CONDUCTIBILITÉ ELECTRIQUE DU CUIVRE
fit pas pour assurer la production de fils de haute conductibilité ; il est nécessaire également de prendre les plus grandes précautions pour la fusion des lingots destinés à être passes au laminoir.
Le cuivre en effet s'oxyde très facilement, lorsqu'on le fond au contact de Tair, et l'oxyde cuivreux, étant un isolant, produit le même effet que si l'on interposait dans la masse des résistances électriques. Il faut donc éviter avec le plus grand soin sa production au moment des coulées et déterminer sa réduction, s'il tend à se produire.
De grands progrès ont été réalisés depuis le début de la télégraphie dans la fabrication des fils.
Le tableau suivant emprunté à M. Preece, l'ingénieur en chef du Post Office de Londres, montre la progression suivie :
Fils du câble Douvres-Calais, 1851. . .
— — Port Patrick-Denaghade, 1852
— — Transatlantique, 1856 . .
— — de la mer Rouge, 1857 . ,
— — de Malte et Alexandrie, 1861
— — du golfe Persique, 1863 . ,
— — Transatlantique, 1865 . .
-— — de la mer d'Irlande, 1883 .
Guivro pur
Conductibilité
42 pour 100
Les deux qualités principales, qu'on demande aux fils destinés à la construction des lignes électriques, sont la
300 EMPLOI DU CDIVRE EN ELBCTRIGITÂ
conductibilité et la résistance mécanique ; mais ces deux propriétés physiques varient malheureusement en sens inverse Tune de l'autre.
Le cuivre chimiquement pur, recuit, a la conductibilité de l'argent, mais il s'allonge facilement sous son propre poids et se rompt sous une charge qui n'excède pas 28 kilogrammes par millimètre carré de section ; cette faible ténacité et cette facile extension ont fait renoncer à son emploi aux débuts de la télégraphie. Quand on cherche à augmenter sa ténacité, on perd rapidement de la conductibilité.
En 1881, M. Georges Monteflore, l'inventeur des bronzes phosphoreux, eut l'idée d'appliquer, à la fabrication des fils, ces bronzes qui avaient rendu tant de services à la construction mécanique. En incorporant, dans les bains métalliques, une certaine quantité de phosphure de cuivre, on réduit l'oxyde qui tend à se former et on obtient un métal, qui est doué d'une plus grande dureté que le cuivre pur, et qui possède quand même une haute conductibilité.
L'idée d'allier au cuivre de petites quantités de certains métalloïdes, pour le désoxyder et augmenter sa dureté, se généralisa rapidement. En 1882, M. Lazare Weiller, substitua le silicium au phosphore, en faisant agir sur un bain de cuivre un mélange de sodium et de fluosilicate de potasse. La réaction qui se produit met en liberté le silicium, qui s'allie au cuivre et lui donne une grande résistance.