GUÉNOT , PERRETTE
PERBETTE.
(i'est A'^ pas vous qui êtes le cuisinier qu'on attend *?
GUÉNOT
Oui, ma belle enfant .. et vous êtes sans doute la geulilic mariée...
PERRETTE. I
Je rétais ce matin.., mais à présent c'est fini...
GUÉNOT
Nous avons déjà divorcé ?. . .
PERRETTE
Oui, mon mariage est flambé...
Et qui est donc cause de ça ?
PERRETTE
Qui? VOUS, Monsieur.
GUÉNOT
Moi !
PERRETTE
OniA'ous... quand ma tante, qu'est cuisinière de M. de Buffon, a su que vous veniez la remplacer, et que vous commenciez à entrer en fonctions par notre repas de noces, elle a dv-claré qu'elle ne voulait plus nous donner son consentement.
GUÉNOT
Bah •
PERRETTE
Elle m'a ordonne d'aller me déshabiller, et prétend qu'il n'y a rien de fait.
Air : Ce que j'éprouve en vous voyant.
Si j'avais su que le repas
Qu'pour mon mariage on doit faire,
Dut mettre ma tante en colère.
J'aurais bien dit <|u'on n'en fit pas.
Julien , sans festin et s.tns danse ,
A moi tout d'mcm' se s'rait uni ,
lit j'I'en aurais pas moms che'ri :
En pareil cas , on peut mieux , j' pense ,
S'passcr d'Ia noc' que du mari.
GUÉNOT
La colère de la tante passera.
PERRETTE
Oh ! j'en sais bien le moyen.
GUÉNOT
Eh bien I il faut l'employer.
PERRETTE
Oui j mais c'est que vous ne voudrez peut-être pas.
GUÉNOT
Moi ! parlez toujours.
PERRETTE
Ça serait de vous en aller.
GUÉNOT
M'en aller ? je ne fais que d'arriver !..
PERRETTE
Pour deux ou trois jours seulement.
GUÉNOT
C'est une mauvaise plaisanterie.
PERRETTE
Au contraire ; elle serait bonne ; ma tante s'imaginera que vous ne vous souciez pas de la place , et dans sa joie j elle ne s'opposera plus au mariage.
Vous croyez?
PERRETTE
Je la connais.
GUÉNOT
Et le repas de noces?
PERRETTE
Elle le fera. ..
GUÉNOT
Il sera détestable.
PERRETTE
Qu'est-ce que ça fait...
GUÉNOT
Songez à sa colère quand je reparaîtrai.
PERRETTE
Je serais mariée ; et, une fois mariée , je me mocque de ma tante.
GUÉNOT
C'est fort bien; mais si jamais elle soupçonnait notre intelligence...
PERRETTE
Oh ! soyez tranquille ; Julien m'a fait la cour dii-hult mois avant qu'elle s'en aperçût.
Air : Restez, restez, troupe jolie. **
Si je cédais à votre envie. . .
PERRETTE
Ah! n'allez pas me refuser.
GUÉNOT
Il me faudrait, ma chère amie , Pour ma récompense un baiser.
PERRETTE
C'n'est pas qu'à c'baiser je m'oppose, Puis c'est pour servir notre amour ; Puis un haiser c'est si peu d' chose , Je vous le promets au retour.
GUÉNOT roulant l'embrasser.
En vérité , vous êtes si gentille... que... ( On entend dans la coulisse ) ; Perrette ! Perreite !
PERRETTE
C'est ma tante ! ( Elle se saune. )
GvhaOT courant après elle .
Partez bien vite î. . . mais auparavant, il me faut le baiser. [^11 Jait de nouveaux efforts pour l'embrasser , et ne peut en venir à bout ; il revient en scène , quand Perrette est disparue , et dit : ) Je ne l'ai pas î . . .