DEUXIÈME PARTIE
plus grandes: et dans la société la plus élevée, sous forme de banques ^a.v actions, la vraie, la gigantesque escroquerie, sévir en permanence, abritée sous les noms les plus sonores et les plus honorés, si non les plus honorables. Il est donc naturel •que l'escroc commun ou l'escroc politique ne soit pas un criminel-né, mais un criminaloïde possédant tous les caractères de l'homme normal et qui sans une occasion propice, et nous pouvons même dire un peu moins forte que celle qui ■enti'ainerait l'homme presque intègre, ne faillirait pas (Yoyez Homme Criminel, vol. II).
Or, ici, on entrevoit le remède préventif dans la vulgarisation des nouvelles idées économiques qui démontrent que la banque ne spéculant que sur le produit de l'argent, ne peut être qu'une organisation d'escroquerie. — Targent ne pouvant se multiplier de lui-même — et en exigeant dans tous les cas, que les administrateurs des banques par actions ayant un but agricole ou industriel, olîrent des garanties effectives, préventives, avec obligation d'indemnité, alors même que l'opération désastreuse am-ait été approuvée pai- les actionnaires: d'autant plus que ces derniers ne sont, le plus souvent, ■que des instruments commodes aux mains des escrocs et qu' ils en deviennent souvent les complices involontaires et inconscients.
Les banquiers et les joailliers de Londres et de Paris on ti'ouvé un moyen ingénieux pour découvrir les escrocs et les •coupeurs de bourses qui se présentent à eux sous les apparences de grands seigneurs; ils utihsent à cet effet des chiens dressés à reconnaître à l'odeur ces prétendus riches qui se lavent assez rarement. Us se servent, aussi, du téléphone, de la photographie instantanée et des nouveaux téléphograpliies qui transmettent à distance, comme la voix, l' image des clients soupçonnés: les escrocs risquent ainsi d'être arrêtés, avant même d'être sortis du lieu où ils tentent de coûimettre leurs méfaits.
Mais il devient bien plus difficile de prévenir l'escroquerie lorsqu'elle est favorisée par la politique et souvent par le
gouvernement. Escroquer au nom de l'État, ne paraît pas,, aujourd'hui, à beaucoup de personnes un crime, pas plus que ne le paraissait au moyen âge l'usage du poison, alors que non seulement les Borgia, mais encore les Dix de Yenise s'en servaient comme d'une arme politique. Or, de là à favoriser un journal, puis un amis avec l'argent public [argent de la commune^ argent de pei'sonne)^ et puis enfin soi-même, le pas est court, surtout pour ceux qui cherchent de suppléer au manque de génie par le manque d'honnêteté.
Mais ici, le parlementarisme influe surtout par la plus grande irresponsabilité. Lorsque nous vivions sous un gouvernement despotique, les royales concubines ou les favoris des rois empochaient les millions des Banques ou des Panamas ; aujourd'hui ce sont les députés qui les ont remplacés; car dès que ceux-ci, à l'égal des rois se considèrent comme inviolables et plus qu'eux sont irresponsables, il est naturel qu'ils ne s'en épargnent pas, pour peu qu'ils manquent de sens moral.
Trouvez le moyen de mettre dans les mains d' hommes irresponsables et inviolables, ou à peu près, d'immenses trésors; et essayez un peu de leur dire qu'ils n'y touchent pas !
Et, aujoiu'd'hui, le mal est bien plus grand, car, s'il y a peu de rois, les députés et les sénateurs sont nombreux et bien plus dangereux.
Et il est facile de comprendre pourquoi ils sont plus dangereux. Dans la lutte électorale ce ne sont pas les qualités intellectuelles et encore moins les qualités morales qui décident de la victoire; loin de là; l'homme ayant des idées neuves se heurte contre le misonéisme des masses; celui qui avec une conscience franche, montre le mal et propose le remède, heurte les intérêts des grands électeurs; l'homme honnête qui ne combat pas ouvertement les abus ne heui-te personne, mais il ne conquiert rien non plus; et tous risquent d'être submergés par la médiocrité qui contente tous le monde par un programme insignifiant; par l'impudent et le corrompu qui achètent les suffrages.
La nécessité s'hnpose donc de restreindre le nombre de ces