‹ Le cuivre, sa production et son commerce aus États-Unis, son marché en 1907Chapitre 17 sur 25 · XI. — PRINCIPAUX « CONSOMMATEURS » DE CUIVRE AUX- ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

XI. — PRINCIPAUX « CONSOMMATEURS » DE CUIVRE AUX- ÉTATS-UNIS

Les conditions de l'industrie américaine employant du métal brun méritent d'être précisées. Elles sont particulières et ont une notable influence sur les cours.

Il n'y a qu'une vingtaine de forts acheteurs de cuivre

(1) Cerro de Pasco, Tacoma Copper C* (pas vendu par V United Metals Selling C !) et Baltunore Befining.

dans tous les Etats-Unis, parmi lesquels cinq seulement représenteraient les 3/4 de la « consommation. » Ce sont, d'après le Boston News Bureau (1) :

Achats annuels eu circonstances normales dans les ateliers actuels

American Brass C 250.000.000 livres

Roebling and Sons 0 100.000.000 »

General Electric C 100.000.000 »

American Steel andWireC. 50.000.000 »

National Conduit C ... 50.000.000 »

Total 525.000.000 livres

Sont encore comme très notables acheteuses les entreprises suivantes :

Standard Underground Cable C°, Pittsburg, Pa. Detrddt Brass and Copper C°, Détroit, Mich. Rome Brass and Copper C°, Rome N. Y.

Seymour Mfg C\ Seymour, Gt. Bridgeport Brass 6'°, Bridgeport, Ct.

Scoville Mfg C, WaterJjury, Gt.

Plum and Atwood C°, Thomaston, Ct.

Chase Rolling f ", Waterbury, Ct.

American Tube Work f", Boston.

Winchester Repeating Arms C".

Ansonia Electric C° , .Ansonia, Gt.

On remarquera probablement l'absence, dans cette énumération, de grandes sociétés électriques; c'est que celles-ci n'achètent pas du cuivre brut mais des

(1) Constatation identique du professeur James Douglas (Copper Situation in ihe l'nited States, dans l'Engineering Magazine de septembre 1907).

câbles, des plaques... à l'une des compagnies mentionnées.

Il est très difficile de se rendre compte de l'importance des différentes industries dans la « consommation y> du cuivre. En ce qui concerne l'Allemagne, .\DI. Aron Hirsch und Sohn nous disent que la moitié de celui-ci est employé pour des installations électriques, presque un quart par la fabrication du laiton, presque un sixième par les lamineries; viennent ensuite l'industrie chimique, la fabrication d'objets divers et le bronze. Pour les Etats-Unis, nous n'avons que l'appréciation du professeur Douglas, mais celui-ci ne s'exprime jamais à la légère. Selon lui, un tiers de la production sert à la construction de machines électriques et à la transmission des courants (1), une très grande quantité — il ne précise pas — à la construction de locomobiles, locomotives, voitures automobiles, beaucoup encore à la construction de navires, à la fabrication du matériel de guerre. Il fait enfin une place importante, et, en ce qui concerne les Etats-Unis, avec raison, au bâtiment. Ces constatations nous permettront de mieux comprendre le marché en 1907.

La concentration de l'industrie et l'existence de groupements professionnels, tel que V « Association des plaques de cuivre » {Sheets Copper Association), a changé les conditions économiques. Une décision de la seule American Biass C° a une répercussion sur tout le marché, répercussion d'autant plus forte que

(1) Ceci nous semble un minimum. D'après le Boston News Bureau, les principales Sociétés d'électricité « consommaient », à la veille de la crise : Western Electric 70.000.000 livres par an, General Electric 60.000.000.000 et Westinghouse 30.000.000.

— soles industriels moins importants la suivent d'un œil inquiet, l'imitent, et y sont bien obligés à cause de l'influence de son apparition ou de son absence sur les prix des matières premières, comme à cause de leur clientèle. 11 suffît qu'elle résiste ostensiblement à telle ou telle prétention des producteurs, et qu'elle le fasse en un moment opportun — en temps d'hésitation et suffisamment pourvue de métal pour attendre — pour qu'elle ait chance de triompher. Et cela est naturellement plus vrai encore lorsque les grands consommateurs sont d'accord ou au moins agissent tous de même.

Les grandes compagnies américaines n'ont intérêt ni à un bas, ni à un haut cours du cuivre, mais à une relative stabilité des prix et à une activité rémunératrice de leurs usines. Les baisses les atteignent directement, ou indirectement en plaçant leurs clients dans une situation difficile. En temps de fortes demandes, les industriels élèvent leurs prix dans une proportion plus grande que ne le nécessiterait la hausse du métal (1); ils n'ont pas à se plaindre et ne se plaignent pas. Mais, que les circonstances deviennent défavorables pour un motif quelconque, et les hauts cours du métal paralysent les transactions; l'industriel doit chercher à réagir en vendant meilleur marché et, pour vendre meilleur marché, il doit surtout payer moins cher les matières premières. C'est alors qu'il lui faut se tirer habilement d'une situation difficile : ne pas s'exposer aux conséquences d'une diminution des prix tant qu'il détient un stock invendu

(1) L'écart entre le brut et le demi-ouvré augmente sans cesse en temps de hausse, et se réduit sans cesse en temps de dépression.

et opérer avec prudence tant que dure la baisse « par échelons. »

La « politique » d'une société comme V American Brass C° est relativement simple dans ses grandes lignes, effroyablement complexe dans ses détails par suite surtout des ménagements à prendre vis-àvis de la clientèle qui retire ses ordres ou demande soit des concessions, soit des délais. Pendant les périodes de prospérité, s'assurer les matières premières à tout prix. Quand les symptômes deviennent mauvais, ralentir les commandes de produits bruta, puis ne plus traiter qu'au jour lejourpour ce qui est strictement nécessaire, jusqu'à ce que la baisse ait atteint un niveau où les affaires redeviennent possibles et qui, en même temps, limite la production; alors, acheter d'une façon normale et le faire ostensiblement de manière à ramener la confiance dans les esprits.

Page 1