‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 124 sur 227 · Dion Cassius, LXXII · texte numérisé non relu

Dion Cassius, LXXII

6. Dion Cassius, id. Julien poussa la folie jusqu’à ordonner des opérations magiques, destinées, selon lui, à calmer la haine du peuple et à rendre inutiles les armes de ses ennemis : on fit des sacrifices contraires à la religion romaine et on chanta des hymnes profanes. [Il eut aussi recours à cette espèce de divination qui se fait avec un miroir, derrière lequel des entants dont la tête et les yeux ont été soumis à certains enchantements, lisent, dit-on, l’avenir. Celui qu’on avait choisi vit, à ce que l’on prétend, l’arrivée de Sévère et la retraite de Julien. Spart., Hist. Aug., Didius Julianus, VITI,

tremise de quelques amist. D'ailleurs il eut toujours beaucoup d'enthousiasme pour tout ce qui touchait au mystère. Tandis qu'il visitait la Haute-Egypte, il enleva des sanctuaires tous les livres contenant quelque doctrine secrète, et les renferma dans le tombeau d’Alexandre?. Il avait même fait peindre sur les plafonds de son palais les astres sous lesquels il était né. Et, d’après son horoscope, :1l savait fort bien qu'il ne reviendrait pas de son expédition de Bretagne.

Ce seraient les enchantements de ses ennemis qui auraient rendu fou furieux ce monstre que fut Caracalla ; des Alamans, en effet, en apprenant son état, avouèrent qu'ils avaient usé de magie pour le frapper de démence. Il se livra lui même à la nécromancie. Poursuivi par de sombres fantômes, il évoqua, entre autres âmes, celles de son père et de Commode. » Enfin, comme autrefois Tibère, il étudiait l’horoscope des principaux citoyens qui l’entouraient, pour juger de leur affection ou aversion, et plusieurs durent à cela les honneurs ou la morts.

On rapporte qu'Héliogabale immola des victimes humaines, e& qu'il choisit dans toute l'Italie, pour ces sacrifices, les enfants les plus beaux appartenant à une noble famille. Il était entouré d’une infinité de magiciens, qui travaillaient tous les jours sous ses yeux, les exhortant lui-même et rendant grâce aux dieux quand il leur avait trouvé des sectateurs : 1l interrogeait les entrailles des enfants et il fouillait dans les victimes suivant le rite de sa nationé.

Son successeur, Alexandre Sévère, avait, paraît-il, de grandes Connaissances en astrologie, 1l voulut même que cette science fût publiquement enseignée à Rome et que

1. Spart., Hist. Aug. Sévere, III. Il dit à son vréfet du prétoire Juvénal en parlant de Géta : « Il est étonnant, mon cher Juvénal, que notre fils Géta doive être divinisé, sa constellation n'ayant, à mes yeux, rien d’impérial. »

2. Dion Cassius, LXXV, 13 : « Afin que personne désormais ne visitât le corps de ce prince ou ne Iût ce qui était écrit dans ces livres. »

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