PREMIERE PARTIE
■et abandonna alors définitivement le toit conjugal, emmenant avec elle ses fiJles qii' elle abandonnait à la merci du premier venu, pendant qu'elle s'enivrait ; à 39 ans, elle devint enceinte pour la neuvième fois, et se laissait maltraiter par son amant.
« Cette femme avait trois sœurs.
« La première était vicieuse dès l'enfance. Corrompue, à 16 ans elle se donna à la prostitution ; de caractère irascible, elle arracha une oreille à une femme, dans un accès de jalousie; la seconde sœur, alcoolique, lascive et obtuse, a trois enfants, dont l'un, à l'âge de 9 ans, se précipita de la fenêtre pour un motif futile, et ime autre fois, sans raison apparente, se jeta sous une voiture.
« Il souffrit de méningite et guérit.
« La ti'oisième sœur, obtuse et luxurieuse, s' enivrait en compagnie de son mari.
« Passons maintenant à l'examen de la troisième génération, qui comprend 8 enfants.
« 1° Une jeune fille de 19 ans, peu intelligente, très blonde ; elle a la voûte palatine ogivale, et les protubérances frontales ti-ès développées ; le système pileux est aussi très développé. Méchante, jalouse, elle mettait des épingles dans la soupe de ses frères. A 10 ans on la trouvait dans les gargotes avec de jeunes gens se livrant à une débauche précoce. « 2® Un jeune homme de 18 ans, travailleur, économe, bonnête, mais nerveux et entêté et de caractère faible comme le père.
« 3® Une fille adultérine de 15 ans, vicieuse, buveuse et gourmande. Elle fréquentait les débits de vin et s'enivrait souvent. Elle volait dans les vitrines des épiciers.
« 4® Une fille de 14 ans, paresseuse, menteuse, voleuse, irascible, égoïste, coquette et lascive, sa figure est constamment contractée par un tic nerveux, et sa physionomie n'est qu'une grimace continuelle. Sans aucun respect pour la famille, elle profite pendant la nuit, du sommeil de sa grand' mère pour lui pincer les jambes, afin de se venger des punitions ^ qu'elle a encourues.
188 CHAPITEE XII
« 5® Un garçon de 8 ans, rachitique, scrofuleux, très nerveux, irascible, despote ; il a des accès avec tendances à casser tout ce qui se rencontre sous sa main.
« 6® Une fille adultérine, morte à 16 ans de méningite.
La fameuse voleuse Sans Refus était fille d'un voleur Comtois, mort sur la roue en 1788 et de la voleuse Lempave.
Marianne, la complice la plus habile de la bande Thiebert,. nacquit d'une voleuse et d'un voleur, cinq fois récidiviste ; elle vit le jour sur la route publique dans une charrette volée (Lucas, De Vhérédité ?iatu?'eUe., pag. 487).
Sighele a étudié tous les procès intentés contre les habitants d'Artène depuis 1852, et il a toujours rencontré les mêmes noms; le père, le fils, le neveu s'y suivaient à distance,, comme poussés par une loi fatale ; dans le dernier procès, se trouvaient deux familles, déjà célèbres dans les annales judiciaires: l'une était composée de 7 personnes, l'autre de 6: le père, la mère et les 4 fils, il n'en manquait pas un. C'est bien le cas, dit Sighele, de répéter les paroles de Yidocq : « Il existe des familles dans lesquelles le crime se transmet de génération en génération, et qui ne paraissent exister que pour prouver la vérité du vieux proverbe : Bo)i chien chasse de race » {Arch. di psich., 1894).
Affinités électives. — ■ On voit que cette hérédité, rendue si active par l'union de deux familles criminelles, d'ovi surgissent naturellement les bandes organisées, a sa source dans une espèce d'aftinité élective qui pousse la femme délinquante à choisir un amant ou un mari parmi les plus enclins au crime.
Eappelons l'aiffinitô élective, qui, dans la famille Y., poussa René à choisir ses maîtresses parmi les prostituées et les délinquantes — et rappelons les mariages des Chrétien et Lemaire (v. s.).
'Nous trouvons un autre exemple frappant de cette affinité, dans les sympathies fatales de la marquise de Brinvilliers pour Sainte-Croix, et dans celles de Louise Poch... et Marie Catel..., voleuses, escroqueuses, prostituées, pour Rossignol ; la pre-