CHAPITRE II
EMPLOI OU CUIVRE OANS L1NDU8TRIE
Principales usines françaises travaillant le cuivre et ses alliages^. — Usines de la Compagnie flrançaise des métaux. — Usine de Biache-Saint-Waast. — Usine de M. L. Weiller, à Angoulème, etc.
Le cuivre et ses alliages ont dHnnombrables usages dans l'industrie. Aussi, bien que la production de la France soit très faible, et qu'elle ne dépasse guère 2000 tonnes par an, Télaboration du cuivre, provenant de pays producteurs étrangers, y a pris un développement considérable.
Les usines françaises les plus importantes sont celles
^ Les renseignements sur les diverses usines françaises travaillant le cuivre sont empruntés en grande parlie au savant rapport de M. Martelet sur les produits des mines et métaux à l'Exposition universelle de 1889.
246 BMPLOI DU GUIVRB DANS L'INDUSTRIE
de l'ancienne Société commerciale et industrielle des Métaux, qui, en 1888, ont livré au commerce près de 20.000 tonnes de métal, tant sous forme de cuivre rouge, en planches, en feuilles ou en produits manufacturés divers qu'à l'état de laiton ou de bronze.
La Société des Métaux avait été formée par la réunion des établissements Laveissière, à Saint-Denis, près Paris, et à Déville-lez-Rouen, avec les anciennes usines Estivant frères, à Givet, et les laminoirs de cuivre de Castelsarrazin, appartenant à M. Secrétan, auxquels sont venues se joindre les deux usines à laiton et à maillechort, de Sérifontaine et de Bornel, de l'Oise, ainsi que l'ancienne fabrique de tubes soudés de M. Vicaire, rue Vieille-du-Temple, à Paris,
Bien que l'existence de la Société des Métaux ait été gravemement compromise par les scandales financiers de l'accaparement des cuivres, dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, ses usines sont restées en pleine activité. Â la suite du krach de 1889, la Société des Métaux a dû se mettre en liquidation ; les actionnaires n'ont trouvé dans cette liquidation aucune compensation; maison a imaginé une combinaison pour atténuer le dommage causé aux obligataires . La liquidation . a fonctionné pendant environ deux ans, en exploitant les usines et le cuivre emmagasiné; elle a transmis ensuite les usines, le matériel et les marchandises en magasin à une Société nouvelle la Compagnie française des Métauoo formée gous le patronage du Crédit industriel,
KMPLOI DU GUIVRB DANS L*INDUSTRIË 247
Chacune des usines de la Compagnie française des Métaux a sa spécialité.
L'usine de Déville renferme des fours de fonderies pour le traitement des minerais riches venant de TAmérique du Sud, le grillage et l'affinage du cuivre et la fonte des scroies d*afânage. Elle possède des appareils spéciaux pour la fabrication des tubes de laiton et de cuivre, des laminoirs, des presses et des bancs hydrauliques pour l'emboutissage et l'étirage des tubes. On réussit à y faire des tubes en cuivre rouge ayant 70centimètres de diamètre sur 10 mètres de longueur et 1 mètre de diamètre sur 3 mètres de longueur. On y fabrique également des tubes en laiton sans soudures, des ceintures d'obus en cuivre rouge, des emboutis en laiton pour canons à tir rapide et toute une série de produits en acier embouti.
L'usine de Saint-Denis comprend des fours pour l'affinage du cuivre, des fonderies de laiton avec laminoirs, barres à étirer, tréfilerie et ateliers de martelage et en outre une fonderie de plomb et d'étain. Les usines de Givet et celle de Castelsarrazin sont également des usines àcuivre, munies d'un outillage puissant et perfectionné ; on y fabriqua les coupoles de petite dimension, les chaudrons, les planches pour le doublage des navires, les clous en bronze fondu et toute la série des fils de cuivre et de laiton.
A Sérifontaine, dans l'Oise, on fait surtout la planche dç laiton pour cartouches de guerre ; à Bornel, on fon^^
et on lamine le maiUechort ; enfin, à Tusine de la rue Vieille-du-Temple à Paris, on fabrique les tubes soudés avec ou sans ornementation.
La production totale des établissements de la Société des Métaux s'élève en moyenne aux chiffres suivants :