PRÉFACE. . IX
réforme récente du casier judiciaire n’est pas encore suffisamment entreprise. La France cependant, on est heureux de le constater, a été à la tête de cette évolution humanitaire et marche hardiment dans cettè voie nouvelle de rénovation sociale.
La jeunesse qui figure dans les statistiques annuelles ‘ pour une si large part a droit avant tout à la sollicitude du législateur ; et le Code pénal de l’enfance qui a fait son temps fera place bientôt, il faut l’espérer, à une série de mesures préventives qui s'imposent. Pour se convaincre de la nécessité de recourir à une législation nouvelle, il suffit d'étudier les derniers comptes criminels. | |
J’indique tout de suite quelques chiffres :
de 1887 à 1895,63 982 enfants âgés de moins de 16 ans ont comparu devant les tribu-
1. Les mineurs de 16 ans qui comparaissent devant les tribunaux répressifs sont au nombre de 6000 chaque année, le nombre ne varie guère ; les prévenus de 16 à 2r ans, de 20 836 en 1875 se sont élevés à 30763 en 1895, en vingt ans!
x PREFACE.
naux correctionnels de notre pays, sur lesquels 27 146 ont été remis aux parents, 19737 condamnés, comme ayant agi avec discernement, à de courtes peines ou à l'amende, et 17009, ayant agi sans discernement, ont été soumis à l'éducation correctionnelle.
Sans parler de tous ceux qui avaient été relaxés avant toute poursuite et dont le nombre inconnu doit être fort considérable, c'est donc 46883 enfants sur 63982 qui ont été replacés dans leurs familles, les uns tout de suite, les autres après une légère punition!
À Paris, où cependant, depuis le fonctionnement du Comité de défense fondé en 1890, des informations judiciaires ont été ordonnées dans toutes les affaires de mineurs, et malgré la jurisprudence constante du tribunal de la Seine, pendant les douze dernières années, de 1887 à 1899, sur 21657 enfants arrêtés, 2818 seulement ont été envoyés en correction.
Que sont devenus les autres, au nombre