SCÈNE IX
Les MÊMES, Papoy, Puis PATRICE ef
, PorRNIC, Puis ALGFEE-MaHaL.
PADDY (entre en courant).—Bob! Holà, Bob !
BoB.—Eh bien, quoi ? !
PADDY (s'arrêtant). —Mon fifre était là... je ne le vois plus... et.
Le MaJor.—Est-ce à la poursuite de ton fifre que tu t'es essoufflé comme ça ?
Pappy.--Non, mon commandant. Excusez, monsieur Robert... demande pardon à M. Charles. au capitaine. |
Le MaJor.—Eh bien, quoi? Parleras-tu ?
PaDppy.—-Mon commandant, c’est que.
Tous.—-Eh ! quoi?
Pappy.—-Eh bien! quoi... mais c’est que... M. Patrice
CHARLES.—-Patrice ? ‘
PaAppy.—Oui, monsieur Charles, il est arrivé. J'ai couru devant pour vous l’annoncer. Il me suit. Tenez, là-bas avec Pornic, le matelot ! Pardon, excuse... mais j'ai cru bien faire.
CHARLES ( 7oyeux).--Merci, mon garçon, merci. Maintenant, je vous en supplie, tous à nos places habituelles... (4 Zôümlinson.) Capitaine... (4x major.) Major... (4 Robert.) Mon père.
ROBERT (à part).--Pourquoi faut-il que l’arrivée de cet homme me trouble à ce point? (Pafrice entre, suivi de Pornic. Il s'arrête sur le seuil. Son visage est contracté par l'émotion, un instant À contemple ce tableau. Chacun, sauf Robert, le regarde curieusement à la dérobée.)
PATRICE (embrasse Charles).--Mon cher ami !
(7 se dirige vers Robert, prend à deux mains la main que Robert, embarrassé, ne lui tend pas.) Oh ! pardon ! (Puis il da au major :) Sir Frédéric. je sais que vous m'avez d'avance accordé toute votre sympathie, et je vous en remercie...
PorNic (fimidement).--Ah ! ben! je vous demande pardon. Je n'ai pas osé encore mais Je
voudrais bien, à mon tour... | PATRICE (/4i tendant sa main que Pornic em-
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brasse).—Mon brave Pornic! J'ai aussi àte donner des nouvelles. | PORNIC.--Ah! je sais ben... du pauvre pèr Allain. est-ce pas P PATRICE.--Tu as deviné, mon gars !...
PorNic.—Il va bien? Oh ben ! pour sûr que a:
me fait plaisir, ça... Oh ! là, là, là, là ! Je suis ben à l'aise chez vous, monsieur Robert... mais on pense au pays des fois, et dame! ça remue un ! brin !.… ROBERT (à part, d'un air sombre).—Tous ces 1 gens-là sont heureux ; ils laissent parler leur cœur, et le mien reste froid !.. Je ne trouve rien à dire. PATRICE (a/ant à Robert et lui tendant le bras).—Mon bienfaiteur... mon ami! | CHARLES (s'avançant).—Ah | ne parlez pas ainsi: vous voyez bien que cette froideur le trouble! Votre bienfaiteur? Votre ami? Non pas! Ces mots ne sont pas justes ! En entrant dans cette maison, vous y avez retrouvé une famille, et c'est moi qui vous devrai de la reconnaissance si vous avez pour lui l'affection qu’on a pour un père. PATRICE (avec émotion). —Un père ! (VU temps.) Ah! vous ne savez pas ce que ce mot prononcé me rappelle de douleurs !... Le souvenir de mon père, mort assassiné, est devenu pour moi une
passion, un culte! Je l’aimais tant ! Il était si bon !
Si grand ! (Z/ se tourne vers Robert, et dun ton
mélancolique, affectueux.) Monsieur, je verrai tou- Jours en vous l’ami le plus tendre, le bienfaiteur le plus dévoué ! Mais, permettez-moi d’enfermer dans non Cœur ce nom sacré de père. Je ne Su qu'à Dieu en priant pour celui qui n’est J'ai NSON (aie Major). —1 est très romanesque
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LE MaJor.—Parfaitement ! Il me va beaucoup !
PORNIC (gui était remonté un instant pour déposer la valise de l'abbé, revient à Robert et lui dit :) —Monsieur Robert! Algee-Mahal, le Parsi dont la case est sur la lisière ouest de la plantation demande à vous parler.
ROBERT.—Que me veut-il ?
PoRNIC (préoccupé).—-Je ne sais pas. Il voulait me suivre. J'ai eu bien de la peine à l'empêcher de venir ici.
RoBERT.—-Algee-Mahal est un homme dévoué.
Il faut, pour qu'il ose:se présenter ici, qu'il se
passe des choses graves.
MaAHAL (gui est entré sur ces mots). — Des choses très graves, maître !.. Le rajah de Sambelppur, Rao-Sangor, est entré sur vos domaines. Ilse dirige vers la factorerie. Son visage trahit la colère. Sa suite est nombreuse.
ROBERT.—-Je n'ai rien à craindre de lui: sil vient à moi, c’est qu'il a peur.
CHARLES (à Robert).—Voilà donc ce que vous redoutiez, mon père? Oh! je vous en prie, soyez calme, recevez-le en ami.
ROBERT (aw Parsi).—De quoi donc le rajah at-il à se plaindre ? |
ManaL.—Des Européens de la factorerie ont profané et détruit le temple de Dourga ; l'émotion est grande parmi les sujets de Sangor.…. Si le maître ne livre pas les coupables, le sang coulera.
CHARLES (à Roëert).—Mon père, vous lentendez | ;
Rogerr.—Ne crains rien, Charles, le rajah se contentera d’une satisfaction plus pacifique.
ToMLiINson.—Pacifique?.… Je l'espère bien.
Pacifique ! Ce rajah n'est pas un sauvage... Et
d’ailleurs nous lui ferons comprendre d’une façon amicale... et tout doucement.
LE MAJOR (#mpétueusement). —Que, s’il réclame
quoi que ce soit, je le bombarde à coups de canon !.…