SCÈNE V
Les MÊMES, LE RaAJAH, sa suite, LE BRAHMANE.
LE RaAJAH (à ÆXobert).--L'heure est venue, André Robert! Voyons situ es toujours aussi fier.
RoOBERT.—Que veux-tu dire?
LE RaAJAH (Aux gardes, montrant Robert). — Qu'on l’emmène !.
ROBERT (décidé). ——Marchons ! (27 se pose en face du rajah, et lui dit :) Je ne tremble pas... je te regarde en face, Rao-Sangor, et je te brave Fe
LE RaJaH.—Oui... parce que je suis ton ennemi... (Montrant l'abbé Patrice par un geste lent et solennel. ) Mais passe donc le front levé devant ton juge ! (Robert s'avance au devant de Patrice; ils se regardent un instant, puis le prêtre ouvre ses bras, Robert s'y jette. Is s'embrassent. Les gardes s'emparent de Robert.)
UN OFFICIER (au rajah).—Que décide Votre Altesse ?
Le RAJAH (ex montrant Robert qui s'éloigne). — Conduisez cet homme de l’autre côté du ravin, en face de cette fenêtre... et qu’on le passe par les armes... (L'ofücier et les gardes sortent, tandis que Patrice reste, abîmé dans sa stupeur et comme étranger à ce qui se passe autour de lui. La porte se referme. Le rajah se retourne vers Patrice.) Prêtre, tu es libre! Les Européens pris au fort Victoria seront aussi mis en liberté. Ils obéissaient à des ordres supérieurs et je ne veux pas que les innocents périssent avec le coupable. André Robert seul était mon ennemi; lui seul est condamné. Telle est la justice d’un barbare. (Ox% entend des coups de feu au dehors.)
PATRICE.—La justice d’un barbare est quelquefois la justice de Dieu !