‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 111 sur 227 · Huvelin, Tabl. Mag., p · texte numérisé non relu

Huvelin, Tabl. Mag., p

Cf. Horace, Odes, 5 à 8. « Si la cruelle nécessité enfonce dans ton front

Massonneau. 3

chaque année, à Rome, lors des « ludi romani », un magistrat était chargé d’enfoncer le clou dans le temple de Jupitert. | Mais on se servait également du pouvoir attaché au clou dans les circonstances extraordinaires, les calamités publiques. D’après la règle du droit sacré, on créait un dictateur pour l’accomplissement du rite (clavi figendi causa). La première fois, ce fut à l’occasion d’une peste. En 261 /493, ce fut pour mettre fin à l’agitation de la République. En 392 /362, pour calmer une nouvelle peste, on se rappela la cérémonie du clou?. En 424 /330, lors de l’affaire des empoisonnements, on fit de mêmes. Dans toutes ces circonstances, cette cérémonie a le caractère d’expiation pour le passé qu’elle clôt, et de préservation pour l’avenir dont elle marque le début.

Les magiciens se servaient des clous, soit pour perforer les {abellae defirionum, soit pour les sacrifices magiques, surtout lorsqu'ils avaient pu se procurer les clous ayant attaché à la croix un supplicié, et que des lambeaux de chair y adhéraient encore. Alors la larva devenait leur complicef,

Il ne faut pas cependant confondre les clous magiques avec les clous provenant du bûcher ou de la bière. Les clous des tablettes n'étaient pas recourbés à la pointe. Au contraire, ils étaient chargés d’inscriptions et de caractères bizarres, ou de figures d’animauxÿ, | |

superbe ses clous de diamant, tu ne pourras dérober ton âme à la crainte ni ta tête aux filets de la mort. »

« Si figit adamantinos Summis verticibus dira Necessitas Clavos, non animum metu, Non mortis laqueis expedies caput ».

Cicéron, Ad. Aülic., V, 15. « Je suis ‘arrivé à Laodicée, la veille des Kalendes d'août. Mettez un clou à dater de ce jour... » Ex hoc die clavum anni . movebis.

1. C'était le clavus annalis. Il était fiché dans le mur qui séparait la cella où se trouvait la statue de Jupiter de la cella consacrée à Minerve. On pense que Rome avait reçu cette coutume des Etrusques. Après l'établissement de la République, on compta les années au moyen de cette sorte de registre, de la même manière que les rois avaient compté celles de leur règne. Cf. Dict. de Dar. et Saglio, clavus, p. 1238 sq. La loi ancienne en vieux langage, est, dit Tite-Live, VII,3, consacrée dans le sanctuaire de Minerve, parce que Minerve avait inventé les nombres : « quia numerus Minervae inventum sit. »

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