‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 52 sur 190 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Si l'on s'en rapportait à qnelques statistiqnes, il est vrai très restreintes, on trouverait qu' il y a moins de criminels là oCi abondent les athées que là où, à égales conditions, dominent les catholiques et les protestants; ce qui pourrait bien provenir de leur plus grande culture^ d'autant plus qu'en Europe les athées abondent surtout parmi les citoyens les plus instruits. De là une moindre propension au crime, alors même (|ue le sens éthique et non le religieux est seul en honneur, parce qu'il faut une certaine dose d'énergie intellectuelle pour résister au consentement universel, une force d'inhibition, qui, de même qu'elle résiste à l'imitation, résiste aussi aux impulsions instinctives.

Eappelons comment Joly, qui cependant invoque l'action moraUsatrice des pratiques externes de la reUgion, nous cite la Normandie, où le respect de la religion rituelle est très répandu et où en même temps la criminalité est très élevée ; il nous rapporte même ce proverbe en usage sur les habitants de la Lozère : Loxérien^ le chapelet cV une main et le couteau de Vautre ; et cite ce fait arrivé dans l'Ardèche.

Deux groupes d' hommes se disputaient avec chaleur sur une marché, et déjà ils avaient levé lem's gros bâtons ferrés. quand tout à coup V Angélus; sonna; les deux partis ennemis baissèrent aussitôt leurs bâtons, se ■ découvrirent, firent le

signe de la croix et récitèrent V Angélus ; mais la prière

finie, ils ressaisirent leur arme et la bataille recommença de plus belle ; Joly observe qu' en France l'instruction rehgieusc est donnée avec plus de soins aux femmes qu' aux hommes. et malgré cela le nombre des filles mineures coupables n'est pas diminué; si une légère diminution proportionnelle se vérifia parmi les mineurs, ce fut, au contraire, parmi les garçons.

Keclus {Géographie universelle, II, 618) écrit qu'à Treynier existe une chapelle, où 1' on va invoquer de la Madonne de la haine, la mort de la personne détestée.

En parlant de la Sicile, l'avocat Locatelli dit : « Il est impossible d'imaginer l'immoralité que devaient répandre dans

les classes pauvres ces milliers de religieux, pourvus de richesses et d' influence, oisifs et doués de l'esprit ardent et de la vive sensualité des peuples méridionaux. Pour eux, la séduction, l'adultère et l'inceste lui-même, étaient des péchés pardonnables: l'assassin qui révélait en confession son propre crime et qui s'excusait en assurant d'avoir été provoqué, ou d'avoir subi un dommage, ou bien, en accusant son extrême misère, était non seulement absous, mais encore dispensé d' en rendre compte à la justice humaine, même quand cette dernière avait frappé par erreur un innocent à sa place. Le témoin qui taisait au juge la vérité pour éviter un péril, ou pour ne pas compromettre le prochain, était également certain de se réconcilier avec Dieu par l'intermédiaire du confesseur. Le riche qui séquestrait ses propres femmes par une jalousie vraiment turque, était plaint s' il attentait à l'honneur d'une fille du peuple. Un homme, enfin, pouvait s'affranchir la conscience d'un faux, d'un péculat en payant à l'Église 32 francs et 80 centimes ».

Il j a encore peu de siècles que les grands vicaires généraux des plus riches villes concédaient la permission de commetti'e l'adultère pour un an entier; dans d'autres villes on pouvait obtenir le droit de forniquer impunément pour toute la vie en payant un quart de vin à l'officier épiscopal qui en puisait le droit dans les décrétales du pape: dans le canon De Dilectissimis. On eut même 1' audace de présenter une supplique au pape Sixte lY pour obtenir la permission de commettre l'infâme péché dans les mois caniculaires.

A notre époque, à Palerme, était encore eu vigueur une bulle de composition^ qui fut annullée par le proc. du Roi Tajam, le 23 décembre 1868, et par laquelle on était dispensé de la restitution de l'argent mal acquis, de quelque manière que ce fût, soit par faux, par écrit, ou par corruption, en payant des sommes déterminées à l'Eglise, etc. (1).

(1) Eeproduit intégralement dans la 2^ édition de mon Incremento del delitto in Italia, 1879, Torino, Bocca.

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Diipiu de Saint-André republia, en 1879, Les Taxes de la Ijéniiencerie apostolique (édition déjà imprimée en 1520 par Toussaint Denis et en 1741 à Rome), dans lesquelles les crimes sont taxés suivant des tarifs, établis par les papes Jean XII et Léon X ; ainsi, un laïque qui avait tué un prêtre était absous en payant 7 gros, et 5 seulement s' il avait tué un autre laïque.

« Si un ecclésiastique forniquait avec des religieuses dans le monastère ou en dehors, ou bien avec des neveux, cousins ou filleuls, il n'était absous que moyennant 67 francs, 11 sous et 6 deniers.

« Si c'était contre nature 219 francs et 14 sous.

« Une religieuse qui avait forniqué avec beaucoup d'hommes dans le monastère ou en dehors, 131 francs, 14 sous et 6 deniers.

« L'adultère était absous avec 87 francs et 3 sous. Un laïque, poiu- adultère, avec seulement 4 ft'ancs, mais pour adultère et inceste 10 francs.

« Sous Jean XII l'inceste avec les sœurs et avec la mère coûtait 40 sous » (1).

Qui ne connaît les maximes des Jésuites du siècle passé, de Lacroix (1775), par exemple, dans lesquelles il est dit: « quoique la loi naturelle défende le mensonge et le meurtre, toutefois, dans certaines circonstances ils sont permis » et de Buzenbraun : « Celui qui est extrêmement pauvre peut prendi'e ce qu'il a besoin. Un pauvre peut aussi tuer celui (jui lui empêche de prendre les sommes qui lui sont nécessaires » . Et de Maiorca qui autorisait le régicide. Et du Fèie Longuet : « On ne pèche pas conti-e la justice et l'on n'est pas obligé de restituer l'argent qu'on a reçu pour tuer ou pour blesser » (1).

Cependant, un fait me paraît certain ; c' est que plus les religions sont jeunes et en état naissant, plus leur pouvoir

(1) ViRGiNio PoLiDORO, Délia invenxione délie cose. — Bianchi-GioviNi, Sioria dei Papi, Tomo XXI, 1864.

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est moralisateur, parce que la lettre n'en envahit pas encore l'esprit, parce que l'enthousiasme des nouvelles idées préoccupe le sentiment et le distrait du crime, et eniîn parce qae, quelle qu'en soit leur origine, l'organisme est alors plus libre des symboles et des formules qui enti'avent son activité.

C'est un fait qu'on observa chez nous avec Savonarole et avec les Vaudois ; et qu'on observe encore chez les nègres des Etats Unis, quand ils se convertissent au méthodisme ; ils renoncent alors à l'oisiveté et à l'infanticide, si bien que dans les districts où abondent les conversions, on voit augmenter notablement la population.

Et c' est un phénomène curieux que même les nouvelles sectes rehgieuses créées par de pm-s paranoïques comme les Lazzarettistes en Italie, les Quakers en Angleterre, apportèrent une diminution immédiate dans le crime ; même les Skopzi, qui ont pour religion la castration réciproque, sont renommés pour leur honnêteté; dans la Russie septentrionale les Bialoriztzi {Revue des Revues^ 15 octobre 1895) ne boivent pas d' alcool, ne fument pas; ils s' habillent de vêtements blancs tissés de lem's mains et ne pratiquent que la vertu : il en est de même des Soutasewtzy, qui rejettent les prêtres, les images et les servitudes militaires, souffrant pour cela le martyre : ils prêchent la guerre à la violence ; un d'eux alla jusqu'à poursui\Te les voleurs pour leur échanger contre de la bonne, la mauvaise farine qu'ils lui avaient volée ; les Pils de Dieu croient que chacun étant son propre Dieu, il suffit d'adresser des prières à un voisin quelconque: ils se réunissent et dansent furieusement, en l'honneur du Dieu jusqu'à ce qu'ils tombent exténués, et sont très honnêtes.

Les Weriginski ou Tolstoïens ne vivent que de thè et souvent ils se laissent battre par leurs compatriotes sans dire autre chose que « Dieu aiâe-}noi », jusqu'à ce que leurs persécuteurs tombent à leurs pieds d'admiration.

Ces nouvelles sectes sont de véritables épidémies de sainteté et de vertu.

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C'est un fait étrange que dans la. Russie du Sud, où naissent des sectes sanguinaires (sans doute par l'effet de la chaleur du climat, qui, comme nous savons, rend l'homme plus enclin à l'homicide), ces sectes s'inspirent, elles aussi, malgré leurs mœurs féroces, à des sentiments d' une haute morahtô : ainsi les Douchobortzi tuaient tous les enfants anormaux de corps ou d'esprit, par respect pour l'esprit divin qui les devrait habiter : un de lem-s chefs, Kapoustine, faisait enterrer vivants tous ceux qui trahissaient les dogmes de la secte, et dans un procès qui lui fut intenté on trouva à sa charge 21 homicides religieux. Tout cela nous apparaît plus que criminel ; et cependant, cette secte est contraire à la gueiTO et prêche que le czar ne règne que sur les fourbes et les criminels, et que les gens honnêtes, les vrais Douchobortzi^ n'ont que faire de ses lois et de son autorité. — C'est de cette secte que naquirent les Molokani, buveurs de lait, ennemis des prêtres, des rites inutiles et des ornements ; tous instruits, très honnêtes, ils s'aident entre eux, n'ont pas de pauvres, et partout oii ils sont déportés ils transforment en jardins les lieux les plus inhospitaliers {Revue des Revues^ 1895).

Les Mormons en Amérique étaient connus par leur activité et leur probité.

La contradiction, en somme, de l'influence tantôt grande et tantôt nulle de la religion, disparait, si l'on conclut : que la religion est utile, lorsqu'elle se fonde absolument sur la morale et abandonne le culte des formules ; ce qui ne peut se réaliser que dans les religions nouvelles, parce que toutes, en principe sont morales; mais, ensuite, peu à peu elles se cristallisent et les pratiques lituelles submergent le principe moral, moins facile à concevoir et à être retenu par le vulgaire ; cela parce que tous les iiouveaux sectaires sont alors monoïdéisés, cuirassés par une idée, qui est pour eux comme un vaccin préservateur des passions les plus ignobles.

C'est pour des raisons analogues que certaines villes prolestantes, qui ont une ferveur religieuse plus ardente, comme

Geuè.ve et Londi-es, sont les seules, où. le crime est en décroissance, malgré le progrès de la civilisation et la population plus condensée (Londres à elle seule est plus peuplée qn' une entière région italienne).

Ici, ce n'est pas l'inhibition qui est en jeu, mais une grande passion religieuse qui neutralise les instincts les plus ignobles, et combat avec tant d'acharnement les vices et les tendances immorales qu'elle finit par les vaincre.

« En Angleterre, la religion recrute des milhersde fanatiques, qui, sous les noms et les théories les plus diverses, s'agitent fébrilement pour sauver les âmes humaines, ils déploient leur action dans un champ immense, en organisant des églises, des processions, des œuvres pieuses, des prédications, etc. etc.

« Dans les pays latins, au contraii'e, où T église catholique étend sa domination, la religion ne peut que très rarem^it être un préservatif du vice ; et cela, pas autant en raison de l'irréhgiosité et du scepticisme du peuple, beaucoup moindre qu'on ne le croit, môme dans la patrie de Yoltaire, mais à cause de l'organisation même de son église. L'église catholique est une grande institution disciplinaire, c'est presque une armée fondée sur l'obéissance et sur la subordination, dans laquelle chaque homme a sa place, sa ligne de conduite, des idées déjà arrêtées par des lois immuables. Les fanatiques actifs comme le D.*' Barnardo, qui sont naturellement des indépendants et aussi un peu des révoltés, ne peuvent que s' y trouver mal à l'aise, sauf dans les missions, qui est le seul département de l'église qui rend à l'individu sou autonomie (Ferrero); tandis qu' ils se trouvent ti'ès bien parmi les sectes protestantes, libres et autonomes comme autant de petits clans de tribus barbares, comme par exemple la Salvation Arnn/, les Bapiistes (1).

« Le fanatisme trouve ensuite, dans les nations germaniques, et surtout en Angleterre, un autre essor très puissant

(1) Fkrrbko nella Riforma Sociale, 1895.

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dans la philanthropie, qui fait presque toujours défaut dans les nations latines.

« Londres est la capitale de ces fanatiques de la pliilantlu'opie ; ce sont des hommes et des femmes de toutes les classes et de toutes les positions sociales, riches et pauvres, instruits ou i^-norants, normaux ou insensés, qui se sont mis en tête de guérir la maladie sociale et d'extirper de la société une forme spéciale de misère et de douleur.

« L'un a pris à cccur les enfants torturés par leurs parents; l'autre les vieillards aveugles; un troisième les fous maltraités dans les asiles; un quatrième les libérés des prisons; et tous travaillent sans relâche, impriment des journaux, prononcent des discours, organisent des sociétés, et parfois réussissent à produire de grandioses épidémies sentimentales et d'intenses mouvements de l'opinion publique, qui conduisent à quelque importante réforme humanitaire. Ce genre d'activité peut être un équivalent excellent du fanatisme politique, qui aboutit aux attentats de dynamite. « Mais dans les pays latins, ces agitations tomberaient dans le vide; la tradition de la charité administrative exercée par l'autorité publique ou par l'église est si profondément enracinée, que personne ne veut s'occuper personnellement des misères sociales. Si les enfants sont souvent maltraités dans les grandes villes, et si les journaux protestent énergiquement, secouant un peu Topinion publique, celle-ci demande une loi de l'Etat, qui ne sera pas même appHquée, et s'en contente; mais personne ne pensera à fonder des sociétés privées, comme il y en a tant en Angleterre, qui épient les parents cruels et arrivent à temps pour leur arracher des mains les petites victimes » . Et cela est naturel. Dans les religions qui survécurent pendant de longs siècles, l'élément moral disparaît, parce qu'il est moins conforme au sentiment des masses, tandis que seul survit et surabonde le cérémonial : sur 73 articles capitaux des règles de S. Benoit, 9 seulement appartiennent à la morale ; dans les règles de S. Colombauo 1 an de pénitence est ordonnée

à qui perd une hostie et six mois à qui laisse manger deux hosties.

Les seules religions, en somme, qui peuvent empêcher le crime sont celles qui sont fanatiquement, passionément morales, ou bien les religions naissantes ; les autres servent autant, ou peut-être même moins que l'athéisme.

Éducation — Illégitimes — Orphelins.

Illégitimes. — L'infliieuce de l'éducation sur le crime nous est démontrée indirectement par la proportion, de plus en plus forte, dans les nations les plus civilisées et dans les époques les plus récentes, des criminels illégitimes.

En Prusse les délinquants illégitimes qui constituaient en 1859 le B 7o de la totalité, se sont élevés en 1873 à 6 % et les femmes du 5 au 8 7o- Eii France sur les 800 mineurs arrêtés en 1864, il j avait 60 7o d'illégitimes ou orphelins, 38 7o étaient fils de prostituées ou de délinquants. En Autriche on comptait en 1873, parmi les criminels illégitimes, 10 7o *^e mâles et 21 7û de femmes (Oettingen, op. cit.). À Hambourg, 30 7o des prostituées étaient illégitimes (Hugel, op. cit.) ; et à Paris le cinquième des parisiennes et le huitième des paysannes ,(Parent-du-Chatelet, œuv. cit.).

Dans les prisons du Wurtemberg, il y avait en 1884-85, 14,3 Vo d'illégitimes; en 1885-86, 16,7 7„ ; en 1886-87, 15,3 °/o? tandis que les illégitimes honnêtes s'élevaient à 8,76 7o- Sichart (1) sur les 3181 qu' il examina dans ces mêmes prisons en trouva 27 7oi c'est-à-dire presque le double ainsi divisés:

Sur 100 voleurs .

» » filous

» » criminels contre les mœurs

» » parjures

» ■» incendiaires .

(IJ Liszt, Archiv. f. Strafsreehtr., 1890.

Il y trouva 30,6 % d'illégitimes dans les criminels par habitude, le double des illégitimes criminels par occasion 17,50. Il en nota aussi qui avaient:

Répugnance au travail Mendianis Vagabonds

Sur 1248 voleurs légitimes 52,0 o/o 32 «'o 42 \

^ 600 » illégitimes 52,3 X 39 % 49 %

En Italie la statistique des prisons nous domie le nombre de 3 à 5 ^/^ d'illégitimes, parmi les mineurs mâles et de 7 à 9 ^/q parmi les criminelles mineures (1).

Ajoutons que le 36 ^/q des récidivistes est fourni en Italie par les fils i>aturels et les exposés.

Pour comprendre la grande importance de ces chiffres, il faut se rappeler, qu'une grande partie des enfîints illégitimes, pour le moins le 60 ^'^ et souvent le 89 ^/^^ (2), succombe dans les premiers 18 mois ou dans les premiers 18 ans. Marbeau peut donc dire sans exagération que sur 4 enfants trouvés, 3 meurent avant 12 ans et le quart est sacré au crime.

Afin de vérifier plus exactement l'importance de cette proportion, j'ai fait des recherches sur 3787 entrés, presque tous majeurs, dans les asiles d'Imola (doct. Lolli), de Padoue (prof. Tebal(li), de Pavie, et sur 1059 entrés dans 1' hôpital civique de Pavie en 1871, et j'ai trouvé une proportion de 1,5 d'exposés parmi les premiers et de 2,7 ^^^ parmi les seconds. Et cependant, la mortalité est moindre parmi les illégitimes de Pavie que dans beaucoup d'autres pays (3). A âge et conditions égales, les exposés donnent donc 20 fois plus de délinquants que de fous. On peut donc affirmer en toute assurance, que la plus grande partie des enfants trouvés qui

(1) Statistica délie carceri^ Eoma, 1873, CXXVIII.

(2) Sus 1000 enfants trouvés à Bordeaux, il en mourut, en 10 ans, 729. A Moscou en 94 ans, entrèrent 367,788 enfants trouvés dont 288,554 moururent dans le jeune âge, soit le 79 ^/y. Angel, Vortrag. iib. Mortalit. der Kind., 1856.

(3) Le 25 "/„ dans la première année de l'entrée.

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