PROCÉDÉ HUNT ET DOUGLASS
On prépare la dissolution en mélangeaDt du sel marin et du sulfate ferreux, et en chauffant à 70 degrés environ; par mètre cube d'eau on compte 120 kilogrammes de sel et 280 kilogrammes de sulfate.
Le minerai grillé est réduit en poudre, puis soumis à l'action de la solution de chlorure ferreux pendant trois à quatre jours dans de grands tonneaux en bois. La liqueur se charge de cuivre, et on la fait écouler dans des bassins où elle est mise en digestion ayec des ferrailles. On n'attend pas que la précipitation du cuivre de cément soit complète, parce que la solution sert au lessivage de nouveaux minerais et que, au contact prolongé de l'air, elle se chargerait de sels basiques insolubles, qui se mêleraieat au cuivre de cément. Il est impossible toutefois, d'empêcher complètement la formation d'un oxychlorure de fer, qui fait perdre à la solution environ 6 pour 100 de chlore ; pour remplacer cette perte de chlore, on ajoute à la solution un excès de sel marin.
Le grand avantage de cette méthode résulte de la quantité relativement faible de fer nécessaire à la précipitation du cuivre. Théoriquement un atome de fer (56) se substitue à deux atomes de cuivre (2 x 63,4). La consommation de fer par tonne de cuivre serait donc de 440''«,1G. Pratiquement elle est de 700 kilogrammes environ.
Le procédé Hunt et Douglass se prête à l'extraction de l'argent contenu dans les minerais. Le chlorure cuî-
vrique, formé par Tactioii du chlorure ferreux, attaque Targênt et le sulfure d'argent, en donnant du chlorure d'argent qui se dissout dans la liqueur renfermant du sel marin. On isole l'argent en le précipitant par des grenailles de cuivre, avant de traiter la liqueur par le fer.
IL Traitement des minerais par un grillage
chlorurant.
Le procédé Doetsch est combiné souvent avec un grillage chlorurant, qui transforme directement les sulfures contenus dans les minerais en chlorures solublés. Cette transformation s'effectue en broyant les minerais avec 15 pour 100 de sel marin et en soumettant le mélange à un grillage oxydant. Les fours les plus employés pour ce grillage chlorurant sont les fours à sole tournante inventés par M. Gibbs (fig. 79), ils se composent d'une sole a, de 5 mètres de diamètre, en forme d'assiette, construite en tôle et garnie de terre réfractaire. Elle est supportée par un axe vertical en fer e, et est mise en mouvement à l'aide d'une chaîne sans fin. Des bras en fer forgé p, recevant de l'abre moteur un mouvement de va-et-vient servent à racler la charge et à produire le mélange intime du sel et du minerai. Le four est chauffé par un foyer latéral ; les gaz brûlés, après avoir passé sur la sole, s'échappent par un large carreau et se rendent à une tour de condensation rem-
^lo. 79. — Four rouioire Gibbs pour le grillage des minerRis de cuivre. — a. Soie; t, axe de rotalioa; f, gsleU supportant la soie; g, armalure de la eole; o, eicaotrique; p, maÎD de fer pour le râblage; (, appareil de décharj^iuent j v, cautJ pour le déchargemaal ; ur, coussinet de l'aie de rotation.
plie de fragments de coke, sur lesquels coule une nappe d'eau, qui dissout les acides sulfureux et chlorhydrique formés par le grillage. Le déchargement du minerai s'effectue à l'aide d'une série de barreaux verticaux <, qu'on introduit dans le four, après la fin du grillage, et à l'aide desquels on pousse le minerai vers la rigole de déchargement t;, sous laquelle se trouvent les vagonnets destinés à recevoir le minerai.
Au Colorado, on emploie souvent des fours Briickner de grandes dimensions, analogues à ceux que nous avons décrits à propos du grillage simple des minerais (âg. 80).
La charge est de 5 tonnes, et le grillage dure environ dix heures. La température du grillage ne doit pas dépasser 600 degrés ; dans ces conditions le chlorure de sodium, en présence de l'oxygène, réagit sur le sulfure de cuivre et donne du sulfate de soude et un mélange de chlorure et d'oxyde.
2NaGi + 40 + CuS -f- 2GuO = SO*Na« + CuGl* + Cu«0
La proportion de sel doit être réglée de manière qu'une partie du cuivre reste à l'état d'oxyde, sinon il y aurait formation d'oxychlorures insolubles.
Le minerai chloruré est refroidi, puis chargé dans des caisses en bois, munies d'un double fond à clairevoie; la partie inférieure est recouverte d'une couche de minerai déjà lessivé, qui sert de surface filtrante.
Le lessivage se fait d'abord par la liqueur qui sort des bassins de cémentation, et qui contient un peu de