‹ Le cuivre, sa production et son commerce aus États-Unis, son marché en 1907Chapitre 4 sur 25 · CO 'T · texte numérisé non relu

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plus encore la médiocre importance de ces quatre Etats réunis : 21 7o — plus sans doute, mais pas beaucoup, que le seul Montana! — Le reste diminue seulement les quantités importées des pays, ainsi pour l'Allemagne et la Russie.

Les statistiques relatives aux importations de cuivre dans les centres industriels de l'Europe (voir tableau II) prouvent plutôt combien variable est le rôle de l'Amérique du Nord dans l'alimentation de nos usines que son importance; elles ne tiennent pas compte d'un facteur très considérable, la « consommation » aux Etats-Unis, qui augmente encore l'influence de celle-ci dans la détermination des prix et introduit dans le trafic un élément des plus perturbateurs. Il faut compléter ces chiffres par ceux qui indiquent les quantités gagnant les usines (voir tableau III). Lorsque les achats de l'industrie nationale diminuent ou simplement se ralentissent à New-York, des dizaines de mille tonnes deviennent disponibles, sinon pèsent sur le marché. En temps de prospérité, les Américains traitent sans attacher une grande importance aux prix, tant ils sont confiants dans l'avenir et dans eux-mêmes; les larges « possibilités » de leur pays et leur tempérament ardent accentuent fréquemment les hausses. Que tout à coup l'argent devienne rare et que les cours s'effondrent, et l'on ne peut plus rien « financer », la confiance disparaît. Les rôles se renversent; ce n'est plus le producteur mais le consommateur qui a la plus grande influence sur les prix; et un pessimisme exagéré succède aussitôt à un optimisme aveugle. En Allemagne, en Angleterre et en France, nous subissons et subirons toujours plus rudement les contre-

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coups de ces « paniques », revirements assez fréquents et plus difficiles à prévoir que nos «crises».

Il en est aujourd'hui pour le métal brun comme pour les autres marchandises (excepté les laines d'Australie, dans une situation particulière). Les cours ne se font plus surtout dans les principaux ports d'importation — Liverpool, Londres, etc., — mais dans une très large mesure sur les grandes places d'exportation — New-York, la Nouvelle- Orléans, Chicago — . « Nous fixons le prix du cuivre sur le marché du monde », s'écrie le professeur James Douglas avec orgueil et justes motifs. Des importateurs européens toujours plus nombreux achètent directement ce dont ils ont besoin, au lieu de s'adresser à des marchés intermédiaires; c'est ainsi que le grand trafic de l'Amérique avec l'Allemagne [yia Rotterdam comme via Hambourg ou Brème) échappe de plus en plus à l'Angleterre.

Londres a beaucoup perdu de son ancienne autorité dans le commerce du cuivre. La situation n'est plus aujourd'hui la même qu'il y a cinquante ou trente ans, lorsque le métal, extrait des minerais du Chili, soit sur place, soit en Angleterre (Swansea), avait une influence prédominante sur le marché, et qu'il gagnait en très large partie les usines anglaises où les industriels continentaux achetaient plaques et fils.

Les envois de New- York et de Baltimore jouent, d'une façon presque constante, un rôle trop considérable dans les importations du continent européen, et les prix sont trop fermement fixés et soutenus par de considérables transactions de l'autre côté de l'Océan, pour qu'il puisse en être autrement. Si

l'Angleterre cotr^it des cours beaucoup plus élevés, elle serait rapidement « envahie » ; si elle en cotait de nettement plus bas, elle verrait vite diminuer ses stocks; un équilibre relatif existe donc. Il en est tout au moins ainsi pour le trafic effectif.

La « Bourse en métal » [Métal Exchange) de Londres, organisée en 1862 par des commerçants et des courtiers qui tenaient jusque-là leurs réunions dans un café, est une association fermée comme le Baltic, la Bourse des grains. Le trafic s'y fait, à l'instar des Boards of Trade américains, sous la forme d' « appels » [Calls] biquotidiens, où l'offre et la demande se heurtent en public, et en dehors de ces moments, au contact des boursiers entre eux. Les opérations ont lieu au comptant et à trois mois. L'unité est, pour le cuivre, 25 tonnes. La livraison doit avoir lieu par la remise d'un ou plusieurs warrants de magasins généraux de Londres ou de Liverpool.

L'écart des cours entre Londres et l'Amérique peut être assez sensible, parce que les types anglais « best selected » et « Standard » sont différents des types américains i< Lake » et « electrolytic ». Le 3 avril 1907, il atteignait 18 é 1/2, tandis qu'un an auparavant, il était de 3 g i/4; il est moindre parfois, surtout lorsque les détenteurs d' « electrolytic » veulent se couvrir coûte que coûte. Cependant, si la hausse était très forte à Londres, on pourrait livrer de F « electrolytic » sur le marché du « Standard » et toucher la prime de qualité; et si, au contraire, il s'agissait de baisse, livrer aux Etats- Unis du « Standard » anglais après l'avoir fait électrolyser. Il y a une certaine possibilité d'arbitrage,

qui produit généralement un effet important par simple menace, mais se réalise aussi.

Si la Bourse de Londres fournit des indications sur les besoins et l'état d'esprit des acheteurs européens, ces indications sont souvent faussées. D'une part, les stocks sur lesquels reposent les transactions sont presque toujours notoirement insuffisants. Le 30 juin 1903, ils s'élevaient à 15.918 tonnes; le 30 avril 1904, à 12.026 t. ; le 30 avril 1905, à 18.055 t. ; et, le 28 février 1906, à 8.946 t. (1) seulement! Et les opérations journalières portent sur 600-700 tonnes, souvent sur 1.000 à 1.200 ; elles ont même atteint 2.000 à 3.000 tonnes ! Dans de telles conditions, la Bourse est sans cesse menacée d'un corner. D'autre part, de nombreuses personnes tentent la fortune sur « le cuivre » comme à la roulette de Monte-Carlo. Des agioteurs cherchent à abaisser ou relever les cours du métal afin d'influencer ceux des valeurs cuprifères. Ces opérations perturbent le marché : aucun frein aux tentatives des haussiers et des baissiers; au moment des liquidations, ce qui joue le rôle principal, ce sont les « positions de place. » Et les Etats-Unis interviennent peu pour rétablir l'équilibre. Le tableau IV, n'embrassant que la période la plus récente, montre que, depuis l'entrée en vigueur du nouveau règlement du marché du « Standard » (juillet 1904) et jusqu'en 1907, le parallélisme des cours à Londres et à New-York, sans être parfait, n'a pas été trop souvent et vivement rompu.

(1) Nous n'insistons pas sur la médiocre importance des « stocks visibles j) ; ils peuvent intéresser ceux qui opèrent sur le marché de Londres mais n'indiquent pas vraiment les quantités disponibles. Les « stocks invisibles » ont une tout entière influence sur les prix.

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L'absence d'un sérieux baromètre n'en gêne pas moins beaucoup les transactions, pour lesquelles on cherche vainement une base solide. Elle empêche beaucoup d'acheteurs d'échelonner leurs ordres ; elle expose les industriels et les commerçants, qui doivent cependant l'accepter, aux pertes les plus injustes.

Les prix du cuivre sont fixés à New-York dans le trafic de bureau à bureau. Les opérations de la Bourse en métaux de Pearlstreet sont peu importantes et ses cours ne reflètent guère que les transactions de certains groupes [American Métal C et maison L. Vogelstein). Ce que l'on consulte avec le plus de confiance, c'est, malgré ses erreurs fréquentes, la cote du Mining and Engineering Journal, organe d'une haute valeur technique et d'une parfaite honorabilité.

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