‹ Le cuivre: origine, propriétés, applicationsChapitre 47 sur 137 · GRILLAGE EN TAS · texte numérisé non relu

GRILLAGE EN TAS

des tas, on ménage un certain nombre de canaux pour permettre la circulation des gaz ; à la base, on place des bûches de bois, qu'on allume pour commencer le grillage ; la combustion continue grâce au soufre que renferment les minerais. La vapeur d'eau, l'acide sulfureux et les autres produits de la combustion circulent à travers la masse et se dégagent dans l'atmosphère. Le grillage dure six mois et nécessite par conséquent de grands approvisionnements de minerais et un capital de roulement considérable.

Il est difficile, dans ce procédé, de diriger le feu. En cas de vent, la combustion est trop vive ; les parties externes des tas se^grillent mal par défaut de chaleur, tandis que le centre [s'agglutine ou fond, et ne peut s'oxyder par défaut d'air.

Au Mansfeld comme à Rio- Tinto, les minerais sont grillés en tas ; la forte proportion de bitume qu'ils contiennent active la combustion et produit même un commencement de fusion. Les tas sont établis sur des aires pavées; on leur donne une forme rectangulaire très allongée et 4 à 5 mètres de hauteur. Ils perdent 10 à 15 pour 100 de leur poids par le grillage. La consommation de bois est insignifiante.

A Agordo en Vénitie, les tas de minerais pyriteux sont établis sur des cavités renfermant du minerai déjà grillé, qui subit, par le fait du grillage, une nouvelle oxydation, cette oxydation rend soluble une nouvelle quantité de cuivre.

geullâgë des minerais

La figure 42 montre la disposition usitée pour lestas.

Le même procédé de grillage en tas est appliqué, dans certains pays, aux mattes cuivreuses ; il est nécessaire de recommencer l'opération un certain nombre de fois pour augmenter l'efficacité du grillage. On dit alors qu'on grille les mattes à plusieurs feux.

Fio. 42. — Grillage en tas.

L'expérience a montré que c'est surtout avec les minerais pauvres, contenant 2 à 4 pour 100 de cuivre, que le grillage en tas donne de bons résultats. Lorsque la teneur en métal est peu élevée, le cuivre se concentre en noyaux et se répartit inégalement dans la masse. A Agordo et dans certaines mines allemandes, on a basé sur ce phénomène un procédé d'enrichissement des minerais pyriteux ; on favorise cette inégale répartition du cuivre et on ne fond que les noyaux enrichis en se contentant de laver les parties oxydées appauvries.

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