‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 33 sur 227 · Marquardt, op. cit., p · texte numérisé non relu

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2. C'est par ses relations avec la Grèce que Rome connut l'astrologie des Chaldéens, car la Grèce avait cherché plus tôt à pénétrer les mystères de l'Orient, elle était d'une civilisation plus avancée. Les Grecs eux-mêmes s’instruisirent en Asie Mineure des doctrines originaires de Perse et du culte du Zoroastre, transformées déjà, il est vrai, en Assyrie-Babylonie. C’est par Osthanès, compagnon de Xerxès (485-465, av. J.-C.), un Mède, surnommé le Mage ou le Chaldéen, que la science Chaldéenne parvint en Grèce... Mais celui qui introduisit le premier en Grèce la Magie sous forme d'astrologie, fut Bérose, au int siècle avant J.-C. Bérose était né à Babylone, en 330, av. J.-C. Contemporain d'Alexandre et de Philippe et membre de la caste des Chaldéens, i écrivit en grec un livre sur l’histoire Chaldéenne. De ce livre, il ne reste plus que des fragments conservés par Sénèque (Nat. Quaesi, III, 29); Pline (VII, 50); Vitruve(IX, t. 4); Plutarque (De placit philos., Il, 25); apen. Lenormant, Dict. Dar. et Saglio : « Chaldaei », p. 1094 sq. — Le livre de Bérose lui-même était tiré du grand traité d’astrologie de Sargon Ier et intitulé « Namar Beli », l’illumination de Bel. Ce titre était cité par Bérose, comme source de ses renseignements. Or, c’est de Bérose que prétend s’autoriser l’école gréco-romaine dite : chaldéenne. De même que dans toutes les branches de la Magie (considérée dans son sens originel : la Science des Mages), il y avait, dans l’œuvre de Bérose, deux sortes d'enseignements : l’Astronomie proprement dite, fondée sur l'observation et le calcul et comprenant déjà de très réelles découvertes et les doctrines des anciens livres, dont les prédictions augurales continuaient à servir de code pour les consul-

(en 615/139)et unanimement méprisés pendant la République, on sait de quel crédit ils jouirent durant l’Empire, en dépit des persécutions réitérées dont on les accabla, eux et leur adeptes!. « Toutes les espérances d’héritage, d’avancements ou d'influence politique reposèrent » — dit Marquardt? — « sur les prédictions des Chaldéens». On vit surtout les femmes nobles y ajouter foi au point de ne pas tenter la plus insignifiante entreprise sans consulter les astres. « C’est que l'astrologie apparaissait alors entourée de tout le prestige d’une science exacte, fondée sur une expérience d’une durée presque indéfinieë ».

A cette époque également, les oracles italiques ou étrangers, dont la consultation était interdite ou qui étaient tombés en décadence, recommencèrent à parler. A côté de cette divination réservée aux classes riches, les gens du peuple, qui ne pouvaient aller consulter ni les oracles à l’étranger, niles Chaldéens, ni les haruspices, recouraient à des procédés moins coûteux, comme les astrologues de bas étage, harioli5 ou sortilegi$. Certains oracles, en certains

tations astrologiques. S’inspirant différemment de ce livre, certains écrivains suivirent fidèlement Bérose, et s’inspirèrent de la science Chaldéenne. D’autres, Chaldéens, Parthes ou Grecs, voulurent surtout propager la science divinatoire des Chaldéens, leurs superstitions astrologiques, augurales ou magiques. Ce fut surtout dans ces derniers livres que s’instruisirent les Chaidæi, astrologues du monde gréco-romain. Cette contradiction qui, jusqu’au bout, continuera d'exister à Rome, avait eu son origine en Assyrie, dès le temps des Sargonides (vrr-vrit siècles avant J.-C.), cf. Lenormant, op. cit., « Chaldaei » p. 1094 sq. Pour les principales sources à consulter sur l’Astrologie, voir Marquardt, op. cit., p. 112, note 5, et surtout Cumont, Relig. Orient, ch. VII et notes.

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