‹ Le culte catholiqueChapitre 7 sur 21 · LE CULTE INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

LE CULTE INTÉRIEUR

Telle est la question que la Réforme du seizième siècle n'a cessé de résoudre affirmativement ; elle nous a accusés de superstition et d'idolâtrie, et cette vieille calomnie, mille fois réfutée par les apologistes calholiques, de la manière la plus victorieuse, se colporte encore à travers le monde avec une audace sans limites. Examinons une fois de plus la valeur de ces accusations, afin que les âmes sincères et désireuses de connaître la vérité puissent l'apercevoir dans tout son éclat et contrôler les affirmations gratuites de nos adversaires.

Le culte n'est autre chose que l'honneur rendu à quelqu'un à cause de l'excellence ou de la perfection qui se trouve en lui (1). Cette excellence, considérée en Dieu, est infinie, incréée, et le culte qu'elle mérite a reçu le nom particulier de latrie ; considérée dans les créatures, elle est finie, limitée, et, lorsqu'elle a rapport à l'ordre surnaturel, on lui rend un culte auquel on a donné le nom de dulie ; c'est celui que l'on décerne aux saints. La bienheureuse Mère de Dieu, possédant, dans l'ordre de la grâce, une perfection supérieure à celle de toutes les créatures, est honorée d'un culte qu'on a appelé à juste titre hyperdulie.

Que nous devions à Dieu l'honneur suprême de l'adoration, cela est incontestable et admis de tout le monde. En effet, il y a en Dieu une majesté infinie,

(1) S. Th. 1.2., q. 2, a. 2.

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