CHAPITRE PREMIER
Prix courant du cuivre. — Différentes variétés commerciales du cuivre.
Histoire de la crise de 1889.
Le marché commercial du cuivre est centralisé en Angleterre et principalement dans le Pays de Galles, à Swansea. C'est à Londres que se tient la grande bourse des cuivres de Tunivers.
Les marques de cuivre sont très nombreuses ; répondant à des besoins différents et ayant des qualités spéciales, elles ont naturellement des valeurs extrêmement différentes. Les cours qui servent de base, et qui sont inscrits dans les mercuriales, sont ceux des barres du
Chili et des cuivres désignés sous les formules symboliques :
G. M. B. (Good marchandable brands) et G. 0. B. (Good ordinary brands)* Le prix des autres qualités de cuivre s'écarte plus ou moins du prix de ces marques types, suivant Tétat des stocks et le jeu des spéculateurs.
C'est ainsi qu'actuellement le cours normal est d'environ 42 livres sterling pour la tonne anglaise, soit 1060 francs pour la tonne française.
Les cours officiels et cotés ne donnent de certitude complète que pour les prix des cuivres dont la qualité se rapproche de celle des marques courantes que nous avons citées.
Depuis une vingtaine d'années, la valeur du cuivre a subi des variations extrêmement considérables. En 1858, d'après le Moniteur des Intérêts matériels ^ les cours des cuivres, dits fte^^^eZecferf, dépassaient sur le marché de Londres le taux de 250 francs les 100 kilogrammes.
Depuis, par suite de l'exploitation de nouveaux districts miniers, le cours du cuivre a constamment baissé.
Suivant une statistique empruntée à MM. Henry, R. Merton et C^*, de Londres, les cours ont suivi, depuis 1873, la gradation décroissante indiquée par le tableau suivant :
MARGHEIDU CUIVRE
Prix de la tonne de cuivre.
30 juin 1873 lingots de cuivre pur
A la fin de Tannée 1886, les cours descendirent mémo à £ 38 10 sh. C'est à ce moment que le Syndicat des cuivres commença, pour l'accaparement des cuivres, ses vastes spéculations, qui englobèrent dansune même ruine la Société industrielle et commerciale des Métaux et le Comptoir d'Escompte de Paris. L'épargne française a été si rudement frappée que l'histoire du Syndicat, de ses espérances, de ses prétentions et de sa chute retentissante, mérite d'être racontée.
Les promoteurs du Syndicat résolurent d'acheter la production des cuivres de l'univers entier ; ils conclurent, à cet effet, avec les principales sociétés minières, des marchés, qui leur assurèrent la production de ces sociétés pour plusieurs années aux cours ordinaires. Us
achetèrent également tous les cuivres disponibles sur divers marchés Européens • En 1888, ils accaparèrent
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