Ü = RE
50 enfants
4 enfants
93 enfants
Les autres délinquants du même âge :
4 familles avaient 2 enfants : soit, .
kL'e = 4 2 — — 5
Lee PART — o familles
Pas d’enfant unique.
8 enfants
56 enfants
En résumé, 53 familles ayant élevé 179 enfants sur lesquels il y avait 7 enfants uniques.
Voici le dénombrement concernant les délinquants âgés de 13 ans :
Les vagabonds :
6 familles avaient 1 enfant : soit. . . . 6 enfants 5 — — 2 — A —… 9 — — 3 — D ee DO 3 — 4 — — PRE 4 — — 5 — — ,..... 20 — I — — 6 — — 6 — I — 7 — — ,... 7 — I — —— 8 — — 4... 8 — 31 familles 105 enfants
dont 6 enfants uniques:
Les voleurs :
6 familles avaient 1 enfant : soit. . . . 6 enfants 9 — Re — — ,,.. 18 — 10 — — 3 — — ,... 30 — II — — 4 — — .... 44 — IO — — 5 — — ,,.. 50 — 8 — — 6 — — ,... 48 — I — — 7 — — ,... 7 — I — — 8 — — Le 8 — 56 familles 211 enfants
sur lesquels 6 étaient uniques.
Les autres délinquants :
2 familles avaient 2 enfants : soit. . . . 4 enfants
I — — 5 —- a — — 7 — — se 7 —
10 familles 35 enfants
Au total, 97 familles ont élevé 35r enfants, sur lesquels 12 seulement étaient uniques.
Prenons maintenant les délinquants de 14 ans :
Les voleurs :
7 familles avaient 1 enfant : soit. . . . 7 enfants
13 — — 2 — —,.... 26 — 12 — ‘— 3 — — ,..... 36 — 8 — — 4 — — ,.... 32 — 8 — — 5 — — ,..... 40 — RE 4 — 4 — — 7 — —.... 28 — I — — 9 — ns 9 — I — — 10 — — 4... 10 — 63 familles 242 enfants
dont 7 enfants uniques.
Les vagabonds :
familles avaient 1
ee
34 familles
© OI OO ui R US pb
enfant :
dont 4 enfants uniques.
soit. . . .
4 enfants
8 de
9 Re
- 133 enfants
Les autres délinquants du même âge :
1 famille avait r enfant : soit. . . . . 1 enfant 5 familles avaient 2 enfants : soit. . . . 10 enfants 2 — — 3 — | — 6 —
I Si C7 RE Fr
2 — — 9 — — 18 — 16 familles 64 enfants
dont 1 seul enfant unique.
Au total, 113 familles ayant fants, dont 12 enfants uniques.
élevé 439 -en-
Arrivons enfin aux plus nombreux, ceux 2e de 15 ans révolus.
Les voleurs :
19 famillesavaient r enfant :soit. . . . 19 enfants
21 — — 2 — —.... 42 — 14 — — 3 — —.... 42 — 18 — — 3 — —,... 72 — 18 Fe. AA 4 — D D D 90 ea 19 — — 6 — —,,... 114 — 10 n — 7 RE — 4 — — 8 — he 92 =
2 — EC — — es. 20 — 125 familles | | Sox enfants dont 19 enfants uniques.
Les vagabonds :
10 familles avaient r enfant : soit. . . . 10 enfants 17 — — 5 — — 51 — 20 — — 4 — — 80 — 15 — — 5 — — . 75 — A - SU — A 0e 93 familles 335 enfants
dont 10 enfants uniques seulement.
Pour les autres délinquants :
6 familles avaient r enfant : soit. . . . 6 enfants 6 — — 2 — 12 — 7 — — 3 — — su... 2 — 8 — — 4 — — ,... 32 — 8 — — 5 — — 40 — 3 — — 6 — — 18 — 1 — Re = Fo.
I — — 8 — — 8 — I a RE + be 41 familles 153 enfants
dont 6 enfants uniques.
En récapitulant pour les enfants de 15 ans :
259 familles ont élevé 999 enfants, dont 35 enfants uniques.
Si l’on veut former un total général comprenant tous les âges et toutes les natures de délits, nos 6ao familles avaient eu à élever et SL 2 320 enfants; si l’on en retranche 70 qui n’ont eu que des enfants uniques, on voit que 530 familles, ayant au moins 2 enfants, avaient eu à élever 2250 enfants, soit plus de 4 en moyenne.
Pourquor les frères et sœurs de ces enfants sont-ils restés intacts, et pourquoi un seul enfant est-il devenu criminel ? Quand je dis un seul, je me trompe, car il y avait aussi des
frères et sœurs qui avaient subi la contagion du mal, mais ils étaient peu nombreux. Cependant j'ai noté que 18 vivaient en concubinage, 15 avaient été condamnés à diverses peines pour différents délits, :2 avaient été envoyés en correction, soit un total de 45 qu’il faut encore défalquer de ceux qui, élevés par les mêmes parents, se conduisaient convenablement, et sur lesquels aucune remarque défavorable n'avait été faite.
Il restait réellement, en retranchant des 2250 enfants élevés par les 530 familles ayant plusieurs enfants, d’abord les 530 délinquants arrêtés, et ensuite les 45 frères et sœurs indignes ou mauvais, seize cent soixante-quinze enfants qui se conduisaient bien, c’est-àdire 3 sur 4 en moyenne.
Je rappellerai que plus du cinquième des parents faisaient l’objet de mauvais renseigne- . ments, une vingtaine avaient même été condamnés pour vol, coups, outrages aux agents, ivresse, pêche ou chasse, toute une gamme de délits et de contraventions; mais les renseignements à cet égard ne sont point suffisamment complets pour que l'on puisse affirmer que, seuls, ces parents avaient ‘été l’objet de condamnations. Il faudrait, pour être précis, exiger le casier judiciaire dans chaque affaire. Or,
ON
souvent, on n'aurait point les éléments suffsants pour le demander et, en pratique, cela ne se fait qu’au cas où l’on entrevoit la possibilité de provoquer la déchéance paternelle.
Bien des enfants, il est vrai, avaient été contaminés par leurs parents ou par leurs frères ou sœurs déjà condamnés ou envoyés en correction; mais les autres, et c’est la grande majorité, pourquoi et comment étaient-ils devenus criminels ?
Est-ce l’afavisme ? Mais alors, pourquoi un seul subit-il cette loi fatale de l’hérédité, à peine deux, si la famille est nombreuse ?
Est-ce l’idiosyncrasie? c'est-à-dire l’impulsion naturelle provenant de la constitution propre de l'enfant? Or comment affirmer que tel fait a été provoqué par telle poussée morbide? Cette relation, si elle existe, est si mystérieuse et d’un ordre psychique si délicat, qu’il est bien difficile de se prononcer dans la plupart des cas. Certainement, on trouvera des enfants obéissant à des influences maladives, mais alors ce sont des déments et non des criminels.
Est-ce l’éducation donnée ? Mais nous ve nons de voir que les trois quarts des enfants ont échappé aux influences néfastes de la direction familiale, si elle a été mauvaise.
Est-ce enfin le milieu dans lequel vit l'enfant
qui l’a rendu criminel? C’est un peu comme pour l’éducation. Pourquoi un seul est-il transformé par l'ambiance, quand les autres ne sont ” point désorganisés par les mauvais ferments avec lesquels ils ont été en contact?
x Les facteurs déterminants de la criminalité sont donc multiples et en même temps 1#7dividuels. Tel enfant sera perdu où un autre sortira sain et sauf. J'en ai vu des exemples et en voici
«un qui est des plus frappants.
Un jeune garçon de 15 ans fut arrêté il y a quelque temps pour des attentats aux mœurs graves et répétés. Son père, ivrogne invétéré, grossier, immoral, était le digne auteur d’un pareil monstre. La mère était partie pour suivre un amant. Or, il y avait un autre enfant, ‘une fille, âgée de 16 ou 17 ans, qui, dans ce milieu pitoyable, comme Fleur de Marie, des Mystères de Paris, écœurée de la vie ignoble de ceux qui l’entouraient, quitta un Jour la maison paternelle et se réfugia dans un couvent pour conserver les sentiments honnêtes qui n'avaient point été entamés par les scandales démoralisateurs dont elle avait été le témoin attristé. Ces deux enfants avaient un père et une mère indignes, et cependant un seul avait >été victime de l’hérédité, du milieu ou de l’éducation reçue.
Le
Je rechercherai plus loin quel est le degré de responsabilité pénale de l'enfant; je ne pose pour le moment que cette question inquiétante: Pourquoi l’enfant devient-il criminel ?
Je ne suis nullement embarrassé pour répondre et pour répudier tout de suite la doctrine qui veut que tout criminel porte en naissant une tare indélébile, qui provoquera plus tard irrévocablement et fatalement l’acte criminel. Évidemment l’hérédité n’est pas sans influence, mais elle ne détermine pas à elle seule, forcément, dans le sens philosophique du mot déterminer, l'acte mauvais qu’elle aurait perpétué.
On s’est beaucoup occupé des dégénérés depuis quelques années, et les nombreux travaux scientifiques qui ont été publiés à cet égard sont intéressants à consulter. Mais s’il y a des signes de dégénérescence réels et admis
généralement, doit-on, avec certains auteurs,
voir des dégénérés un peu partout?
Il paraîtra tout aussi difficile, dans beaucoup de cas, de distinguer les dégénérés des normaux que de dire que tel homme excentrique
ou bizarre est ou n’est pas un aliéné. La norme
cérébrale est bien difficile à définir d’une façon absolue. Tel grand homme que nous admirons avait de tels défauts à côté de merveilleuses
qualités que l’on peut dire facilement qu'il
n'était pas parfait, sans aller jusqu’à dire qu 11 était un insensé.
La perfection morale est tout aussi rare à rencontrer que la perfection physique. L'idéal de la beauté peut être reproduit par: lartiste, qui compose son œuvre avec des modèles différents ou des souvenirs, voire même avec son imagination; mais encore cet idéal sera-t-il universellement admiré et paraîtra-t-il le type parfait ? Non, évidemment. Eh bien, il en est de même pour l'âme. Certain naît avec des qualités maîtresses, un autre avec des défauts marqués. Celui-là peut-il développer les premiers assez pour devenir un homme remarquable, il est alors considéré comme un phénix.
L'autre, au contraire, ne peut-il se corriger,
qu’il le veuille ou qu'il ne le veuille pas, serat-il forcément un candidat au crime?
En résumé, rien n'autorise à dire, quoique l’on ait avancé le contraire, qu’une loi fatale doive faire admettre que tel homme séra inévitablement un criminel ou un génie. Lombroso lui-même n’a émis cette doctrine en l’exagérant, comme le disait l’autre jour son éminent compatriote M. Enrico Ferri, que pour la faire admettre en partie et pour porter d’autant plus
l'attention sur sa théorie qu'elle serait plus vivement combattue.
Chez l’enfant, tantôt le corps se développe plus vite que l'intelligence, tantôt ce sont les fonctions psychiques qui retardent. Bien entendu, 1l y en a qui resteront toute leur vie des arriérés, de même que certains d’entre eux seront arrêtés dans leur croissance physique. Mais il arrive un moment où la notion du bien et du mal, qu’il a apportée en naissant, apparaît et le dirige. Si cette connaissance n’est pas
éclairée, elle n’aura point la même intensité, mais à moins que l'enfant ne soit un malade, elle lui fera de bonne heure distinguer le bien du mal. |
En général, je prétends que l'enfant devient criminel ou parce qu’il le veut, ou parce qu’il est malade. Dans le premier cas, 1l faudra rechercher s’il est responsable ou non devant la loi de l’acte voulu. Quand il y aura discernement, 1l en résultera une responsabilité plus ou moins complète. L'état morbide, au contraire, détruira tout à fait cette responsabilité et il ne sera plus question que de médication et non plus de répression.