I. Propriétés dos alliages du cuivro
Le cuivre joue un rôle immense dans l'industrie; son utilité est considérablement accrue par la faculté qu'il a de former, en s'unissant à divers métaux, des composés jouissant de propriétés spéciales, n'appartenant pas aux éléments qui les forment.
On change aussi bien les propriétés du cuivre en ralliant à différents métaux, qu'en variant les proportions de l'alliage. Ainsi, en fondant une même quantité de cuivre avec des quantités de plus en plus fortes d'ètain, on obtient successivement le bronze des canons, le métal des cloches^ celui des tam-tams et celui des
76 PROPRIÉTÉS DBS ALLIAOBS DU CUIVRE
miroira. Chaque alliage est donc pour l'industrie ud métal nouveau qui pourra être plus ou moins utile, suivant ses propriétés physiques ou chimiques.
Les alliages sont en général moins ductiles, plus durs et plus tenaces que le cuivre ; leur denBité est tantôt plus grande, tantôt plus petite que la densité moyâone des métaux employés. Leur couleur varie du rouge cuivre, au jaune et au blanc, selon les proportions de métal blanc qu'il» renferment.
Les alliages sont généralement plus fusibles que le cuivre; lorsqu'ils sont fondus et qu'on les abandonne au refroidissement tranquille, ils cristallisent confusement, mais souvent aussi se séparent en couches dont la composition et la densité sont difTérentes. Ce phénomène a reçu le nom de iiquation. Pour obtenir un alliage h peu près homogène, il est nécessaire d'accélérer autant que possible le refroidissement ou d'agiter la masse pendant qu'il a lieu. Certains alliages, par un refroidissement très lent, donnent des cristaux bien déterminés appartenant à des composés définis.
En chauffant ud alliage, qui contient un métal volatil, h urx' ti:)npérature supérieure au point de fusion, une 'jartii- (lu métal volatil se dégage; mais les dernières iurlii>iis restent dans l'alliage. Cette décomposition par a cli.'ileur est d'autant moins complète que les deux ni6t»ii.v ont plus d'affinité l'un pour l'autre; les limites auxquelles s'arréto l'action du feu sont déterminées par dus cuinbioaisona en proportions définies.
PR0PRIBTB8 DBS AIXIA0K8 DU CCIYRB 77
En chauffant certains alliages, contenant des métaux très fusibles, on obtient une décomposition presque complète de l'alliage. Ainsi, lorsqu'on chauffe un lingot d'alliage cuivre, étain, jusqu'au point de fusion de l'étain, celui-ci s'écoule, et il reste une masse poreuse, contenant encore de petites quantités d'étain. Cette liquation est un grand obstacle au moulage des grosses pièces.
Les alliages fondus soumis à l'électrolyse perdent leur homogénéité quand le courant les traverse : lorsqu'on refroidit brusquement les vapeurs d un alliage volatilisé dans l'arc voltaïque, chacun des métaux se condense séparément, et l'alliage est détruit.
On a beaucoup discuté là question de savoir si les alliages sont des mélanges ou des combinaisons. La possibilité de les obtenir cristallisés, le phénomène de la liquation, la marche du refroidissement dans leur masse montrent que les alliages sont des combinaisons définies avec excès de l'un ou l'autre constituant.
Selon la proportion des éléments qui les composent et selon la température à laquelle ils ont été coulés, ils sont formés par des combinaisons différentes des métaux constituants; ces combinaisons intimement mêlées à lexcès des métaux constituants donnent aux alliages leurs propriétés particulières. Elles peuvent être, sour l'action de la chaleur, ou détruites ou remplacées pa d'autres plus stables, ce qui explique la variation irré gulière de la résistance à la rupture des différentes