‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 169 sur 227 · GERS · texte numérisé non relu

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nocturnes!. Crassus, personnage peu recommandable, au dire d’Apulée, avait fourni un témoignage écrit, acheté par Æmilianus; l'affaire s’était d’ailleurs négociée chez un rustre nommé Rufinus.

d) un autre grief fut mis en avant : la fabrication d’une statuette de Mercure : Faite secrètement, en un bois très précieux, en vue de maléfices magiques, elle avait, disaient-ils, l'aspect d’un squelette grimaçant et horrible, et Apulée l’honorait dévotement en la saluant d’un nom grec?.

20 Le mariage d'Apulée et de Pudentilla.

a) Pudentilla qui, après la mort de son premier époux, était restée veuve et chaste pendant près de quatorze ans, n’a jamais eu l'intention de se remarier. C’est Apulée, lui seul, qui l’a contrainte par ses enchantements3. On va même jusqu’à prétendre que Pudentilla elle-même écrivit à son fils Pontianus : « Apulée est magicien, et moi j'ai été ensorcelée par lui et j'aime. Viens donc à moi pendant que j'ai encore ma raison. » C’est que Pontianus, après avoir négocié le mariage de sa mère, s’était épris de la fille d’un débauché : Rufinus, et celui-ci, pour mettre sa main sur la fortune de Pudentilla, avait essayé vainement de la faire renoncer à épouser Apulée, cela avec l’aide de Pontianus. Le passage cité, était extrait d’une lettre de Pudentilla à son fils. Il tendait justement à prouver l'innocence d’Apulée, reprenant, pour le discuter, un grief invoqué par Pontianus contre lui.

b) C’est par intérêt , pour la dot, prétendent Æmilianus et Rufinus, qu’Apulée a eu recours aux incantalions et aux breuvages pour séduire Pudentillaÿ.

Enfin, d’après Apulée lui-même, quelques habitants d’Oea le tenaient pour magicienf.

Si, de tous ces griefs, la plupart nous semblent puérils, il n’en est pas moins vrai qu’Apulée courait un risque sérieux. La croyance à la Magie était fort répandue, et la question de savoir s’il y avait vraiment « crime » était laissée à l'appréciation du juge, d’où le danger, si l’on

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. Apoi., LXI sq.

Id,, LXVI.

Id., LXXXII.

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avait-affaire à un magistrat tant soit peu superstitieux.

Mais Apulée, aussi habile philosophe qu’orateur, plaidaït sa cause devant un juge éclairé, instruit, ami des lettres et de la philosophie : Claudius Maximius. Reprenant une à une toutes les accusations, il se défendit bien et fut acquitté; mais il garda cependant, dans l'esprit de tous, la réputation de magicien. En ce qui concerne son mariage, il semble bien établi, qu’il n’ait cherché en rien à circonvenir Pudentilla, et il s'appuie sur des lettres de personnages connus comme le proconsul à Carthage, Lollianus Avitus,ou des documents : le testament de Pudentilla. L’esclave Thallus et la femme libre étaient, semble-t-il, des épileptiques. Quant aux autres artifices magiques. poissons, talismans, statuette, sacrifices, il invoqua tour à tour, le culte de la philosophie, qui comprenait l'étude de la médecine, l’hommage qu’il rendait à divers dieux, ou encore la mauvaise foi de ses accusateurs; et tout cela est certainement moins probant. Quoi qu'il en soit, ce procès est l’un des plus intéressants, parce qu'il montre l’importance,en même temps que la mesquinerie, du délit ou crime de magie; puisqu’un homme tel qu’Apulée, a pu être inquiété sous ce seul prétexte. Et d’ailleurs, sans son grand talent et l’indulgence de son juge, il eût pu y perdre la vie. Il était poursuivi, en effet, en vertu de la loi Cornelia de sicariis et veneficiis!.

Or, bien que cette loi ne visât essentiellement, dans le cas qui nous occupe, que le meurtre par empoisonnement, elle fut étendue ensuite, par assimilation au poison, à tous les charmes, philtres, sortilèges, et même incantations, carmina magorum, grâce au terme veneficium ou venenum qui forme ainsi, entre les différentes opérations magiques, une sorte de trait d’union?. Dans bien des cas, le châtiment ordonné par cette loi était la mort, et la croyance à la Magie était trop généralement répandue pour que les dispositions MCE fussent une vaine menace. Apulée aurait done he s’en tirer à moins bon compte. é

On a vu, dans la première partiet, conne Môre Aurèle, à l'instar dés autres princes, consultait les Chaldéens. :

Cependant, selon Ulpien : « Il PÈRE dans l’île de: Syros

-. + Voir le détail de cette loi de 673, supra, La loi Cornelia. 2. Mommsen, Droit pénal, t. II P- 353

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