DEUXIÈME PARTIE
■vages ; or, il est à noter, suivant Dumas, qui devait s'y connaître, que ce meurtre se vérifie plus souvent dans les mariages légitimes que dans les concubinages, parce que c'est justement dans ceux-là que se fait plus vivement sentir le besoin de venger la violation de la propriété légitime. C'est pour cela qu'un passage graduel au libre amoui' serait le plus radical des préventifs.
J'ai démontré dans un chapitre précédent qu'il existe des natures perverses qui sont irrésistiblement attirées l'une vers l'autre; ce sont alors des mariages heureux pour elles bien que nuisibles à la société ; mais qu'un do ces êtres dépravés s'unisse à un caractère honnête ; qu'un tempérament de satyre, comme le français Ferlin, qui de 7 servantes, outre que ■de sa femme, eut 54 enfants et qui finit par violer une de ses filles, se lie à une femme chaste et sobre ; et nous verrons alors en surgir de nouvelles causes et de nouvelles formes de délits.
Les anciens juristes, qui étaient tout autre que tendres pour les femmes, reconnaissaient que la femme battue par son mari, ne pouvaient être accusée, si ensuite elle commettait 1' adultère.
Si vir uxore^n airocius verbeiriverit atque uxor aufugiat et adiilteriiim committat, non 'poterit emn maritus accusare (TiRAQUEAU, In leg. connub.). — Evidemment, les anciens vivaient entrevue dans l'adultère un substitutif contre les sévices maritales ; or le divorce n'en serait-il pas un meilleur préventif.
Mais le divorce à lui seul ne suffit pas. Il faut de plus rendre obligatoire la recherche de la paternité et surtout la réparation -envers la femme séduite.
Si nous jetons un regard sur notre société, nous y voyons en ce qui regarde l'amoiu', deux courants opposés : d'un côté, les désirs et la puissance d' amour s' élevant à mesure que grandissent l' inteUigence et la civilisation, d'où le grand nombre de lettrés coupables ; de l'autre côté, devenir de plus en plus difficiles les moyens de satisfaire ce besoin.
C'est de ce double courant fatal que surgissent ces délit? contre les mœurs, et disons-le enfin, une fois, en mettant de côté toutes les réticences hypocrites, de ce préjugé qui non? fait regarder comme coupable pour un sexe, ce qui pour l'autre n'est pas même une contra y ention; et qui fait de l'acte sexuel presque une faute pour le jeune homme, si bien que le manque d'épaucliement à un besoin aussi impérieux, dans les moments le plus erotiques, le pousse à des amours contre nature; et nous voyons s'ajouter pour cela aux invertis-nés que l'on ne peut évitei', parce qu'ils sont un produit de la dégénérescence, les invertis par nccasions qui, tous, pourraient être éyités.
Quand, donc, nous verrons s'établir un juste équilibre entre le cri de la nature et celui du devoir et de la morale, nous verrons aussi diminuer rapidement ces sortes de crimes.
Il faut, pour cela, rendre moins mercantile le mariage, plus accessible l'amour et la maternité toujours respectée et surtout rendre obligatoire la réparation que la loi non seulement ne prévoit plus, mais qu'elle exclut en défendant la recherche de la paternité. Ce sont là les véritables préventifs, non seulement des crimes sexuels, mais encore .des infanticides, des suicides^ des homicides, des crimes en somme qui dérivent uniquement de l'amour, crimes les plus dignes de la compassion humaine, et dans lesquels victimes et coupables sont le plus souvent des hommes honnêtes.
EscroqiteHe bancaire. Influe'nce politique. — L'escroquerie et l'abus de confiance sont les délits les plus modernes et in- (Uquent la transformation évolutive, civile si l'on veut, du défit avant perdu toute la cruauté qu'il avait chez l'homme primitif, tout en j substituant l'avidité et l'art du mensonge, habitude qui devient malheureusement une tendance générale.
Si, en effet, des vallées les plus reculées nous passons aux villes et des petites- villes aux capitales, nous y voyons, du plus petit au plus grand, le mensonge commercial, l'escroquerie en petite échelle, prendre des proportions de plus en