‹ Le cuivre, sa production et son commerce aus États-Unis, son marché en 1907Chapitre 18 sur 25 · XII. POLITIQUE DE l'aMALGAMATED · texte numérisé non relu

XII. POLITIQUE DE l'aMALGAMATED

ET DE l'uNITED METALS SELLING C° SUR LE MARCHÉ DU CUIVRE

Les financiers qui dirigent à la fois VAmalgamated et l'ancienne maison Lewisohn, n'ont pas eu, an début, de programme très précis, de vrais principesi, ainsi que la majorité des ententes de producteurs et de commerçants ; et la situation s'est compliquée plus d'une fois par le fait que, pourmener àbien quelque campagne à la bourse des valeurs, ils ont été obligés de prendre des décisions parallèles sur le marché du métal. Faisons, tout d'abord, abstraction des éléments perturbateurs, d'autant plus qu'ils jouent un rôle de moins en moins important.

U United Metals Selling C, avec 50 "/o environ de la production nationale, et les autres marchands se proposent, bien entendu, de vendre les plus grandes quantités possibles aux prix les plus élevés. Mais il ne leur est pas facile d'atteindre un tel but.

Gare à celui qui prétendra diriger un mouvement factice de hausse; ses rivaux, traitant quelque peu au-dessus de ses prix, écouleront tous leurs stocks, pendant que d'autres se constitueront chez lui. C'est là ce qui s'est passé peu après la formation de V Amalgama ted, au moment où celle-ci se faisait des illusions sur sa force.

La politique inverse — chercher à vendre de très larges quantités grâce à des concessions sur les prix — est tout à la fois ingrate et d'une efficacité très discutable. Traiter meilleur marché que tous autres limite les bénéfices, et ne permet pas d'atteindre vraiment le but proposé, car des questions de qualités de métal et de personnes interviennent sans cesse qui tournent en général contre VUniled Metals Selling C°^ les principauxmarchands sont assez habiles pour parer les coups sans se découvrir, et enfin rien ne découragera jamais ni MM. Phelps^ Dodge and C°, ni V American Métal C°, ni M. Agassiz.

De cette double constatation, une conclusion semble s'imposer : la nécessité pour le trust et son groupe d'agir avec prudence, de ne pasforcer trop vivement les tendances naturelles du marché, et surtout de ne pas entreprendre de campagne nettement factice. Ils ne peuvent guère que réagir contre des défaillances très momentanées comme tout commerce en subit, sans motifs bien précis, provenant de simples

coincidences, ou accentuer quelque peu un courant, s'il leur est favorable. Telle était aussi, selon nous, leur politique à la fin de 1906. Les tendances très franches du marché les auraient d'ailleurs empêchés d'agir autrement. Les producteurs n'ont pas cherché à remonter un courant aussi fort; ils n'y avaient aucun intérêt; ils ont préféré en tirer profit.

Durant les époques d'hésitations, deux opinions se font généralement jour dans l'entourage de V Amalgamated. Les uns, les financiers, ne renoncent pas à « manipuler » les cours, mais ils ne le font plus avec une impudence aussi grande qu'en 1900 et 1901. De même que les spéculateurs sur les grains de Chicago et de New-York entreprenaient autrefois de grandes campagnes et préfèrent aujourd'hui les petits profits répétés, provenant des trépidations dont ils sont souvent les auteurs ; de même, sans doute, M. H. H. Rogers et ses amis ne songent plus à forcer les prix comme ils le voulaient jadis, mais accentuent les mouvements momentanés de hausse et de baisse, et en tirent profit.

Les éléments industriels et commerciaux du même groupe comprennent qu'ils ont avantage à abandonner les vieilles et détestables traditions qui ont ameuté l'opinion publique contre les trusts. Ils cherchent un terrain d'entente avec les producteurs et, s'ils arrivent à le trouver, deviendront singulièrement forts; leur autorité ira même croissant, car, d'une part, déplus nombreux mineurs se joindront à eux, et, de l'autre, une alliance se fera taciternent entre les marchands qui ne se gêneront plus les uns les autres pour le profit douteux des seuls consommateurs.

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