‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 89 sur 227 · Ovide, Heroides, Ep. VI, vers · texte numérisé non relu

Ovide, Heroides, Ep. VI, vers

« Devovet absentes, simulacraque cerea figit, Et miserum tenues in jecur urget acus. »

Cf. Am., 1. III, Eleg. VII.

« Sagave punicea defixit nomina cera Et medium tenues in jecur egit acus? »

foie déplorable, et autres sortilèges que je préfère ignorer. » On voit que l’opération est souvent accompagnée d’incantation. Lorsqu'elle pique l'effigie, la sorcière « maudit » celui qu’elle a condamné; quand elle la brûle elle dit : « de même que la cire fond au feu, de même que. telle personne se consumel. »

Mais l’exemple le plus souvent cité, parce que la cérémonie magique d’envoûtement y est soigneusement décrite, est celui d'Horace? : « Les sorcières tenaient deux petites figures, l’une de laine, l’autre de cire : celle de laine était la plus grande et avait l’attitude d’un maître menaçant : l’autre comme un esclave suppliant, semblait attendre la mort. Canidie invoque Hécate : Sagane, la cruelle Tisiphone... alors parut un grand feu qui consuma la figure de cire ».

Le droit romain ne paraît pas s’être occupé d’une façon spéciale du meurtre par envoûtement. Un seul texte, celui de Paul, aborde directement ce sujet : « Qui sacra impia nocturnave, ut quem obcantarent, defigerent, obligarent, fecerint faciendave curaverint, aut cruci suffiguntur aut bestiis objiciuntur ». Ici, c’est le terme defigere qui signifie «envoûter », ayant une relation précise avec les defixiones. En effet, il ne s’agit plus de clouer « une formule magique » mais de clouer son ennemi. « On a passé, dit Huvelinÿ, de defigere tabulam à defigere hominem ».

Plus tard, une constitution de l’empereur Constantin, plus générale, s’applique à tout meurtre magique et « punit, par les lois les plus sévères, la science de ceux qui, recourant à des moyens magiques, ont été découverts en train de machiner contre la vie des hommes. »

Enfin, une loi de Valentinien [®, interdit «les sacrifices

1. Marian cité par Stoicesco, 0p. cit., p. 470, Marian : « Vraji, farmece, si desfaceri » ( Analele Academiei Romdäne, seria Il, tom XV, exiras, 1893.)

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