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DEUXIÈME PARTIE

Parmi tous les systèmes proposés à ce sujet, celui de Bertillon est incontestablement le plus génial (1).

A la Préfecture de police de Paris, à laquelle il était attaché, se trouvaient conservées quelques milliers de photographies de délinquants qui furent utilisables tant que ces déliquauts furent en nombre restreint^ mais devinrent insuffisantes quand leur nombre augmenta. Bertillon proposa alors de les classer suivant les mensurations de quelques parties du corps que l'on peut tenir comme invariables. Ce sont: la taille, la longueur et la largeur maximum de la tête, la longueur du médius gauche, la longueur maximimi du pied gauche, l'envergure et la longueur de l'avant-bras gauche.

En supposant toutes ces mensurations divisées en plusieurs séries, il est évident qu'on n'aura plus à faire la comparaison qu'avec les photographies d'une série en étendant tout au plus les recherches aux deux séries voisines, car, l'erreur de mensuration ne peut être que très limitée.

Son système est basé sur le fait que le corps humain^ arrivé à son complet développement se maintient à peu près invariable et qu'on ne peut trouver deux hommes complètement identiques : par ce moyen il obtint, de 18S3 à 1S90, 3017 identifications.

Cela fut le premier essai de Bertillonage.

Mais après un certain temps, on s'aperçut que les mensurations pouvaient suffire à elles seules à identifier les prévenus sans le secours de la photographie.

Jusque-là, l'identification avait eu un caractère essentiellement judiciaire; elle servait à garantir aux magistrats l'identité et les antécédents de l'individu recherché.

Mais un nouveau progrès permit d'utiliser cette méthode

(1) G. BoNOMi, Project of an instrument for the identification of persan., 1892. — Compagnoxe, Il Casellario giuclixiario, 1895, Roma. — Il Casellario giudixiario, 1896, Torino. — A. Bertillon, Identification antJi7-opo métrique. Instructioois signalétiques . Nouvelle édition, Melun, 1893. — Id., La photographie judiciaire, etc., 1890. — Lom- BROSO, Les applications de l'Anthrop. criminelle, 1892, Paris, Alcan,

pour les recherches de la police. Il s'agit d'avoir sous la main toutes les données, alin de reconnaître le délinquant qui, étant en liberté, se cache sous un faux nom. Et cela Bertillon l'obtint avec les photographies parlantes, accompagnées d'une description minutieuse de l'individu et de ses signes particuliers.

Antbsso alla plus loin, il imagina un appareil (o. c.) que j'ai appelé Tachi-anthropomètre^ avec lequel, en peu d'instants, on peut obtenir non seulement toutes ces mesures, mais encore beaucoup d'autres du premier venu (v. fig. 1), sauf, cependant, l'inconvénient commun à toutes les mesures de se prêter à l'erreur si les mensm-ations ne sont pas faites avec attention.

On a obvié maintenant à ces iaconvénients on y ajoutant un système d'identification cniniologique (v, fig. 2), consistant en deux règles métalliques portant une bandelette de plomb : cette dernière s'appuie sur la tète le long de la courbe antéropostérieure, à partir de la base du nez jusqu'au point inférieiu' de la nuque ; elle est soutenue par deux règles qui étant mobiles sur un pivot^ In transportent sur un plan vertical, sur lequel s'appuie une feuille do papier au picfate de potasse. Quand la bandelette touche le papier, intervient le passage d'un courant électrique, qui, en décomposant la solution dans les points de contact, détermine une ligne colorée, qui reproduit les courbes de la bandelette et en conséquence ceJle de la tête; cette opération se répète pour la courbe horizontale et pour la transversale. En découpant ensuite le papier le long de la ligne marquée, on obtint un diagramme correspondant exactement aux courbes crâniennes : il est à remarquer que cette ligne disparaît après cinq minutes et que celui qui fait l'opération doit procéder de suite à la découpure, enfin on obtient une garantie de plus en vérifiant de suite sur la personne si le relief et la découpure ont été exécutés fidèlement.

Ce système a cet inappréciable avantage, que l'opération étant purement mécanique, les coefticients d'erreurs sont beaucoup plus rares; et taudis que dans les mensurations millimétriques, l'unique moyen de vérifier l'exactitude consiste à les

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