MIROIRS ÉTRUSQUES
Série de miroirs représentant Castor et Pollux en face l'un de l'autre. Tous ces miroirs ont entre eux de grandes analogies. L'ensemble de la composition est toujours le même ; les détails seuls varient.
L'attitude, par exemple, se modifie ici et là. Tantôt les deux jumeaux sont debout, tantôt ils s'appuient sur leurs boucliers comme deux amis qui causent ou deux voyageurs fatigués qui se reposent. 8ouvent aussi ils sont tous les deux assis ; quelquefois enfin , l'un est assis , l'autre debout.
C'est le costume qui varie le plus. Ici, les Dioscures sont entièrement nus ou ne portent leur chlamyde que sur le bras. Là , ils sont vêtus de la tunique courte , ou d'une chlamyde, ou d'une peau de bête, voire même d'une armure guerrière complète : cuirasse, jambières et casque. Quand ils déposent le casque, c'est quelquefois pour rester nu-tête; mais le plus souvent pour se coiffer du piléus ou du pétase, ou bien pour se ceindre le front d'un bandeau. Leurs pieds sont nus ou chaussés de sandales. Ils sont imberbes tous les deux, ou tous les deux barbus ; le plus souvent l'un porte de la barbe et l'autre n'en a pas.
Leurs attributs sont très nombreux. Après la lance, l'épée, la faucille et les étoiles , il faut citer des animaux , tels que : cygnes , chiens , biches, oiseaux perchés sur des arbres, hiboux, etc. ; des objets de toute sorte, comme des fleurs, des triangles, des barres transversales unissant les deux frères soit par la tête, soit par la poitrine, des candélabres, des amphores, etc., etc. (1).
Castor (Castur) attaque avec l'épée un jeune homme que Pollux (Pul-
(l) Consulter surtout : Gerhard, Etruskische Spiegel (Berlin , 1843-67, 4 vol. in-4°, fig.); Inghirami, Monumenti etruski (1821-26, 10 vol. in-4°, fig.), t. II. — Revue archéologique, juin 1881 , p. 321.
luce) tient à bras le corps. C'est peut-être le combat des Dioscures contre Thésée, ravisseur d'Hélène.
Gerhard, Etruskische Spiegel, pi. LVIII.
Cf. Chaboufflet, Pierres gravées, p. 532 , n« 313*.
Castor et Pollux avec Hélène. Les deux jeunes gens sont nu-tête, vêtus de la chlamyde et chaussés de bottines. L'un est assis , l'autre debout. Hélène, coiffée du bonnet phrygien £t nue jusqu'à la ceinture, est assise à gauche. Dans le fond, deux colonnes ioniques.
De Witte, Description de vases peints, n° 295. Cf. id. t ibid., n* 296.
Castor et Pollux de chaque côté d'Hélène. Les Dioscures sont vêtus de la lasna , et l'un d'eux tient à la main une sorte de sceptre terminé par une fleur à trois pétales. Hélène porte une couronne sur la tête et un péplum sur l'épaule. A droite , Vénus couronnée tourne la tête vers Hélène.
Gerhard, loc. cit., CCIV.
De Witte, Cabinet Durand, n° 1966.
Castor et Pollux aux côtés d'Hélène. La jeune fille, ornée d'un diadème et d'un collier , retient de la main gauche son manteau sur ses épaules et dirige vers la terre l'index de sa main droite. Les Dioscures, la chlamyde rejetée sur l'épaule, semblent l'écouter avec attention. Dans le fond, les colonnes d'un temple dorique.
Institut archèol, Bulletin, 1839, p. 3&.
Gerhard, loc. cit., CCII et CCIII. — Cf. CCV.
Castor et Pollux, la tête surmontée d'une étoile, vêtus de la chlamyde, armes d'un bouclier et d'un casque , et même l'un des deux d'une cuirasse , se tiennent debout de chaque côté d'un groupe composé d'un guerrier tout armé (Ménélas, Paris ou Mars) et d'Hélène (ou Vénus) , à moitié nue et ornée de bijoux (1).
Inghirami, Monum. etr. t II , p. 566 et suiv. Gerhard, loc. cit., CCI.
(1) Un sujet analogue, mais d'une mise en scène moins convenable, se retrouve ailleurs. Voir Gerhard , loc. cit., CCLXIX et CCCXV. — Les Dioscures apparaissent souvent dans les scènes d'amour. Voyez Gerhard : Akademische
Castor et Pollux, la chlamyde sur l'épaule, et l'un des deux armé d'une lance, se tiennent debout entre un guerrier assis (Ménélas ou Paris) et Hélène debout, les oreilles et le cou ornés de bijoux.
Gerhard, loc. cit., CCVIII et CCCLXXIII.
Castor et Pollux, le second avec une étoile sur la tête, et tous les deux armés de la cuirasse et coiffés du casque, se tiennent debout aux côtés d'Hélène et de Vénus.
Gerhard, loc. cit., CCCLXXX et CCIV.
Pollux (Poloces), armé du ceste, se tient dans une attitude de défi devant Amycus (Amuces) nu , les bras également garnis de courroies et assis sur une base, près d'une colonne. A côté, Diane (Losna), la tête surmontée d'un croissant et appuyée sur une lance.
Creuzer, Symb., t. IV, pi. CLXXXVII.
Gerhard, loc. cit., CLXXI. — Cf. CCCLIJI.
Cf. Lanzi, Saggio, etc., II, n° 24, et Gazette archéol, 1878, p. 99.
Pollux (Pultuke) nu, debout, appuyé sur sa lance. Castor (Castur) également armé de la lance , mais vêtu de la chlamyde et coiffé du casque. Entre eux , Méléagre (Mélakrè) coiffé du piléus et assis. Derrière , Ménélas (Menlè) avec une lance et un bouclier.
Creuzer, loc. cit., t. IV, pi. CLXXI ter.
Gerhard, loc. cit.; CCCLV.
Lanzi, Saggio, etc., II, XI, 6.
Castor (Castur), Capané (Capnè) , Cassandre (Castra) et un troisième personnage (Evas) causant ensemble.
Instit. arch. 9 Bulletin, 1859, p. 79.
Cf., Gerhard, loc. cit., texte, p. 5, 7.
Deux jeunes gens , Castor (Castur) et Calinacé cherchent à soulever
Abhcmdlungen : iiber die MetaUpiegel der Etrusher, II , p. 227 et suiv. ; Atlas pi. LXXIV et LXXV.
dans leurs bras Prométhée (Prumathé), assis sur le Caucase, et ayant à ses pieds le vautour tué. Ces deux jeunes gens , tout semblables, et la tête surmontée d'une étoile, tiennent un objet rond percé au milieu, sans doute l'anneau symbolique de Prométhée.
Crenzer, loc. cit., pi. CLVII.
Gerhard, loc. cit., CXXXVIII.
Castor et Pollux, armés de la lance, se tiennent debout de chaque coté d'un vieillard, peut-être Prométhée, assis, un bâton à la main (1).
Gerhard, loc. cit., CLXXII.
Castor nu , la lance à la main, la chlamyde sur le bras, à côté de son cheval. Au-dessus de sa tête , une étoile ; à ses pieds , une fleur. Audessous, près du manche du miroir, une tête de femme (Diane sans doute) avec des cornes.
Gerhard, loc. cit. t CCLIV.
Castor et Pollux, le premier vêtu de la chlamyde et debout près de son cheval, le second nu et assis. Ils tendent les mains l'un vers l'autre. Audessus, deux étoiles.
Gerhard, loc. cit., CCLIV, À.
Castor ou Pollux nu est enlevé par deux génies ailés et barbus. Audessus du vieillard de droite, une étoile j au-dessous, une fleur. Au-dessous du jeune homme, un croissant.
Gerhard. , loc. cit., CCLV.
De chaque côté d'un temple devant lequel se tiennent deux jeunes gens armés et tout semblables , Castor et Pollux sont représentés avec le bonnet phrygien surmonté d'une étoile, la tunique courte, la lance et le bouclier. L'un des deux jeunes gens, debout devant le temple, lève le doigt vers le ciel, l'autre l'abaisse vers la terre.
Inghirami, Monvm. étr., II, p. 482 et suiv. ta*. 49. Gerhard, loc. cit., CCLV, À. 1.
(1) D'après Gerhard , ce serait Phineus (?).
Castor et Pollux assis en face l'un de l'autre. Entre eux , un édifice ionique au centre duquel se tient Apollon debout, la tête radiée inclinée vers le sol, un bras levé vers le ciel.
Institut archéologique. — Annales, 1841, p. 234.
Bulletin, 1841, p. 72.
Castor et Pollux avec Minerve. Castor (Castur), coiffé du bonnet phrygien , est assis avec un autre jeune homme contre une colonne près de Minerve (Menfra) . Pollux (Pultukè) , tête nue et deux lances à la main , se tient de l'autre côté de la déesse.
Gerhard, loc. cit., CCLV, B.
Cf. tt. ibid., CCUX, CCLX, 2; CCLXII, etc.
Castor et Pollux, armés d'une épée et couverts d'une cuirasse, se tiennent debout de chaque' côté de Minerve ailée, qui pose amicalement ses bras sur les épaules des deux jeunes jumeaux.
Inghirami , loc. cit., II , p. 569.
Gerhard, loc. cit., CCLIV.
Castor, vêtu de la chlamyde et une lance à la main, est représenté d$- r bout. Pollux, armé de la cuirasse, du bouclier et de la lance, est assis en face de Minerve armée, qui semble lui parler.
Inghirami, loc. cit., II, p. 65.
Gerhard, loc. cit. t CCXXVII, et p. 214,13* partie.
60 et 64 .
Castor et Pollux avec Minerve et Vénus.
I. — A droite, Castor (Cas...) causant avec Vénus. A gauche, Pollux (Pultuk) causant avec Minerve. Entre les deux groupes , les lettres ra (Laran).
II. — Scène analogue. Au-dessus du jeune homme de droite, on lit : Laran ; au-dessus de Vénus : Turan ; au-dessus de Minerve : Menfra ; au-dessus de l'éphèbe de gauche : Aplu.
Inghirami, loc. cit., II , 50 et 65.
Gerhard, loc. cit., LIX, 2 et 3 , XLV, I. — Cf. CCLVffl, 1 et 3; CCLIV, 1 et 2, etc.
Castor (Casutru), Pollux (Pululuke) et un troisième éphèbe (Chaluchasu) se tenant étroitement serrés. Près d'eux , Minerve coiffée d'un casque , armée d'une lance et accompagnée de Vénus (Turan) , qui se penche sur un coffret entrouvert.
Gerhard, loc. cit., LVI.
Miroirs analogues représentant les trois mêmes éphèbes causant ensemble. Ils sont nus ou vêtus de la cklamyde , coiffés du bonnet phrygien, chaussés de sandales et armés de la lance. Derrière eux, on aperçoit tantôt des colonnes , tantôt une maison entière , tantôt enfin des barres horizontales superposées, comme celles d'une échelle.
Gerhard, loc. cit., LV, LVI, CCLVI, CCLVII, CCLX, etc.
Castor et Pollux avec Mercure. Castor, vêtu de la chlamyde et tenant à la main un objet qui ressemble à une poignée d'épée, et s'appuyant sur un bouclier, cause avec Mercure, reconnaissable à son pétase ailé. Pollux, vêtu de la chlamyde, armé d'une lance, d'un casque et d'un bouclier, semble écouter la conversation de son frère avec Mercure. Entre ces deux derniers, on aperçoit un croissant.
Gerhard, loc. cit., CCLXI.
Cf. Résurrection d'un Cabire par Mercure , id. ibid., VU.
Naissance des Cabires. Trois jeunes enfants : Marimisminthians, porté sur les genoux de Mercure (Turms ou Turmus) ; Marimhusrnana , sortant d'une amphore et tendant la main à Minerve (Menfra) ; Marimfalna, porté dans les bras d'une femme. A côté , un jeune homme (Laran) appuyé sur une lance, et Vénus (Turan).
D'après certains archéologues, Marimfalna et Marimhusrnana seraient la traduction du mot grec Suvaxoç, par lequel on désignait les Dioscures. Ce miroir nous ferait donc assister à la naissance de Castor et de Pollux. 811 faut en croire cette étymologie douteuse, nous sommes bien loin, comme on peut le voir, de la tradition grecque.