‹ Le cuivre, sa production et son commerce aus États-Unis, son marché en 1907Chapitre 10 sur 25 · IV. — l'amalgamaïed copper c", sa vraie nature · texte numérisé non relu

IV. — l'amalgamaïed copper c", sa vraie nature

VAinalgamated est bien un « trust » au sens originaire du mot : ses directeurs jouent dans une certaine mesure le rôle d'un Board of Trustées^ comité conservant des titres et gérant des propriétés pour le compte de tiers intérêts. Mais elle est beaucoup plutôt — et surtout voudrait être — un « trust », selon la portée courante du terme, c'est-à-dire une entente de producteurs en vue de régler les prix de vente et de réaliser une économie dans la production.

Ses adversaires eux-mêmes reconnaissent qu'elle a su souvent proportionner ses ventes aux demandes et garder le surplus de la production pour des moments où les besoins seraient plus grands. Mais elle a aussi fait preuve, en 1901 par exemple, d'une rare imprudence et d'une complète absence de principes. Nous reviendrons sur ces deux points lorsque nous parlerons à la fois de VAmalgamated et de V United Metals Selling C° (voir ch. xii).

En ce qui concerne la technique, il est indiscutable qu'elle a réalisé de grands progrès dans le Montana depuis la formation de VAmalgamated. L'extraction a lieu maintenant dans des conditions très sensiblement meilleures qu'il y a huit ans; un machinisme plus perfectionné et un réseau plus serré de voies ferrées permettent de réaliser de notables économies sur les frais de transports. Le traitement est devenu beaucoup moins coûteux et « sauve » plus de métal : les dépenses de charbon ont beaucoup diminué pour le grillage de certains minerais; la concentration

d'autres se lait sans grandes pertes; et les fourneaux de fonderies, mieux disposés, assurent la fusion de grandes masses rapidement et à bas prix.

Il ne faut pas cependant rattacher l'organisation de V Amalgamated à ces faits par des liens trop étroits de causalité, comme, en sens inverse, la constitution du trust des fonderies {American Smelting and Refiniug C') aux progrès assez lents dans les conditions de fusion des minerais de plomb argentifère. Le Montana, en retard sur le Colorado, a vu plus récemment se perfectionner ses méthodes, en large mesure pour des questions de personnes et d'ordres divers n'ayant que de lointains points de contact avec V Amalgamated. La concentration des intérêts n'en a pas moins eu de notables avantages, que nous devions constater en indiquant tout d'abord ce caractère d' « entente de producteurs. »

U Amalgamated est surtout un holding trust, c'està-dire une compagnie « détenant » les actions d'entreprises concurrentes et profitant de son influence dans les unes et les autres pour mettre terme à d'anciennes compétitions.

La distinction entre mines et actions d'entreprises minières n'a guère d'intérêt pratique quand les valeurs sont dans de seules et mêmes mains; au cas contraire, elle peut en prendre une considérable, alors surtout que la direction de la société qui les détient a, avec les pouvoirs les plus étendus, avec la faculté d'agir à sa guise, un tempérament très ardent. La tentation est grande d'acheter de nouveaux titres au moment où leurs cours paraissent peu élevés et de vendre ceux que l'on po.ssède durant une période de hausse factice.

De plus, ceux qui « contrôlent » une entreprise — détiennent 51 % de ses actions et, en tout cas, se sont assurés entre amis la majorité dans son Conseil et dans ses assemblées générales — ont parfois tendance à opprimer la minorité et, aux Etats-Unis, l'oppriment très souvent. Leur activité ne porte pas seulement vers les opérations d'intérêt commun à tous les actionnaires, mais aussi vers le dépouillement des « autres » sociétaires par d'habiles combinaisons.

Ces deux observations d'ordre général viennent spécialement à l'esprit quand on termine une longue étude sur V Amalgamated et ses amis, les financiers du groupe de la Standard OU; mais il s'agit, reconnaissons-le de suite, plus du passé que du présent.

D'une part, le portefeuille de V Amalgamated n'a pas été composé toujours des mêmes éléments dans une proportion absolument identique ; il a diminué en certains moments pour se gonfler en d'autres. Mais, durant les derniers temps, il semble avoir peu varié; l'emploi des disponibilités a presque seul donné lieu à des opérations de bourse. D'autre part, les directeurs àeV Amalgamated ont essayé d'accaparer les bénéfices des compagnies alliées, soit en leur cédant du charbon à des prix élevés, soit en traitant leurs minerais dans des conditions peu favorables...

\J Amalgamated a eu, plusieurs fois, de notables points de contact avec les pools — ces ententes de spéculateurs pour mener à bonne fin quelque campagne de bourse — par suite à la fois de sa forme et de son but. Son portefeuille n'a-t-il pas subi des fluctuations ? Et n'a-t-elle pas profité deci, delà, de sa puissance pour manipuler le marché du métal brun et

— sodés valeurs cuprifères? Elle ressemblait même en ces circonstances aux « pools aveugles » (blincl pools), où les agioteurs, au lieu d'opérer chacun pour leur compte dans une même direction, confient la gestion de leurs intérêts à l'un d'entre eux, maître absolu d'acheter et de vendre certaines quantités de titres ! — Encore ici nous devons ajouter que notre observationest moinsexactepourleprésentquepourle passé. L' Amalgamated tient donc:

a) des ententes étroites de producteurs — dans la très large mesure où elle s'occupe de l'exploitation de mines et fonderies ;

b) des holding trusts — dans la mesure considérable où elle établit une certaine cohésion entre sociétés à intérêts différents par le fait qu'elle « détient » de leurs actions ;

c) des pools de spéculateurs — dans la mesure, aujourd'hui très médiocre, où son comité de direction « opère » encore à la bourse sur les valeurs cuprifères.

Page 1