PREMIERE PARTIE
elle les perdait régulièrement tous; elle eut plusieurs amants, entre autres un orateur de grand talent, dont elle eut plusieurs fils, desquels un poëte, un peintre, etc., célèbres,
2° FI..., propriétaire d'une maison publique; elle eut deux enfants, dont l'un est aveugle et affecté de la paralysie de Parkinson.
Parmi les enfants, que P... eut de son amant Een..., sont à noter :
1'^ Em..., qui, en veillant le cadavre de son père, s'enivrait avec sa belle-sœur; elle eut une fille de conduite immorale; une nièce prostituée (à 15 ans) et voleuse.
2" Em..., paysan, essaya de se suicider en s'ôtranglant ; il épousa PL.., femme de mœurs dissolues, connue par ses rapports incestueux avec son fils aîné, voleuse de complicité avec sa fille, ivrogne; on la soupçonnait fortement d'avoir tué son gendre : sa fille l'appelait: « Yieille chargée de crimes » .
De ce triste mariage, nacquirent deux enfants :
1° Marie, qui, dans une période menstruelle, tua son mari, aidée par sa mère; elles furent acquittées toutes les deux. 2'' Am..., qui eut des rapports avec sa mère, et tua le mari de sa maîtresse.
Dans une des branches collatérales de Pi... (fille de P...), on trouve beaucoup de négociants faillis ; une mère qui, malgré une nombreuse progéniture, s'enfuit avec son dernier amant, en emportant la caisse ; un mari qui après avoir gaspillé, loin de la famille, toutes les ressources de la maison, vit à la charge de sa femme; un frère du second époux de Marie, qui se tua après avoir assassiné sa femme adultère.
Dans cette famille, par conséquent, presque tous les membres ont commis un ou plusieurs crimes; ceux qui ne sont pas criminels, sont suicides; mais il y a une branche collatérale, celle de Ze..., qui est composée de personnes qui occupent une place élevée dans l'art et qui ont réellement un grand talent.
Cette famille confirme donc, elle aussi, l'intime rapport qui existe entre le génie et le crime.
Laurent {Les habitués des prisons)^ nous raconte aussi
l'histoire de toute une famille de dôliuquants-nés, qui appuie merveilleusement les données de Marro et de Aubry.
Dans cette famille, le grand père paternel mourut d'une affection cardiaque ; il était de caractère faible et complètement dominé par sa femme : celle-ci, nerveuse et excentrique, battait son mari à tous propos, très irascible, elle prenait du plaisir à frapper sa sœur quand elle était malade.
« Le père était très nerveux et violent, mais poltron et bien qu'il connut la vie désordonnée de sa femme, il n'avait pas le courage d'intervenir. Il mourut d'un insuffisance aortique » .
« Un oncle paternel, très vicieux et violent, frappait ses parents pour avoir de l'argent. Il profita de leur absence pour vendre une partie des meubles, et tenta de tuer sou frère par jalousie. Un cousin germain des deux précédents s'abandonna à la pédérastie.
« Le grand-père maternel était intelligent, mais ivrogne : il subit deux années de prison pour vol. Capitaine sous la Commune, il fut encore puni pour mauvaise conduite; il était déséquilibré, brutal et grossier; de son premier mariage il eut 4 filles, dont nous décrirons l'état mental plus loin.
« La grand'mère maternelle abandonnait ses enfants, et dissipait en compagnie de son mari la paye de la semaine. Elle mourut d'un cancer de l'utérus.
« La mère, très vicieuse, paresseuse, violente, se maria à vingt ans, et eut doux enfants de son mariage ; à 23 ans elle abandonna son mari pour vivre avec un jeune homme, de qui elle eut une fille. Elle retourna en suite avec son mari, et en eut un quatrième enfant, et pendant ce temps elle était la maîtresse d'un marchand de vin.
« A cet amant en succéda un autre; a 35 ans elle mit au monde un cinquième enfant. Abandonnant la famille et les enfants sans souci, elle passait sa vie à jouer aux cartes ■clans les bouges, et à se disputer avec les ivrognes. Elle essaya plusieurs fois, étant en état d'ivresse, de tuer son mari. A 37 ans, elle eut de l'un de ses amants im sixième enfant, <[m mourut de méningite. Elle devint enceinte une autre fois,