‹ Le cuivre: origine, propriétés, applicationsChapitre 76 sur 137 · TRANSFORMATION DES MATTES BRONZES EN CUIVRE NOIR · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DES MATTES BRONZES EN CUIVRE NOIR

Dans Tappareil ainsi modifié, le cuivre ne se fige plus ; ^u fur et à mesure qu'il se produit, il tombe en dessous de l'entrée de Tair et y reste à l'état liquide. Mais les scories sont encore très gênantes ; il est nécessaire de les couler partiellement avant la fin de l'opération, et même, lorsque les mattes sont pauvres, de faire Topération en deux fois, caries mattes, en s'enrichissant, deviennent de plus en plus lourdes et gagnent le fond du convertisseur, où elles ne sont plus exposées à l'action oxydante du vent. Elles échappent ainsi au traitement, et il est impossible d'obtenir le cuivre ; il faut dans ce cas couler la matte enrichie à 60 pour 100, la séparer des scories, et achever l'opération dans une cornue regarnie à neuf. Le cuivre obtenu contient 1 1/2 à 2 pour 100 d'éléments étrangers.

M. Manhès a réussi à supprimer cet inconvénient, en se servant d'un convertisseur cylindrique à axe horizontal, qu'on peut faire tourner au moyen de manivelles, d'engrenages et d'un secteur denté (fig. 73). Le convertisseur est muni d'une boîte à vent longitudinale, placée suivantune génératrice du cylindre. On peut, à l'aide de cet appareil, traiter en une seule opération les mattes pauvres ; il suffit, en efiet, d'incliner plus ou moins l'appareil pour faire arriver le vent à un point déterminé ; on souffle au niveau le plus utile pour la matière à traiter,

La cornue, préalablement chaufiee au rouge, reçoit une charge de 1000 kilogrammes de m'atte liquide, à

PROCEDE BESSBMER 195

travers laquelle on souffle le vent sous une pression de 25 à 30 centimètres de mercure, en plaçant les ouvertures de la boîte à vent un peu au-dessous du niveau de la matte ; la température s'élève rapidement; des vapeurs sulfureuses jaunâtres et épaisses se dégagent. On les reçoit dans une gaine, qui communique avec une grande cheminée de 50 mètres de hauteur. A mesure que l'opération avance, on tourne le cylindre, de manière à toujours souffler le vent dans la matte et non dans la scorie, qui surnage. Après quinze ou vingt minutes de soufflage, les fumées diminuent et deviennent verdàtres, puis disparaissent subitement. On coule alors rapidement les scories sur le sol de l'usine, puis le cuivre dans des lingotières en fonte.

Les scories ont la composition suivante :

SiO« 35,90

FeO 55,83

MnO 0,22

ZnO 0,86

Cu 2,14

Elles renferment habituellement 2 à 3 pour 100 de cuivre à l'état de grenailles ; ce n'est pas là un déchet réel, car on les ajoute aux minerais crus et on les repasse au four à cuve.

Le cuivre brut obtenu au convertisseur a une composition très constante.

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