CULTE DE LA SAINTE VIERGE
les saints; il suffit donc de démontrer maintenant que Marie, à raison des vertus dont Dieu a orné son âme, des privilèges qu'il lui a conférés et de sa dignité unique de Mère de Dieu, a droit à un culte plus élevé, plus parfait, plus noble dans l'ensemble de ses actes que celui qui est rendu aux saints.
Mon intention n'est pas de développer ici toutes les preuves que l'on peut tirer de la Sainte Ecriture et de la tradition en faveur du culte de Marie; je me contenterai de les indiquer brièvement, de manière qu'on puisse toutefois se convaincre de la vérité de la doctrine catholique sur ce sujet.
L'œuvre de noire salut en Jésus-Christ est la réalisation d'un plan divin et primordial, dont il est nécessaire d'étudier l'accomplissement à son origine. S'il est incontestable que Dieu a élu, préparé et prédestiné certaines personnes, telles que le précurseur saint Jean-Baptiste, saint Paul, l'apôtre des gentils, etc., à jouer un rôle important dans l'économie du christianisme, il n'est pas moins certain que, parmi ces instruments choisis de Dieu, Marie occupe a tous égards le premier rang. Dieu se plaît à embellir son âme des trésors de la grâce ; il la préserve de la souillure originelle, et alors même qu'elle devient Mère de Dieu, elle n'imprime pas la moindre flétrissure au lys si pur de sa virginité. La maternité divine est le fondement réel du culte qu'on rend à Marie dans l'Eglise catholique ; la conception immaculée et la virginité perpétuelle ont été comme les moyens