BRONZES DES CANONS
dâcoupoir ; il ne s'oxyde pas facilement et a assez de dureté pour résister à l'usure.
Le bronze des médailles de nos jours contient ordinairement 99 de cuivre et 1 d'étain ; on y ajoute rare ment un peu de zinc^
Bronzes des canons, — Dès leur invention les bouches à feu ont été faites en bronze ; on admettait au début qu'il fallait allier 100 parties de cuivre à 11 parties d'étain. Depuis, de nombreux essais ont été faits dans tous les pays, pour déterminer dans quelles proportions les éléments devaient être alliés pour donner les meilleures conditions de solidité et de résistance. Au moment où les canons de bronze ont été remplacés par les canons d'acier^, les formules adoptées pour le métal des bouches à feu par les principales nations européennes étaient les suivantes :
Cuivre
France 90
Angleterre 88 à 92
Autriche ....... 90
Danemark 89,9
Prusse
Russie } 90 10 »
Saxe
* Voy. Riche, Monnaie, médailles et bijoux, essai et contrôle des ouvrages d'or et d'argent, Paris, 1889, p. 25.
2 Voy. Colonel Gun, L* Artillerie actuelle en France et à Vétranger.
Etain
Zinc
néant
318 BRONZES ET LAITONS
Le métal des canons doit être aussi homogène que possible ; si Tetain se sépare du cuivre, ou est mal combine, il en résulte des grains plus riches en étain, qui, en se désagrégeant sous l'action de la poudre, laissent le cuivre isolé à Tétat de masse spongieuse et inconsistante. Le bronze, refondu plusieurs fois, devient plus homogène, plus dense et plus dur. Aussi emploie-t-on, pour la coulée des canons, de vieux bronzes qu'on ajoute aux métaux neufs.
Les mêmes proportions de cuivre et d*étain ne conviennent pas à tous les calibres de bouches à feu ; la dose d'étain doit être un peu plus forte pour les grosses pièces, qui sont soumises à des efforts plus énergiques que les pièces de plus petit calibre.
Depuis trente ans, les pièces de bronze ont été remplacées dans toutes les armées par des pièces en acier, qui résistent mieux aux pressions énormes développées dans l'âme, mais qui ont l'inconvénient d'être très lourdes et difficiles à fabriquer. Les artilleurs modernes cherchent à revenir aux anciennes pièces en bronze. Jusqu'à présent leurs efforts n'ont pas été couronnés de succès; mais nous croyons que les progrès réalisés récemment dans les fabrications des alliages d'aluminium et de phosphore permettront de construire des canons d'une grande légèreté, aussi solides et beaucoup moins oxydables que les canons en acier actuellement en usage.
Bronze des cloches. — Le métal des cloches est