‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 165 sur 294 · I. Amérique du Sud, Antilles et Mexique · texte numérisé non relu

I. Amérique du Sud, Antilles et Mexique

C'est peut-être par le Pérou, avec les Espagnols, que Madame saincte Anne a fait son entrée en Amérique. Le dominicain Jérôme de Loaysa, le premier évêque de Lima (de 1546 à 1575), fonda l'univei-sité que cette ville possède encore, bâtit l'église cathédrale, une des plus grandes et des plus belles du Nouveau-Monde, et, fait plus remarquable encore pour nous, érigea de ses deniers le célèbre hôpital Sainte-Anne auquel il légua par surplus, 16,000 écus de rente. Il mourut — nous l'avons déjà dit — dans la trente-huitième année de son épiscopat, et voulut être enterré parmi les pauvres, dans l'hôpital qu'il leur avait construit. L'épitaphe suivante y rappelle encore sa mémoire :

HiEBON. DE Loaysa

Religione, clementia, liberalitate clarus, Obiit anno M D L X X V, die 25 oct.

Peut-être au même temps, et en tout cas, vers 1560, un autre Frère-prêcheur, le P. Martin de Esquibal, fondait un couvent de son ordre sous le même vocable à Huamanga. On voudrait savoir aussi, au moins approximativement, quand fut bâtie l'église Sainte-Aune d'Ica, vers le sud du pays. Une gravure nous en a conservé le nom avec les ruines, et si l'on en juge par le système des voûtes, l'épaisseur des murs, le profil d'un pilier qui chancelé, elle devait être très solide, ce qui revient quelquefois à dire très ancienne, la construction d'autrefois se distinguant d'ordinaire par la solidité.

Plusieurs villes, cantons, bourgs, villages, îles de l'Américjue méridionale portent le nom de la Sainte, notamment en Colombie, à l'Equateur, en Bolivie, en Argentine, dans l'Uruguay et le Paraguay, surtout au Brésil, où nous avons, par exemple, Santa -Anna de Paranahyba, Santa- Anna do Agapo-Miri, Santa-Anna de Camisao, de Matto Grosso, de Contendos, de Li\Tamento, phis une île de l'Amazone et une autre sur la côte ; plus une rivière dans la province de Seguro ; plus une place immense à Rio Janeiro, connue sous le nom de Campo da Santa-Anna.

LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)

Dans l'Amérique centrale, Santa-Anna est à la fois département, capitale, et depuis 1913, siège d'un évêché de ce nom.

Aux Antilles, le culte est ancien, notamment à Cuba et à la Martinique. Un synode tenu à la Havane en 1684 y faisait de la Sainte-Anne une fête d'obligation, une solennité, et Sainte-Anne de Macouba, près de Cabesterre, est déjà signalée en 1694 par le Père Labat. Des villages portent le même nom à la Guadeloupe, à Marie-Galante, et parmi les églises fort nombreuses, nous remarquons celles de Santiago, Guanabo, La Havane ; la cathédrale de Curaçao ; des paroisses ou des chapelles à Port-au-Prince (Haïti), Kingston (Jamaïque), San-Juan de Porto-Rico, Saint-Christophe, Trinidad ; d'autres plus jeunes mais renommées pour leur dévotion à la Sainte, à Mahot-Lez- Roseau, Machaut, Laudat, Trafalgar, Balontown, Canefield, King's Hill, dans l'Ue de la Dominique.

En 1816, au retour d'une expédition contre les indigènes de Saint-Domingue, Faustin I, empereur d'Haïti, établissait, sans doute contre eux, quoique l'histoire ne le dise pas, un ordre de chevalerie auquel il donnait le nom de Sainte- Anne. L'institution a disparu en 1859 avec la couronne de son fondateur.

Plus loin, au INIexique, en 1614, les Carmes fondaient un couvent sous le même vocable {Guyocanense monasterium) , et en 1682, Nimez de Miranda faisait paraître VHistoria moval de las virtvdes y dotes de los padres de Maria S. Joaquin y S<^ Anna (in-4, Mexico). Un autre ouvrage, publié à Naple^ en 1665 par le P. Asiain, avait une édition mexicaine en 1711 ', ce qui suppose, aussi bien que le nom donné à plusieurs localités, une dévotion assez répandue dans tout le pays.

Pour le Nouveau-Mexique, Santa-Anna Bernalillo serait peut-être une autre indication également favorable.

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