‹ Le crime et le suicide passionnelsChapitre 2 sur 34 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Dans l'article intitulé Savants et Moralistes , que M. Brunetière a publié dans la Revue des Deux-Mondes1, à propos de mon livre le Crime et la Peine, le célèbre critique regrettait que je n'eusse pas étudié le crime passionnel. Cette étude ne rentrait pas alors dans le cadre de cet ouvrage, qui portait sur les principes philosophiques du droit de punir. Je la donne aujourd'hui pour faire suite à mes observations sur les diverses formes de la criminalité 2.

L'étude du crime passionnel s'impose à l'attention du moraliste et du magistrat par le nombre des victimes et des coupables qu'il fait chaque année. L'amour, qui tient une si grande place dans la vie et dans la littérature, en occupe une de plus en plus considérable dans les affaires criminelles et dans la statistique des suicides. Pendant que les romanciers et les poètes célèbrent les vertus et les beautés de l'amour, les magistrats en constatent chaque jour les hontes, les désespoirs et les crimes. Il n'est pas de passion qui fasse autant de désespérés, de fous et d'assassins ; il n'en est pas qui conduise autant de malheureux et de coupables à la Morgue, à l'asile d'aliénés et à la

i\) !er novembre 1891.

(2) La criminalité politique a été étudiée par umi daus un. ouvrage précédent.

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