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FiG. 83. — Graphique des variations mensuelles du cours des cuivres
de J886 à 1889.
ainsi 178.000 tonnes de cuivre, sur une production totale du monde de 275.370 tonnes, et s'étant, par cela même, rendus maîtres du marché, ils firent monter les cours à des prix qu'on ne connaissait plus depuis trente ans.
WBISS9 Le Cuivre.
Le tableau et le graphique de la figure 83 résument les fluctuations des cours : .
£ sh.
1887 30 septembre 39 10
— 30 Dovembre 66 15
— 31 décembre 85 »
1888 31 janvier 77 2
— 29 février 78 17
— 31 mars 80 2
— 30 avril 80 2
^ 31 mai 80 15
— 30 juin 81 »
— 31 juillet 80 10
— 31 août 89 »
— 30 septembre 100 »
— 31 octobre 78 5
— 30 novembre 77 10 '
— 31 décembre 77 10
1889 31 janvier 77 10
— 28 février 78 »
Mais rèlévation des prix rebuta bientôt les consommateurs ; tous les objets de cuivre, de bronze et de laiton, qui purent être faits sans inconvénient en fer, e fonte ou en bois, furent exécutés de cette manière ; tout les vieilles matières furent extraites des magasins, oâ elles dormaient, et furent refondues ; on ramassa tout ci qui est cuivre, depuis les casseroles hors d'usage jus qu'aux statues des grands hommes et des dieux indou ayant cessé de plaire ; le Japon jeta, h cette époque, su le marché, 300 tonnes de statues de Bouddah, en bronze
Où remit en exploitation d'anciennes mines abandonnées depuis des années, et on traita des minerais qu'on avait jetés jusqu'à ce moment.
Pour soutenir la hausse, le Syndicat fut obligé d'acheter tous ces cuivres, dont il n'avait pas prévu l'apparition sur le marché; les stocks augmentèrent rapidement. Au début de la crise du 31 octobre 1887, ils étaient de 48.503 tonnes; en décembre 1888, ils passèrent à 104.105 tonnes; en mars à 124.876 tonnes. Le capital immobilisé par ces stocks s'éleva donc en mars 1889 à la somme de 250 millions de francs ; malgré ses grandes ressources, le Syndicat ne put faire face à d'aussi formidables engagements; il trouva une partie des sommes, qui lui étaient nécessaires, en empruntant sur les cuivres s accumulant sans cesse, mais néanmoins ne put résister à cette augmentation continue des stocks. La catastrophe se produisit à la fin de mars 1889; le cuivre, qui valait à la fin de février £ 78, ne valait plus que £ 39, à la fin de mars.
Le retour à des prix normaux ramena bientôt la clientèle ; les stocks décrurent d'une façon continue et rapide ; en novembre 1889, ils n'étaient plus qu'à 100.000 tonnes; en même temps les cours reprirent plus de fermeté sous l'influence de la loi naturelle de l'offre et delà demande ; ils passèrent de £ 41 à la fin de mai à f 50 à la fin de novembre.
Aujourd'hui, le marché est redevenu calme, la quantité de cuivre consommé augmente régulièrem'
suite du développement des applications de rélectricité, mais la production est aussi de jour en jour plus active, et le marché a moins que jamais à craindre une grande crise, comme celle qui désorganisa l'industrie de 1887 à 1889.
Un événement commercial considérable a signalé le début de Tannée 1893. Les principales mines américaines du Montana et de T Arizona, qui avaient Thabitude d'envoyer en Allemagne et en Angleterre leurs mattes, pour être traitées par Télectrolyse, ont installé l'afânage électroly tique du cuivre, pour bénéficier des métaux précieux contenus dans les cuivres, qu'elles accordaient gratuitement aux fondeurs européens, et de la transformation du cuivre ordinaire en cuivre fin, ce qui leur permet aujourd'hui de vendre leurs cuivres fins au prix des cuivres ordinaires. Les cuivres ordinaires seront donc peu employés, à moins qu'ils ne soient vendus à des très prix bas, caries consommateurs préfèrenttoujours, à prix égal, avoir du cuivre fin. Il est donc probable que la baisse du cuivre se maintiendra encore pendant très longtemps. Il est possible également que cette situation entraîne k bref délai la ruine des fondeurs européens, aucun d'eux ne pouvant plus vendre son cuivre, affiné aux fours, aux prix où les mines américaines jettent sur le marché les cuivres électrolytiques.