‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 70 sur 227 · Ovide, Heroid, Ep. VI vers 89 sq · texte numérisé non relu

Ovide, Heroid, Ep. VI vers 89 sq

Illa reluctantem curru deducere Lunam Nititur, et tenebris abdere solis ignes Illa refrenal aquas, obliquaque flumina sistit.

4. Tibulle, 1, 2, 47 sq. : « à sa voix le sol s’entr’ouvre, les mines sortent

des sépulcres, les ossernents descendent du bûcher encore tiède. Par un

En dehors de ces chimères poétiques, la Magie avait la réputation de pouvoir modifier à son gré les phénomènes naturels. On lui demandait : de faire tomber la pluie!, d’arrêter la grêle?, de chasser les nuages et de calmer les vents. Ces faits n'avaient rien d'illicite lorsqu’on les provoquait dans une bonne intention.Aussi, jusqu’à la dernière période du droit, les Constitutions impériales qui, la plupart du temps, ne distinguent, pas entre la bonne et la mauvaise Magie, en tolèrent les rites. Ainsi la Loi de Constance, de 3214 autorise les pratiques magiques pour l’agriculture, pour que les vendanges mûres ne craignent pas les pluies ou qu’elles ne soient pas abattues par la chute de la grêle. Cette constitution a été introduite dans le code Justinienÿ.

Au contraire, on prohiba dès l’origine, celles de ces pratiques qui tendaient à nuire aux biens d'autrui. Car la Magie pouvait :

a) faire passer les récoltes d’un champ dans un autre, ce qui est défendu par la Loi des XIT Tables : « ne quis alienos fructus excantassil » … « neve alienam segelem pelle- Ter»;

b) évoquer les rats d’un champ pour les faire passer dans les champs voisins’.

sifflement magique elle évoque les cohortes infernales, et avec une aspersion de lait elle les met en fuite ». Ovide, Met., VIT, 2, 199 et 206, puissance magique de Médée qui fait sortir les ombres des tombeaux jubeo manes exire sepulcris. — Ibid., XIV, 3, 401 à 411 : « O prodige ! La forêt change de place, la terre gémit, les arbres pâlissent, le gazon distille des gouttes de sang; les rochers semblent mugir, les chiens aboyer, d’affreux reptiles souiller te sol, et les ombres des morts voltiger dans les airs ». Remède d'Amour, vers 253 : « Une vieille sorcière force par ses enchantements la terre à s’entr’ou- VriT. »

lMDian, Cassius., LXXI, 8:

Sénsque, O. nat, IV G.

Justin, Ouaest. ad orth; ef. Hubert, Magia, Dicl.de Daremberg et Saglio. CH TN.r EXSERVLSS Cod. Just., IX, xvirr, 4.

Egalement Sénèque, ©. nal., 4, 72 in X117 lab. cavelur ne quis aliencs fructus ercantassit, Serviu< (Virg.. Ægl. .8, 99) traducere messes. Magicts quibusdam artibus hoc fiebat, unde est in XIT tab. neve pellexeris ; — Saint Aug., Civ. Dei, 8, 19 : quod hac pestifera scelerataque doctrina fructus alieni in alias terras transferre perhibentur. Ap'uée, Apol., 47. Magia XII tab. propter incredundas frugum illicebras interdicta ; Ovide, Am., III, 17, 31 carmine, laesa Ceres sterilem vanescit in herbam; Remède d'Amour, vers 254, Seges aliis alias transibit in agros; —Pline, n. h., XVIII, vr 41, 42; le procès de Furius Chresinus (voir 2e partie, ch. IT, p. 158).

7. Marquardt, op. cit., p. 133, note 6; — M. Graillot, op. cit., p. 311 reproduit-un exorcisme employé par les Galles, qui permettait de faire passer les rats d’un champ dans celui du voisin : « J’exorcise les rats qui ont été surpris en cet endroit même; ne me portez pas préjudice, vous, et n'en lais

æ ou go re

c) troubler les éléments, c’est-à-diré appeler les orages et le mauvais temps. La loi de l’empereur Constance, du 4 décembre 357, livre aux bêtes ceux « qui osent troubler les éléments au moyen des arts magiques! ».

Le pouvoir de la magie s'étend aux troupeaux et aux animaux domestiques. On lui demande

De sauver et de faire prospérer les plantes et les animaux.

De donner du lait aux brebis?.

Mais, là encore, on en redoute les maléfices plus qu’on n’en espère de secours. Le bétail, comme les champs, peut être ensorcelé et frappé de stérilité’. On croyait que les maladies collectives des animaux, les -épizooties, étaient dues aux mauvais charmes, et, parmi les maladies individuelles, l’épilepsie qui frappait certaines espèces d’animaux, comme la chèvre, figurant pour cette raison parmi les animaux impurs.

Ce n’est pas toujours aux Magiciens, mais aux larves, agissant directement elles-mêmes, que l’on attribuait ces méfaits. Aussi cherchait-on à protéger les champs et les jardins contre les mauvais esprits nocentes spirilus, monstra noxiaÿ.

« Dans les Lupercales, dit Jobbé-Duvalf, la lustratio servait, selon nous, à délivrer des mauvais esprits non seulement les hommes, mais les bêtes. Les cérémonies traditionnelles protégeaient les étables contre les démons de la maladie et de la stérilité. »

Cependant, s'il est intéressant d'étudier la magie en lutte avec la Nature, il importe surtout de la montrer aux prises avec l’Homme, et d’exposer comment, par ses méfaits, elle se flatte de l’atteindre dans son être physique,

sez pas d’autre non plus me porter préjudice. Je vous donne en effet ce champ que voici (et tu désignes lequel); mais, si je vous surprends encore ici, avec l’aide de la Mère des Dieux, je vous partagerai en sept parts, etc. » (cf. Geopon., XIII, 5, 41).

1. Cod. Th., IX, xvi, 5: — Marquardt, op. cit., p. 134, note 3, à propos de ce text, renvoie aux citations de Godefrov sur les fempestarii : lex Rom. Visigoth., VI, 11, 3 : Malifici et immissores tempestatum, qui quibusdam incantationibus grandinem in vineas messesque mittere perhibentur.

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