CHOEUR
Air du vaudeville du Tournois.
Salut à Monsieur Pot-d'Vin !
C'est la noce de Perrette Qui demand' qu'on lui permette D'aller danser dans l'jardin,
JULIEN
Not' repas sera charmant ; Mais comm' la tabl' n'est pas prête , J'voudrions, en attendant, Distraire un peu ma Perrette-
TOUS
Salut à Monsieur Pot-d'Vin, Etc. , etc.
POT-DE-VIN
Mes enfans , vous pouvez danser dans le jardin ! surtout prenez garde aux fleurs étrangères !... vous savez comme M. le comte tient à ses fleurs.
JULIEN
Ohj! soyez tranquille , M . l'Intendant , drès que j'sommes le jardinier de M. le Comte, ça me connaît.
GERTRUDE
Oh ! mon Dieu , oui 5 vous pouvez danser jusqu'à demain , si ça vous amuse.., mais , par exemple, ça ne sera pas avec Perrette , car je lui défends de sortir. PERRETTE, riant d'un air étonné.
Moi , ma tante I . . . c'est pour plaisanter , n'est-ce pas ?
JULIEN
Eli I oui , tu n'vols pas que ta tante rit.
Non ! je ne ris pas!... je ne ris jamais, encore moins aujourd'hui que les autres jours \. . .
JULIEN
Tiens , qu'est-ce qu'elle a donc la mère Gertrude ?
PERRETTE
Air : Eh ! ma mère , est-c'quej'sdisça.
Hier soir, ma bonne tante , Vous m'avez A\\ , entre nous :
Tu «lois être bien contente Que Julien d'vienn' ton épou» ; S'il n'a [las la min' trompeuse , L'amour seul scnibl' roccH()er ; Et d'main , tu seras beureiise :
C'e'tait donc pour m'attraper. [bis^
JULIEN
Mê/ne air.
Et quand ce matin encore Vous m'disiez dans nn p'tit coin ; Pour toi rc jour csl l'aurore D'tin bonheur (]ui l'mèn'ra loin:
Car ma nière est. je le gage.
Incapable de t'irompcr, Elle est innocente et sage ; Celait donc pour m'attraper? (bis.)
GERTRUDE
Je ne vous écoute ni Tun ni Tautre , et je vous répète que vous ne vous marierez pas.
Mais ma tante , vous ne pouvez plus...
GERTRUDE
Ahi Ton fait venir un cuisinier de Paris !... et c'est par ce repas de noce qu il doit débuter... Passez par ici Mademoiselle. ( E//e prend Perrette par le bras , et hi fait passer auprès d'elle.^
POT-DE- VIN
Madame Gcrtrude, ces jeunes gens ne sont pas la cause...
GERTRUDE
Je vous en prie, M. l'Intendant, laissez-moi gouverner ma nièce comme je veux , comme je Vcntends , comme je le prétends!... je suis sa tutrice, j'ai tous les droits sur elle; je ne veux, pas qu elle se marie
POT-DE-VIN
Mais encore.... c'est pousser la sévérité trop loin !...
GERTRUDE
Vous mavez entendit. Perrclte !. nll<'z vous déslia-
( lo )
biller... et que je ne vous le dise pas deux fois .'.... ou s» non .'.... je saurai me faire obéir, {à plle-niême en sortant) Ah ! l'on fait venir un cuisinier de Paris. i^Elle sort. )