‹ Le cuisinier de buffonChapitre 13 sur 22 · GUÉNOT, GERTRUDE · texte numérisé non relu

GUÉNOT, GERTRUDE

GERTRUDE

OÙ est-il? OÙ est- il?. . . ce fameux cuisinier, qui arrive tout chaud de Paris? . . .

Qui est-ce qui vient encore me déranger. Ab î c'est la vieille dont on m'a parlé . . . Ab ! mon dieu! je connais cette voix là !.. . ( Ils se reconnaissent. ) GERTRUDE.

Miséricorde !

GUÊNOT.

Est-il possible î

Air du Prisonnier.

Oh ! fiel ! {lis) qu'est-ce donc que cela ?

GERTRUDE

Oh ! ciel ! {lis) qu'est-ce que je vois là? C'est mon mari !....

GUÉNOT

Quoi ! c'est ma femme !

GERTRUDE

Qui, vous, ici?

GUÉNOT

C'est vous, Madame !

' Je sens mon cœur qui palpite :

) Est-ce (le joie oii (rcourroux?

ENSEMi;. jYj.^j^ u jj^j encore plus vite ,

I Faut-il tomber à ses genoux.

GUÉNOT

Comment ! . . . . c'est vous , Madame !

C'est vous , Monsieur !...

Vous , cuisinière !

GERTRUDE

Qu'est-ce qu'il y a d'étonnant à ça 7

GUÉNOT

Vous , cuisinière î si j'avais eu envie de vous trouver, ce n'est pas à la cuisine que j'aurais été vous chercher. . . et surtout à la cuisine d'un naturaliste tel que M. de Buffon.

GERTRUDE

Et pourquoi pas ')

GUÉNOT

Pourquoi pas !... quelles études avez-vous faites , je vous prie?... chez quel maître avez-vous travaillé"? de qui avezvous reçu les premiers élérnens de cet art sublime ?... car enlin , lorsque je vous ai connue, vous étiez couturière... ce n'est pas (jue je n'estime les couturières ; il y en a de fort jolies... toutes ne se ressemblent pas; il y en a de très-

(^8) respectables... mais à cette époque tous bc songiez pas à la

étiez d'une ignorance...

^ . . , GERTRUDE

Uui, mais depuis ce tems-Ià...

GUÉNOT

jLcoutez, ,e n'ai pas l'intention de vous humilier- mais enfin, puisqu un hasard que je ne cherchais pas.. '

IMi moi non plus.

GUÉNOT

-d'heure ez-vous ù

rr, , GERTRUDE.

lout .'...

GUÉNOT

Me procure un quart-d'heure d'entretien avec vous repondez-moi... Que savez-vous faire?...

Ah . par exemple, tout... Je parie qu'à la première question ,e vous embarrasse... VoVons ,\omLnt fa on un g.got à la Mai^Uy, un gigot panaché ,dTcôteleuès de mouton en robe de chambre?... coieieties de

GERTRUDE

Ah ! dame !... j'ai négligé...

„ . GUÉNOT

^^J ai neghgé.... négligé... je vous dis en robe de cham.

j-, GERTRUDE.

i^n papiUottes , vous voulez dire ?

GUÉNOT

Alors c'est par trop négligé... aUons .' laissons cela et

. . GERTRUDE , embarrassée.

Mais... je....

GUÉNOT

rA^ * 'if ^^'''^ ^^•:- ^^^^^'"^ ^"'* *î»'en vous parlant de

Air : ^-/i / roi'/à comme tous s'arrange. Fait's cuir' vos poulets tant soit peu, Wais assez pour qu'ils prenn'ent tl'la mine ;

Dans une cass'rol' mettez sur l'feu D'Ia crèm', du bcurr', de la farine; De pcTsil et d'ail deux boucjuets Doiv'nt assaisonner ce me'lange, Puis, vous le j'tcz sur vos poulets, Qu'vous avez roupés par filets.

Et voilà comme ça s'arrange.

GERTRUDE

F.hinion Dieu, Monsieur IVrabarras , il y a dix ans quon fait des poulets à la Béchamelle... sans savoir ce que c est... Au surplus, mon cher Monsieur Guénot, puisoue cest ainsi que vous vous faites appeler; croyez que i'en sais autant que vous, et que, soit en cuisine, soit en'toute autre chose , vous trouverez ici votre maître...

GUÉNOT

Cest trop plaisant... vous connaissez ma réputation...

GERTRUDE

C est de la fumée.

GUÉNOT

lecon'^^^"' Madame mon épouse, vous méritez bien une

GERTRUDE

En vérité...

Il y a ici un repas de noce.

GERTRUDE

Eh bien...

GUÉNOT

Je veux bien descendre jusqua lutter avec une cuisinière !... que chacun de nous s empare d'une portion de ce repas et convenons que celui des deux qui aura prouvé plus de talent , restera maître des fourneaux.

GERTRUDE

Vous ny pensez pas... ,,

GUÉNOT

Ahi vous cédez.

GERTRUDE

Cédera monmari... moi!.... j'accepte la proposition et )evousengage à nepasdélaire vos malles. '

. GUKNOT.

Et moi je vous conseille d'aller faire vos paquets.

GERTRUDE

Air du Pont des Arts,

Entre nous plus de querelle ," Luttons , puisque c'est ainsi , Et de talent et de zèle.

GUÉNOT

J'accepte votre de'fi. . ,

La cuisine me réclame, Dans peu nous verrons beau jeu.

GUÉNOT

Moi , ie vais toujours , Madame , Le premier me mettre au feu.

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