalité : non, cependant, que la misère en soit la cause principale ; car, la richesse exagérée, ou trop rapidement acquise, y prend pour le moins une aussi large part; et misère et richesse sont souvent paralysées par l'action ethnique -et climatique.
Religion.
L'infliieuce do la religion est aussi complexe, et même plus ([ue celle de la civilisation et de la richesse.
Nous avons vu des criminels très religieux (spécialement dans la campagne et dans les pays peu civilisés) et des criminels irréligieux et athées (V. Homme Crimijiel, YoL I).
Nous avons observé, que parmi les habitués des églises, les criminels et les honnêtes s' équilibrent presque dans les proportions (1) et souvent les premiers sont les plus nombreux (Y. Homme Criminel^ Yol. I).
Sur 700 criminels examinés, par Ferri, un seul était athée, un était indifférent, 7 étaient dévots et trouvaient même dans le sentiment religieux une excuse à leur crime; un d'eux Ini disait: « C'est Dieu qui nous donne cet instinct de voler >^; un autre: « Les crimes ne sont pas des péchés, car les prêtres aussi en commettent» ou bien: «J'ai péché, c'est vrai, mais avec la confession le prêtre me pardonne ». — Le plus grand nombre étaient imprévoyants des peines futures, comme ils l'étaient des punitions humaines — ; ainsi, un assassin répondait à Ferri qui lui avait demandé s' il ne craignait pas
le châtiment divin — Mais Dieu ne \\\ a encore jamais
puni. — Mais vous irez à V enfer — Oh ! je pourrai y
aller, et ne pas y aller — Et un troisième : « Nous 1;'
verrons si nous serons punis, quand nous serons morts.»
(1) Maxime Du Camp, eu examiuaut 33 détenus cellulaires durant la messe, nota que : 3 lisaient la messe, 1 avait la tête couverte en fixant l'autel, 1 était à genoux, 1 faisait semblant de lire le missel tandis qu'il lisait le Magasin Pittoresque, 1 ])leurait; 26 à table lisaient ou travaillaient.