CHAPITRE
Généralités.
Le fait magique peut revêtir une multiplicité incalculable de formes, car l’imagination qui y préside est, de nos jours encore, l’amie de toutes les chimères. Il est possible cependant de classer en un certain nombre de groupes, les principaux résultats que la Magie se flattait d'obtenir, sans prétendre, toutefois, parvenir à une énumération complète.
Les poètes latins nous donnent maintes descriptions fantaisistes de phénomènes astronomiques, météorologiques et physiques. « À la voix des sorcières » : la voûte des cieux s’abaisse, les étoiles se détachent, le’ soleil s’obscurcit!, la lune descend de son char et jette son écume argentée?. Cependant, sur la terre suspendue dans l’espace, les vents cessent de souffler, les fleuves reculent rapidement à leur source, la mer enchaînée devient immobile et une nuit affreuse règne sans interruptionÿ. Mais voici que les rochers s’animent, le sol s’entr'ouvre, les profondeurs du Tartare sont illuminées et les puissances infernales vont apparaîtref.
1. Apulée, Met, 1, $ 11 pouvoir de Méroé, III, $ 17 : Pamphile menace le soleil lui-même Comminantem ipsi soli nubilam caliginem et perpetuas lenebras.
2. Les livres enchantés savent attirer sur la Lerre les astres fixés dans les cieux : Horace, Epod., XVII, 4-5. Les anciens crovaient que les opérations magiques pouvaient faire écumer la lune elle-même (Lucain, virus lunare : poison lunaire).