Jobbé-Duval, op. cit, p
A RS et Chapot, Manuel d'Archéologie romaine, t. Il, p. 195 (le ulte).
$ 3. — Mélaux Magiques.
On peut mettre en première ligne le plomb, qui servait généralement aux tabellae defixionum! ». Il était le métal magique par excellence, en tant que consacré à Kronos, dieu de la haine et de la vengeance. Lié à Saturne, la siella nocens, par de mystérieuses affinités, il attirait
et propageait le malheur?.
Puis l’airain, dont le caractère est d’être le métal de la necessilas. Ce caractère, dit Huvelin, se vérifie même en matière juridiqueÿ. Les clous dont on avait l'habitude de clore les tablettes magiques étaient d’airainé. L’airain, frappé par l’airain, est employé tour à tour comme charmeÿ ou contre-charmef, et c’est dans des bassins d’airain ou de bronze que les sorcières faisaient cuire leurs philtres?.
1. Pour les tablettes magiques d’or, d'argent ou d'autres métaux, voir Huvelin, Tabl. Mag., p. 21, note 2. ,
Audollent, Tabellae defizionum, Praef. XLVII : « Plumbeae sunt fere lamminae, paucissimae collectae sunt plumbo non commissae. In speculari lapide. exeraias quatuor, in fictilibus undecim, in stanno unam, in aere duas, in auro duas, in marmore unam tantum inveni, ita ut sit manifestum conscribendis defirionibus quasi proprium fuisse plumbum ». (Audollent nous indique qu’il n’a trouvé que quatre tablettes en pierre de sélinite, onze d’argile, une seule d’étain, deux de bronze, deux d’or, une seule de marbre, toutes les autres sont de plomb).
2. Stoicesco, La Magi? dans l’ Ancien droit Roumain. Huvelin, Tabl. Mag., p. 21, note 2 : « C’est le métal consacré à la mort et aux dieux infernaux ». Tacite, Ann., Il, 69, mort de Germanicus : « Des lames de plomb sur lesquelles était gravé le nom de Germanicus... maléiices au moyen desquels on croit que les âmes sont vouées aux divinités infernales. »
3. Huvelin, Tabl. Mag., p. 21, note 5 : « Aiusi, dans le formulaire des actes per aes et dibram, les paroles prononcées indiquent toujours que l’acte a été fait hoc aere aeneaque libra ».
4, On trouve aussi des tablettes magiques entourées d’un fil de fer : Wunsch Rhein, Mus., 1900, p. 238, cf. Huvelin, Tabl. Mag., p. 21, note 4.
5. Ovide, Met., III, vers 532 à 534. « Le bronze choqué par le bronze, la flûte au pavillon recourbé et les sortilèges de la Magie ont-ils donc tant de
pouvoir »: : aerane tlanium
Aere repulsa valent et adunca tibia cornu
Et magicae fraudes ».
6. Tibulle, Liv. 1, Eleq. VIII, vers 20-21 : Les chants magiques essaient
même d’arracher la Lune de son char, et en viendraient à bout sans le reten-
tissement de l’airain sous la main qui le frappe. « Cantus et e curru Lunam deducere tentat,
El faceret, si non area repulsa soneni. »
Pendant les nuits des Lemuria, le père de famille frappait sur l’airain pour
écarter les mauvais esprits (Jobbé-Duval, 0p. cit., p. 27, v. notes). 7. Ovide, Mét. VII, 262. « Pendant ce temps, dans un bassin de bronze
posé sur des charbons, un philtre puissant bouillonne : « Interea validum posito medicamen aeno
Feruel...»
S 4. — Les Nœuds Magiques.
Les nœuds, que l’on trouve dans toutes les Magies, étaient un signe de mauvais augure. « Le nœud, dit M. Fossey!, figure très exactement l'impossibilité de se mouvoir et d'agir ».… « L’anneau ou la bague, ajoute le même auteur, avant d’être une parure, fut sans doute une amulette dont la vertu symbolique était comparable à celle du nœud?.
Aussi le /flamen Dialis ne pouvait-il avoir un nœud dans aucune partie de ses vêtements, n1 porter des bagues ou anneaux, à moins qu'ils ne fussent brisésÿ.
De même, on ne pouvait entrelacer les doigts ni les croiser autour des genoux auprès d’une femme enceinte ou d’un malade. Mettre les cuisses tantôt sur un genou, tantôt sur l’autre était encore un « malefice ». « Aussi, dit Plineÿ, nos ancêtres ont défendu, dans les assemblées des généraux et des magistrats, cette posture, comme mettant obstacle à tout ce qui pouvait s’y traiter. Ils l’ont défendue aussi dans les sacrifices et les prières publiques. » Les nœuds ont donc, d’après les croyances antiques, un pouvoir mystérieux. Ils «lient » les gens malgré eux. De là, l'emploi des nœuds par les sorciers, puisqu'ils pensaient, au moyen de ce charme, réduire l’ensorcelé à l’impuissancef. Le nœud, employé comme «contre charme » agit sur le démon qu'il paralyse; « briser le nœud» était synonyme de « détruire l’enchantement? ».
l'ROpNCITS Se Cha DAME MD ASS;
2 Id; RlocMors
3. Stoicesco, op. cit., Dict. de Dar. et Saglio, art. Nodus de Saglio, 4, 1re partie, p. 88.
4. Pline, H. N., XXVIII, xvu, 1. De même, il était détenu aux femmes. qui allaient demander une heureuse délivrance, d'entrer dans le temple de- Juno Lucina sans avoir desserré leurs cheveux ou en gardant sur elles aucun nœud. Ovide, Fastes, II1, 257.