‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 75 sur 227 · Apulée. Mei., II · texte numérisé non relu

Apulée. Mei., II

Ovide, dans l’Ibis, prévient son ennemi qu'il accable de sa vengeance que « sa vie finira avant son châtiment. Voilà, dit-il, les furies qui te poursuivront vivant, qui te poursuivront mort... Un vautour viendra avec dégoût déchirer tes entrailles de ses ongles et de son bec; des chiens avides dévoreront ton cœur perfide; ton corps, tu seras fier de cet honneur, des loups affamés se le disputeront entre eux. »

Section II. —Faits magiques qui atteignent l’homme dans son esprit.

$ 1.— Les songes terrifianis.

On sait l’importance considérable que les Romains, comme tous les peuples primitifs, attribuaient aux songes. Il est rare que les historiens latins constatent un grand événement sans ajouter qu’au moins un songe l'avait annoncé. Cette foi en la valeur des songes est due à l’idée bien arrêtée, que le rêve, « loin d’être une forme de perception inférieure et trompeuse, est au contraire celle où la part des éléments matériels et tangibles étant minima, la communion avec les esprits et avec les forces invisibles est la plus immédiate et la plus complète? ».

Or, là comme ailleurs, croyait-on, les sorcières avaient plein pouvoir et envoyaient à leur gré des songes terrifiants ou prophétiques.

«Te ris-tu des songes, des terreurs magiques, des prodiges, des sorcières, des fantômes nocturnes et des prestiges des Thessaliens? ? »

Dion Cassiust rapporte que Tibère, ayant une fois reçu en songe l’ordre de donner de l’argent à quelqu'un, 1l com-

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