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SÉQUENCE DE CrACOVIE

la Jubilcnius in honore

MatrJs Christi cum décore, Summi régis avia», Ib . Omni laude vere dignœ, Pi», mitis et bcnigna*.

Excellent is gloriae.

2a. Honorantes invocemus, Invocantes honorcmus Vencrandam angelis !

2b. Anna mater, te laudaraus, Tuuni nomen invocamus Voce, corde, canticis.

3a Nomen tibi gratiosum, Anna, dédit pretiosum Tua natus filia, 3b. Quam tu sine macula criminis Conccpi.sti miseri hominis Advocatain dilectam.

4a. Nemo, qui te vencratur, Orat frustra, sod donatur Magnis beneficiis ; 4b. Dono sancti Spiritiis Illustnitur ïinitnus Et purgatur vitiis.

5a. £8to Dobis in adversis Con.«<)]atrix, ne demersis Dominent ur vit la ; 5b. Sana morlïos aninioruni, Tcrgc sordcs iK'ccatonmi Cunctn pollens tur])ia.

Gl

ta

Orphanorum consolatrix, Miserorum reparatrix,

Fia, mitis omnibus, Fatigatos in labore Hujus vitœ cum dolore

Tuis salva precibus.

lleos solve, justos scrva, Preces funde pro caterva

Ilic adstantis jjopiili. Tua prece fac devotos Et a culpa nos remotos

Innocentes sffculi.

In hoc mundo nos tuere Et post morteni fac vidcre

Jesum, nata; filiuni.

8b. Sumnio régi nos dévote Tuo laudes ac nepoti

Solvimus in .sa'cuhnn.

Carmen nostnim fac juoumduni^ Mens devota sit, cor mundum,

Pura conscient ia ; .Xufcr niala qua^ molestant, Hona confer qua' honestant,

Cordis innocent iain.

10a. Rcge mentes dcvotoruni, Anna, tibi faniuloruni, .\tlvocata sis raœstonnn

Mortis in articulo.

lOh. Monstra nobis tune plaçât um Regem, nata; tuie natum, Ut cantemus canncn gratuni

Mentis cum tripmlio.

ni

lia. Ecce corpus Jesu Christi, Temetipsum possidere

Cujus matrem peperisti In cœlesti patria.

In saluteni mundo tristi, 12b. Tuum nomen invocamus, Adoranduni populis. Christe Jesu, te laudamus,

11b. Lege quondam pra;signatuni, Annae meritis speramus

A prophetis nuntiatum, Vitam, ad quam festinamus

Et a missis praedicatum In œterna gloria.

Universis gentibus. Sequent. ms. Prsedicatt. Cracoviens.

r2a. Jesu, nostri miserere, s. sign. saec. 15-16. Mélodie : Lauda-

Annœ meritis tuere Sion. Dreves, t. ix, p. 99-100.

Hanc catervam fac videre,

Remarquez-vous comme, à la fin, l'adieu se prolonge, tout dans cette piété devenant symbole ? Ce que le chœur de droite, la, vient de chanter, le chœur de gauche, Ib, le répète écho pour écho : Sunimi Régis anœ — Excellentis gloriœ ; Venerandam angelis — Voce, corde, canticis ; niitis omnibus — salva precihus ; Natœ filium, — Solvimus in sœculum. Alors si, pour finir, la droite s'attarde, la gauche s'attardera aussi. Cor vniim, et anima nna. C'est presque le premier mot des règles monastiques.

Revenant à l'institution de la fête et à sa généralisation dans l'Ordre, nous ne dirons pas comme fête nouvelle, — ce qui nous échappe, — mais comme fête tout double (terme particulier à notre liturgie), nous trouvons dans nos Acta quelques renseignements pratiques, intéressants peut-être. Les ordres religieux ne font rien à la hâte ; il faut du temps pour que les coutumes, même les meilleures, même en matière de piété, y prennent force, et même quand elles y ont réussi, il faut pour les autoriser, pour les sanctionner, non pas un, mais deux et trois chapitres généraux. Alors ce qui avait été jusque là présenté comme inchoation, devient constitution et acquiert force de loi. Mais encore faut-il que les trois chapitres généraux aient été consécutifs, sans quoi tout doit recommencer. Ainsi le chapitre de Spire (?) * décrète, le 13 mai 1459 : " Au lendemain de la fête de saint Jacques apôtre, la fête de la bienheureuse Anne sera célébrée partout et dans chacun des couvents {ubique et in singulis conventibus) sous le rite tout double"».

Le chapitre de Novare, six ans après (1465), renouvelle ce décret et ajoute : " Comme l'office qui devrait être dit pour cette fête n'a pas encore été composé, on en dira un autre selon la commodité de chaque maison, jusqu'à ce que le Révérend issime Maître de l'Ordre y ait pourv-n ."

Ignorait-on les deux Offices que nous donnons plus loin en Appendice, ou bien en voulait-on un meilleur ?

En tout cas, les choses en restèrent là et le projet ne fut repris que quarantehuit ans plus tard, en 1513. Alors nouvelle inchoation : De beata Anna. . .fiât ubique totwm duplex. De même au chapitre de Naples, 1515 ; de même au

* Le latin dit Capituhim Noinmagense. Est-ce Nimègue, Noj'on, Spire {Nwiomagus) ?

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chapitre de Rome, 1518... e^ hœc habet tria capitula, "et cette ordination a trois chapitres," c'est-à-dire que désormais, elle a force de loi pour tout l'ordre". C'est tard, dira-t-on peut-être, mais c'est encore soixante-six ans avant que le Pape Grégoire XIII proclame la fête de la Sainte universelle dans l'EgUse. Au reste, c'était probablement " la coutume " déjà ancienne de plusieurs maisons qui se trouvait ainsi approuvée d'autorité par une décision d'ordre général, et notre ambition de montrer toujours et partout le procès de la dévotion à notre Sainte est encore pour l'instant satisfaite.

Notre poésie liturgique a dignement traité la bienheureuse Anne et nous voudrions connaître ses auteurs, quelques-uns au moins. Hélas ! c'est ici comme ailleurs, et nous n'en avons qu'un à signaler, Jean de Roma, qui composa pour le bré\'iaire d'Apt l'office de l'Invention des reliques de sainte Anne, un joU souvenir de famille que nous retrouverons en autre heu.

Aux temps dont nous parlons, nos Pères fondaient des confréries, et c'est ainsi que sans parler de la Confrérie du Rosaire déjà ancienne, " celles de la Sainte-Croix, du Saint-Sacrement, du Saint-Nom de Jésus, de la Miséricorde, de la Concorde, du Salve Regina, de Sainte-Anne, sont toutes nées, .selon Justin Miechow, comme de petites fleurs, du ro.sier fleuri de l'Ordre des Prêcheurs i^. '• Le même auteur nous apprend que la confrérie de Sainte- .\nne établie à Salzbourg en 1476, par le Père Jacques Sprenger, prieur du couvent de Cologne, " reçut d'un grand nombre de personnes un accueil plein de dévotion. Dans notre Pologne surtout, elle fut protégée par la pieuse reine Anne Jagellon, fille du roi Sigismond I^^"" et femme du roi Etienne Bathori. "

Un peu plus tard, en 1608, le P. Vincent de Lemberg fondait une société semblable à Preslav, diocèse de Posen, bon exemple que devaient imiter en 1644 les Dominicains du Mans.

Ces derniers possédaient déjà, peut-être depuis longtemps, cette chapelle Sainte-Amie que mentionne une ancienne chronique de leur couvent récemment mise au jour". Même dévotion à Paris. " Dans l'église des Jacobins de la rue Saint-Jacques, dit Millin, l'auteur des Antiquités nationales, à côté <le la chaix;llo du Rosaire, il y en avait une autre décorée de colonnes corinthiennes ; au milieu, il y avait une niche dans la(iuelle ou voyait une mauvaise figure de sainte Anne apprenant à lire à la Vierge". " Nous maintenons " mauvaise " pour l'intégrité du texte. A propos, à Louvain, dans la magnifique église que les révolutions nous ont enlevée, mais que la justice populaire semble vouloir toujours nous restituer en rai)pelant encore aujourd'hui " Notre-Dame aux Dominicains," nous avons pu voir bien de.-; fois une autre statue de la Sainte, fort ancienne, .sans élégance, peut-î'tre " mauvaise " elle aussi, mai.s combien vénérable! puis(iu'ellc semblait témoigner d'un culte autrefois cher à nos religi(Hix.

Des autels ou chapelles, nous en avions à Cologne, à Mayence, en France,

à Albayda en Espagne, un peu partout. — Des œuvres d'art, également. Ainsi, en Anvers, dans notre église Saint-Paul, un tableau remarquable de Martin Pepyn (1575-1643) nous montre encore sainte Anne présentant un fruit à l'enfant Jésus que Marie tient dans ses bras : sujet si familier aux artistes des seizième et dix-septième siècles. A droite et à gauche, complétant la scène, saint Joseph, Zacharie, Zébédée, saint Joachim. Plus loin, à Cadix en Espagne, dans une autre église dominicaine, sainte Anne apparaissait encore, du moins au dix-huitième siècle, dans un groupe dont le Père Labat donne en ses Voyages une description très détaillée et très originale i°. Evidemment aussi, le tableau de Joannes Vicente (v. 1524-1579) qui se voit au jourd'hui à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg et représentant sainte Anne avec saint Dominique, a dû appartenir primitivement à quelque chapelle de notre Ordre.

De même nous avons eu quelques maisons à part celles déjà mentionnées. Bien avant 1638 où nos Pères de Montemileto dédiaient à la Sainte leur nouveau couvent, saint Vincent Ferrier préchant dans la petite chapelle d' Albayda nommée tout à l'heure, y prédisait la construction prochaine d'un monastère dominicain sur les heux mêmes et sous le même nom, ce qui arriva «n effet. Même nom encore à la maison de nos Sœurs de Côme en Lombardie, fondée avant 1500, et à celle de nos Sœurs de Prague en Bohême, antérieure à 1431. Cette amiée-là, chez ces dernières, un événement eut Ueu auquel notre Sainte ne dut pas rester étrangère quoiqu'elle ne soit pas expressément nommée. Nous citons le R. P. Mortier parlant de la cruauté des Hussites en Bohême :

" Sur vingt couvents de Frères-Prêcheurs, trois seuls furent épargnés, et un couvent de Sœurs sur quatre, celui de Sainte-Anne à Prague . . . On peut s'étonner que ces religieuses aient évité leurs fureurs. Un document des archives du monastère raconte que, mi jour, Jean Ziska se présenta à la porte principale, prêt à tout massacrer. Dans ce monastère se trouvaient trois cent cinquante reUgieuses, venues d'un peu partout, pour trouver un refuge, tant de l'Ordre de Saint-Dominique que des autres Ordres. Epouvantées de cette visite, mais confiantes en la Providence divine, les Sœurs Dominicaines se rendirent à la porte de clôture. L'une d'elles était proche parente de Ziska. Dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds, sur le seuil de la porte, le suppliant d'épargner le monastère. Ziska eut un mouvement de pitié : " A cause de vous, lui répondit-il, j'épargnerai ce monastère. " Mais ZLska n'était pas toujours présent et son autorité toujours respectée. — Quelques jours après, les Taborites, dit ce même document, comme des chiens furieux poussés par les plus violentes passions, et briitalement sûrs de les satisfaire, se ruèrent sur le monastère. Or il arriva que, comme frappés d'aveuglement, ils ne pouvaient trouver la porte d'entrée. Ils erraient tout autour comme des forcenés. Le Seigneur Jésus, ajoute l'auteur. Epoux des Vierges, défendit les Sœurs contre ces bêtes féroces i^"

Il reste à noter quelques autres témoignages de piété, ceux-ci plus per-

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sonnels et pcut-ttre par là même plus probants. A Jérusalem, nos Pères Fabri (14S2), François Pipino et Fra Ricoldi de Monte Crucis, visitent avec grande dévotion " le lieu où naquit la Sainte Vierge et où fut ensevelie sa bienheureuse Mère"." — Vers l'an 1515, Jérôme de Loaysa avait pris l'habit de saint Dommique dans le couvent de Cordoue, et en 1537, Charles-Quint le faisait nommer évoque de Carthagène. Transféré un peu plus tard au siège archiépiscopal de Lima, capitale du Pérou, il y fonda l'Université que cette ville possède encore, et bâtit l'église cathédrale, une des plus grandes et des plus belles du Nouveau-Monde. Pour l'instant, nous oubUerions ces titres de gloire pour nous rappeler seulement qu'il établit aussi le célèbre hôpital de Sainte-Anne, auquel il laissa 16,000 écus de rente. Il mourut dans la trente-huitième année de son épiscopat, et voulut être enterré parmi les pauvres, dans l'hôpital qu'il leur avait construit. L'épitaphe suivante rappelle encore sa mémoire :

HiERON. DE Loaysa Religione, clementia, liberalitate claruft, Obiit anno M D L XXV, die 2à oct.

Depuis l'an 1478, nos Pères de Sainte-Croix de Cologne possédaient " un doigt de la Sainte," relique insigne qu'ils avaient obtenue à Pérouse, et c'est l'un d'eux, vraisemblablement, qui aura écrit l'ouvrage ainsi intitulé : Legenda sanctissimœ matronœ Annœ. Carwino qvœdam in hanorem sandœ Annœ et sancti Dominici. Le manuscrit en tout cas est sûrement du xv® siècle et nous remercions la librairie Rosenthal de Munich de nous l'avoir fait connaître, même de nous en avoir transcrit plusieurs passages, fort intéressants en vérité. Les carmina, surtout, seraient à conserver. Ce sont, comme dit l'auteur des Rosca heatissimœ Annœ crinalia.

Cependant, ni cet opuscule, ni la plus ancienne des hymnes plus haut mentionnées, n'est le premier hommage de la littérature dominicaine à la Mère de Marie. Dès le xiii^ siècle, autour de 1250, le grand encyclopédiste que fut Vincent de Beauvais (f v. 12G4) avait raconté dans son Spcculum Majus, entre l'histoire de Virgile et celle d'Horace, la naissance de la bienheureuse Vierge Marie et fait en même temps, comme il convenait, l'éloge de sa sainte Mère. Un peu plus tard, Jacques de Voragine (1228-1298), archevêque de Gênes, avait popularisé le même récit dans sa Légende dorée, le li%Te d'or en effet, le livre le plus populaire du moyen âge, le vadc-meciim de tout&s les âmes pieuses, l'ouvrage qui a certainement le plus fait pour la diffusion parmi elles du culte de notre Sainte. Un peu plus tard encore, Bernard Gui, ou Guido, Guidonis, de la Guyonie, comme l'appellent différemment les historiens, écrit un chapitre de S(mcta Anna dans son Spéculum sanctorah', et s'il trouve jKiut-être moins de copistes que .son prédécesseur, parce que pour celuici ils sont innombrables, il en a cependant assez pour que son œuvre se répande partout au dehors.

Nos écrivains, historiens, panégyristes, artistes, n'auront donc pas besoin d'aller chercher en d'autres bibliothèques que les leurs des matériaux de tra-

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vail, et ils feront valoir à qui mieux mieux leur bien de famille. Beaucoup de ces ouvrages n'ont sans doute jamais été imprimés ou se sont perdus, mais il nous en reste encore assez pour nous renseigner sur la dévotion de leurs auteurs et celle du jjublic : une dévotion souvent trop amie de l'humilité puisqu'elle a voulu rester anonyme. C'est le cas de cet inconnu dont l'ouvrage, une HisUyria -perpulchra de Anna sandissima, est conservé à la bibliothèque Mazarine. A la demande de " son père Dominique," ce qui fait supposer <iu'il était Frère-Prêcheur, l'auteur " s'est levé de son Ut," et il a fait ce qui lui était demandé, en regrettant toutefois, qu'on eût consulté moins " son esprit caduc et borné " que son affection à l'égard d'un tel maître. Il indique ses sources et si on le tourne en ridicule, lui-même comme les auteurs qu'il suit, il croira que c'est encore un honneur de se tromper un peu avec des hommes de si haute valeur : Cum q.dbits si et ego aut irrisus aul explosvs Juero, non ici probro duxero quod longe prœstantius est cum peritissimis viris pauluhmi errarc. Cependant il ro(;onnaît encore une fois son insuffisance — suam auctor agnmcens insufficientiain — et il implore le secours de la Sainte, puis, soudain réconforté, il entame sou premier chapitre. Plus informé, plus inspiré que son confrère de Cologne, il en écrit 18 pour la première partie, et 25 pour la seconde. Il emprunte à celui-ci des vers, ou les prend dans le patrimoine commun ;

Anna parens summœ geuitrix vencranda pareutis Quaî pandis populis priraa salutis iter.

Il écrit d'ailleurs poétiquement, avec élégance, dans un latin tout à fait classique, et l'imprimerie, poiu-tant sévère en ses choix et préférences, s'est emparée de son ouvrage. C'est aujourd'hui un vénérable incunable, très rare et par là même très précieux.

Que n'a-t-elle pu également mettre la main sur un autre ouvrage autrement célèbre parce que signé d'un grand nom, d'un très doux nom ? Contre les tenants du trimihiurn et pour le triomphe définitif de la bonne cause, un génie précoce écrivit un jour l'opuscule De vionogamia beatlssimœ Annœ Dei Genitricis Matris, et l'on sait qu'il s'appelait Thomas Malvenda, un écrivain qui serait de ce fait illustre quand il n'aurait pas laissé d'immortels travaux et commentaires sur la Bible. Ce n'est pas trop d'admirer une seconde fois ce fier jeune homme de dix-neuf ans qui osait se dresser tout seul contre de vieux maîtres du savoir, des bacheliers et des docteurs, et qui répondait par une dissertation victorieuse à leurs prétendus arguments. Par malheur, le temps, ou plutôt, comme dit Nicolas Figuières, " la jalousie de l'ennemi commun " {communls inimici invidia) n'a pas épargné ces pages éloquentes et viriles, et c'est à peine s'il en reste quelques traces. Mais le même Figuières, dans ses Prolégomènes sur les Cominentaria et Quétif et Echard, dans les Scriptores Ordinis Prœdicatorum, nous en ont conservé les dernières Ugnes. On devine s'il nous est agréable de les traduire :

" Voilà, dit le jeune auteur, ce que j'ai pu trouver à dire sur la virginité de samt Joseph et sur l'unique mariage de sainte Anne. J'ai voulu rendre

hommage à la dignité méconnue de la sainte femme sainte Anne, en combattant de toutes mes forces une opinion que le vulgaire entretient à tort, et si je ne l'ai pas fait selon la science, j'y ai du moins employé tout mon zèle, un zèle inspiré de Dieu. Qu'un esprit d'enfant ou de jeune homme soit bien pauvre et bien chétif, je l'ai reconnu déjà, et je ne puis pas me dissimuler mon ignorance. C'est pourquoi, si j'ai dit des choses qui ne sonnent pas très bien à l'oreille des sages, qu'ils daignent me pardonner par égard pour mon âge. Je suis en effet un misérable petit bout d'homme {miserabilis homvncidus), indigne de toute sjTiipathie, mais humblement soumis au Pontife romain, aux pieds duquel j'incline bas ma tête. — Fait au couvent de Lombay, de l'Ordre des Prêcheurs, de l'enfantement de la Vierge l'année 1585, de mon âge la dix neuvième finis.sant, ce dix-neuvième jour du mois de mai."

Avant l'ensoleillement plénier que devait être la vie littéraire de Malvenda, ce petit livre, .selon la pensée de Figuières, ne fut-il pas comme une délicieuse aurore'* ?

Resterait à lire les panégyriques de la Sainte, les sermons pour sa fête ou pour les fêtes de la sainte Vierge où les orateurs : saint Vincent Ferrier, le premier, Jean Nider, Léonard d'Utine, Abraham Bzovius, Guillaume Pépin, Copiienstein, de Lanuza et tant d'autres, ont célébré sa bienheureuse Mère ; des pages intéressantes pour notre sujet dans des ou\Tages moins spéciaux, tels que la Veritas religionis christianœ du cardinal Vincent-Louis Gotti, les Excrcitationes historicœ d'Hyacinthe Serry, les Litanies de la sainte Vierge de Justin Miechow, etc. Mais peut-être le lecteur est-il déjà suffisamment informé, pour ne pas dire édifié. Nous croirions cependant manquer de respect à l'illustre Saint que fut saint Vincent Ferrier, si nous nous bornions à écrire son nom, comme en passant, nom si cher encore de nos jours à tant de ses miraculés. Où prononça-t-il le sermon de Saricta Anna que nous possédons, et les trois autres qui pourraient porter le même titre, sur la Nativité de la sainte Vierge ? Nous ne disons pas : En quel pays, quelle ville, quelle église ? Les documents publiés par le R. P. Fages nous apprennent que ce fut en 1411, à Tolède, en 1412, à Barcelone, mais nous voudrions savoir si ce fut dans une église ou devant ces auditoires de plein air qui étaient habituellement les siens, parce qu'aucune cathédrale n'eût ]m les contenir ? Qui ne sait que, à son arrivée dans les villes ou villages, il fallait l'entourer d'un cercle de bois très fort pour empêcher la foule de l'étouffer, de l'écraser littéralement ? Alors, mettez une de ces multitudes toujours affamées de verbe saint, de verbe divin ; mettez un orateur incomparable doublé d'un saint à miracles, et jugez de l'effet que produit cette parole claironnante, simple, intelligible à tous, sincère, croyante, pieuse, vivante, la seule qu'il faudrait toujours parler : " Puisque la messe d'aujourd'hui, aussi bien que la fête, est de sainte Anne " — notez que c'est dit peu après l'an 1400 — " le sermon sera également de sainte Anne. . ." — " Sainte Anne a désiré longtemps, elle a espéré d'une espérance qui touchait à la certitude, elle a conservé pour Dieu le fruit de son sein." Puis vient toute la légende telle que nous la connaissons : la longue stérilité.

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les aumônes, les jeûnes, les prières, la promesse de consacrer à Dieu l'enfant qui naîtra, les apparitions de l'Ange : tout comme si ce grand esprit et ce grand cœur d'apôtre ne pouvait trouver rien à dire de plus touchant. Nous parlions d'éloquence : c'est là qu'elle est en effet, dans ce simple récit fait par la bouche d'un saint.

Mêmes hommages aux Parents de la Vierge dans les sermons de Nativitate : " Au commencement Dieu créa le ciel et la terre ; Anne est la terre, Joachini est le ciel." Comment? il l'explique : Terra nostra dédit fructum suum, "La terre a donné son fruit ; Anne nous a donné la Vierge, " et comme on écoute, les femmes surtout ! Anne est la terre, ensuite, parce que la femme, si vertueuse et sainte qu'elle soit, doit être soumise à son époux, qui, lui est le seigneur et maître dans sa maison. " — Puis il rappelle à tous ses auditeurs, hommes et femmes, leurs devoirs : la prière, le jeûne, l'aumône, la foi et l'espérance en Dieu, à l'imitation de Joachim et d'Anne, et ne pouvant finir sans une évocation de la douce Vierge Marie, il la montre sur terre gravissant les quinze degi-és du temple, au ciel montant au-dessus des six ordres des saints et des neuf chœurs des anges". " La leçon est claire.

Un détail ici est intéressant : " La cléricature et les divers bénéfices que posséda Vincent Ferrier, encore adolescent, ne font aucun doute, " écrit le P. Pages dans ses Notes et Documents, et il cite à ce sujet un vieux registre : Item visitavit (episcopus) altare sancte Anne dicte Ecclesie in quo est beneficiatus Vincentim Ferrarii. . . "Le 12 octobre 1365, l'évêque Vidal de Blanes visita, dans l'église de Saint-Thomas, à Valence, l'autel de Sainte-Anne dont Vincent Ferrier est bénéficiaire ^o. " A ce même autel, le Samt dut venir prier au moins quelquefois, quand l'occasion s'en présentait, et c'est encore un autre plaisir de penser que ses restes maintenant reposent dans la Bretagne de Sainte- Anne d'Auray, à Vannes, pas bien loin.

N'ajoutons plus qu'un mot. — Sans avoir poussé notre étude jusqu'à nos derniers temps, nous croyons cependant que la dévotion de nos Pères s'y est maintenue à l'égard de notre Sainte. Un Diario ou calendrier du couvent de Colorno près de Parme, pour l'année 1783, porte cette rubrique au 26 juillet : " Fête de sainte Anne. Avec la plus grande dévotion (con somma divozione) nous devons honorer cette grande Sainte ... La messe est à l'autel de la Sainte-Famille ... Le matin, à l'heure habituelle, récitation du très saint Rosahe, et alors commence la neuvaine de notre Père saint Dominique à son autel 21. "

On peut encore, dans l'Ordre, goûter ce rapprochement, et ce serait partager les goûts de cette petite sœur dont parle le R. P. Cormier, la sœur Jeanne de Serres, tertiaire dominicaine, qui ajoutait à ses pratiques quotidieimes un pèlerinage hebdomadaire, le samedi à Notre-Dame de la Garde, et d'autres annuels à la Sainte-Baume, à Saint-Maximim, à Apt, en l'honneur de sainte Anne, à Notre-Dame des Lumières près du berceau de son enfance ^.

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RÉFÉRENCES. NOTES, ADDITIONS

(1) Seraph. R:izzi, Vite de i »San/i e Beaii del Sacro ordiue de Predicatori cosi huomini aune donne, Florence 1577, et Palerrno IGOô. — Miechow, /. cil., t. vi, p. 130. — Ado sanclorum, t. LXi, p. 152 : " Quum anno 1759, die 25 augusti, inve.stiKarc cuit us puljlici B. Benvenutaî indicia pergeretur, allatœ sunt septeni pictiu iinafîincs a peritis recognoseenda», etc. . . ". — (2) Migne, Pair, lat., t. 185, col. 150-t, op. S. Bcrnardi. t. iv. — (3) Ripoll, Bnllarium Ord. Prced. (8 in-fol., Rome, 1729), t. viu, p. 453. — (4) Quétif et Echard, Scriptores 0. P., t. m, p. m, IX,. — (5) Wauters, Hist. des enrirons de Bruxelles, t. m, p. 350, ou notre volume précédent.

(6) Vol. précéd. p. 649. — (7) Dans de Wailly, Recueil des Hist. des Gaule», t. XXI, p. 744.

(8) Anglus, Eboraceusis patria et professiione sacrae theologiœ magister, eruditione ecclesiastica clarissimus, florebat quam maxime ad annum 1373. Is est quem alii Stobeum vel Stolbey corrupte nuncupant. Hsec ejus opéra : Chronica Pontificum Ecclesiœ Eboraccnsis . . . Officium complelum et missa de Noinine Jesu et aliud de Beata Anna. Quétif, Script. Ord. Prœd., i, 671.

(10) Acla cfipitulorum gen. Ordinis Prœd., m, 269, Martial .\uribelli étant Général.— (11) Copit. 0. P. ut .s»pro, iv, p. 95, 126, 158. — (12) Conf. sur ks lit. de la S. V., t. iv, 617 et 619. — (13) Chs. Cosnart, Hist. du Couv. deJi Fr-Pr. du Mans (in-8, Le Mans 1879), 27-200. — (14) MUlin (Aubin-Louis), An^iç. rj«/. ou Recueil de Monum. pour servir à l'Hist. gén. et part, de VEmpire fr., 5 in-8, Paris 1790, t. iv, p. 43.

(15) " Au bout de l'église, une chapelle qui a un enfoncement de quatre ou cinq pieds au-delà de l'épaisseur du mur, dans laquelle on a pratiqué une grande niche remplie de plusieurs figures. Celle du milieu représente l'enfant Jésus, dans un berceau, à côté duquel est la sainte Vierge habillée de pied en cap comme une jeune mariée, les cheveux nattés derrière la tête, couverts d'une dentelle d'or. Ses habits magnifiques .se changent selon la saison, et les temps de l'EglLse. Elle a un très beau chapelet à la ceinture. Sainte Anne, qui est de l'autre côté du berceau, est habillée comme une vieille Dame, d'ime grande robe de velours noir, avec des dentelles d'or. Elle est assise sur un carreau à la manière du pays, et tient son chapelet à la main. Saint Joseph est à côté de sainte Anne, vêtu à l'espagnole, les culottes, le pourpoint et le manteau de damas noir, avec la golille, le bas de soie et le soulier de maroquin noir, avec la rose de rubans de la même couleur, les cheveux partagés sur le côté de la tête et poudrés, les grandes lunettes sur le nez, le chapeau à forme plate sous le bras gauche, l'épée de longueur et le poignard, avec un très gros chapelet à la main droite. DeiLx autres saints habillés en évoques, la cros.se d'une main et le chapelet de l'autre." Voyages du P. Labat en Espagne et en Italie (8 in-12, Amsterdam 1731), t. i, p. 15.

(16) Mortier, Hist. des Mtres Gen.de VO. des F. P, t. iv, p. 26.S, d'après H. Styxa, Hist. Pror. Bohemiœ, ii, p. 32. — (17) I.,avigerie, S.-A. de Jéru.mhm. Revue Thomiste, 1893, p. 257 ; Fr. Ricordi, fJber Pérégrination is.

(18) Quétif et Echard. Scriptores ord. Prced., t. ii, p. 450 : " Vix ille pulxîrtatLs annos attigorat cum Bcatœ Annœ et Joachimi Monoqamiam, Josephique Beatœ Mariœ iJei genitricis sponsi Virginitaievt stylo prupugnandain susupit, spcciali in in id et cximio confccto opusculo, posteris, heu rerum vicissitudo I temporum mox

injuria subrepto, paucissimisque illius foliis et quaternionibus etiamnum servatis superstitibus, quibus et auctoiis intentum ejusque religio dilucide signatur et aîtas his verbis :

" Haec igitur sunt quœ pro Josephi virginitate, et pro Annœ unicis nuptiis mihi se offerunt diccnda : conati eniin sumus pro nostra virilitate (?) secundum zelum Dei, nescio an secundum scientiam, sanctissimce Annse matrona^ dignitatem extolere, et vulgi opiuionem quani diu plerique irabiberant, vehementer elidere. Exlilitatem ingenii mei puerilis, pauperiemque adolescentis prodidi, quare ignorantiam non excuso. Optaverini autem si quie dixerim sapientum auribus minus consona, ut iptati venia detur. Ego enim miserabilis homunculus, et vix ulla comraemoratione dignus, Romanis pedibus meum caput submittere debeo. — In conventu S. Crucis de Lombay ordinis Prtedicatorum, anno Virginia partus millesimo quingentesimo octuagesimo quinto, œtatis meae decimo nono déclinante, mensis maii decimo nono die."

Dans les Prolégomènes de Nicolas Figuières sur les Commentaria in S. Scripluram de Malvenda lui-même (tome i, in-fol. Lyon, 1650), on lit, § ii : Primus felicissimi ingenii auctoris partus fuitopusculumdeAfono(7a?nia Bealissimœ Annœ Dei Gen. Mat. deque Virginitate SS. Patriarcha; Joseph ejusdem SS. Virginis sponsi. In hujus operis calce sic auctor loquitor : Haec igitur sunt, etc. Et après la citation : Utinam opusculum hoc tibi, Lector, dare possemus, sed communis inimici invidia mutilum mansit ; solum enim tertium, quartum et sextum quaternionem, qui et ultimus est, assequi potuimus. Prœdictam subscriptionem transcripsi tibi ut in ea perspiceres vitse auctoris gratam aurorara ad illuminandum propensam, ac ejus in tam teneris annis maturitatem, fidem, ac in S.-R. Ecclesiam, velut innatam observatiam humilemque subjectionem.

Sébastien Michaelis (né vers 1543 à la Sainte-Baume, Provincial de la Province d'Occitanie en 1590) avait-il lu le "le petit livre" de Malvenda ? Nous regrettons en tout cas d'avoir, pour l'intégrité de l'histoire, à signaler de lui l'ouvrage suisuivant : Démotistrations évangéliques sur la vraie généalogie et histoire de sainte Anne et de ses trois filles les saintes Maries, où est prouvé que les saintes Maries sont vraies seurs de Notre-Dame. Lyon, Jean Philorc, 1592, in-4, 156 pages. " Paucos in suam sententiam traxit," affirment Quétif et Echard, t. ii, p. 411.

(19) Voir ci-après. — (20) Notes et documents de VHist. de S. Vincent Ferrier, Paris, 1905, p. 35. Pour le sermon de Tolède, p. 195, et celui de Barcelone, p. 244. (21) Diario di Colorno per l'anno 1783, in-18, Parme 1783, p. 363.— (22) Petite Année Dominicaine.

Bibliographie

xiiie s. Vincent de Beauvais, Spéculum historicum, 4 in-fol.. Douai 1624 ; proleg. c. 9 ; lib. VII, c. 64 ; lib. xxxi, c. 62. Nombreuses éditions.

Jacques de Voragine, Legenda Aurea, à la Nativité de la sainte Vierge, etc.

Bernard de la Guyonie, lieu cité.

xiiie- xive s. Pierre de la Palu, Petrus de Palude, d'abord professeur de théologie à Paris, puis patriarche de Jérusalem en 1330 (1277-1342). On lui attribue trois sermons sur sainte Anne. Ubi lateant ? Ils ne se trouvent pas dans les Sermones Thesauri nom, 2 pt. in-fol., Strasbourg, 1508.

Anonj'me dominicain du xive siècle. — Discipulus redivivus etc...opus ante

58 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)

treocntos annos a pio et docto sacerdotc Oïdinis Pra^dicatorum conscriptum. . . collectuni a fratre Bonaventura Elcrs, O. P., sul)priore Mcdlingano, 2 in-S, Augustin Viiidi'liconiin, 1728. — Tome i, p. 294 : Sernio v, De Coiiceptioiic S. Maria; Virginis. Légende de S. Joachim et de mainte Anne d'après le De Ortu Virçinis de S. Jérôme : l'offrande refusée, l'apparition de l'ange, la Porte dorée, etc.

Saint Vincent Ferrier (1847-1419), O. P. : Beati Vincentii. natione Hispani, professione saori Pra>dic:it()rum Ordinis, JSermonc!^ de Sandis, in-12, Antuerpia*, 1570. (Notes par le P. Damien Diaz, O. P.). Un autre volume, même éd., pour les dimanches et fêtes. — Festum et solennitas hodienia est illius bencdictœ et sascta; matris virginis Mariœ beatœ Annaî. Et sicut ofïicium miss» fit de ea, ita erit et sernio noster (p. 277). — B. Anna habuit fructimi suuni, scil. Virginem Mariam, lo Dcsidcrando longe ; 2o Sperando certe ; 3o Conservando digne (278).

— Sermo II de Nativ. B.M.V. : In prinripio Deus creavit cœlum et terram. . . Anna terra dicittur, & Joachim coelum. Ratio quia mulier qiiantumcumque sit sancta et virtuosa, débet esse subdita, et vir débet esse domiuus, et major in domo. Quia sicut terra non est nisi punctus respectu cœli a quo recipit influentiam, quia alias terra non fructificaret, ita uxor respectu viri a quo regitur ; etc. (363).

xve s. Sancti Antonini, Archiep. Florentini, O. P., Sumvia Theologica, 4 in-fol., Verona, 1740. — Parentes Maria; figurantur per cœlum et terram (t. iv, col. 929).

— Beata A. assimilatur terrse, quare et quomodo (930). Il répète ici tout ce qu'on lit dans les Evangiles apocryphes et les Pères Grecs. — Vertus de S. A. et S. Joachim (col. 942).

Jean de Nider, du couvent de Nuremberg (f 1438). Titre disparu. Après l'index du commencement : Incipiunt aurez sermones totius anni de temp{or)e et de Sanctis, etc., sacre pagine eximii p(ro)fessoris loannis Nider, etc., s. d. n. 1., ; vers 1470, d'après Rosenthal ; in-4 à 2 col., non paginé ; très rare, d'après Hain, no 11798. — 2e partie, Sei-mo III de Concept. B. V. M. ; Sermo xxix. In festo nativ. B. V. : Ita haec (Anna) per votum et repromissionem a Deo Genitricem affert ut in hoc a nullo illustrium vincatur, etc.

1474. Léonard d'Utine (1400-1470) : Leonardi (Matthaei) de Utino, Ord. Prsed., Sermones aurei de Sanctis, fort in-4 ; 1474. In festo Nativitatis gloriosae Virginis Mariae : Laetare Anna sterilis quae non paris. . . —

xve s. Legenda sanctissimœ matronœ Annœ. — Carmina quœdam inhonorem s.Annœ et s. Dominici. Manuscrit intéressant, sur papier, exécuté au xve siècle, probablement par un frère-prêcheur. 36 ff. in-4, Vélin. Cap. i. De parentela sanctae Anna; et parentibus eius. De générât ione et posteritate sororis eius Esmeriœ. etc. — F. 2.'5 : De digito sancta; Anna* de civitate Perusiensi ad Coloniam Agrippinam delato (cap. xvii). — F. 26 v. Carmen in laudem S.A. : Anna parens. . . — Fol. 32. Incipit roscum crinale secundum :

Anna, tu summi decus es Olympi Ac salus vera fragilis perenipti :

Orbis ha;c nostri capias rogata . . .

F. 35 r. : Epigramma ad sanctam Annam (10 vers) ; ad sanctum Dominicutn 18 vers). Prêté par la Librairie Ro.senthal. Manuscrit de la bibliothècjue Mazarine, 4315, Recueil de treize pièces imprimées et mss ; fin xve et début du xvie s. — Première pièce : Hisloria perpulchra de Anna aanctissima ; 41 feuillets existants ; caractères gothiques. Au frontispice, gravure : Jésus Maria Anna ; en haut. Dieu le père ; au milieu, la colombe. —

FRÈRES-PRÊCHEURS (STJPPL.) 59

Fol. I. Incipit prologus in primum librum de origine Sancte Anne : De paupertate mea te puisante, te inquiétante, mi pater Dominice (etsi adeo quia amicus es sed quia importunus es), de cubili surrexi et prsestiti utcumque quod ipse petLsti. Praîstiti certe non tibi ad votum sed quod michi ad manum venire potuit pro posse utique meo, non pro arbitratu tuo. Tu videris an satis justus exactor fueris quod pensare debueras non affectum erga me tuum sed meum caducum atque inane ingenium. . etc. — Suam auctor agnoscens insufficientiam .\nniE praesidium implorât. — xiv. De magna in nos Annae matris pietate et misericordia. — 22 vers : Anna parens, etc. — Liber secimdus de Annse et Mariae nuptiis. Ch. xxiv, De Annœ deliciis commorantis cum Domino Salvatore et quod ei Christus in morte astiterit et consolatus sit.

xvie s. 1510, — Clément Losow, des Frères-Prêcheurs d'Allemagne, Legeiida Sanctœ AJinœ, Nuremberg, 1510, in-8 (Quétif et Echard, t. ii, p. 23). 1543. Anonyme, Lectiones de certis Anni feslis, Antuerpiae 1543. 1588. Seraphinus Razzi, Vile de i Santi e Beati del sacro Ordine de Predicatori etc. Florentiae, 1588, in-4, et Traduction française, Paris, Adrien Taupinart, 1616, in-4. — Deux faits relatifs à sainte Anne et à des frères-prêcheurs.

1601. Ciaconii (Alfonsi), O. P., Vitœ et gesta Summorum Pontificuni. 2 in-fol., Romae, 1601 ; dans la Vie de Jésus-Christ, premier Pontife.

1613. Abrahami Bzovii, Ord. Prsed., Florida Mariana (panegyrici 24), Colonise Agrippinae, 1613, rn-8 carré, relié avec les Conciones quadragesimales etc. (mêmes lieu et date). Dans le Panegyr. m, In festo Nativ. SS. Virg., p. 45, une colonne sur les parents de la S. Vierge.

1617. Nicolaus Lorini del Monte, " vir elegantia et eloquentia clarus," Elogii délie piu principali santé Donne, Florentin, 1617, in-4 (373 pag.) — Quétif, ii, 406. 1630. R. P. F. Guillelmi Pepini, theologi parisiensis eximii, Ord. Pr., Conciones de Imitalione Sanctorum etc., in-8 carré, Cologne, 1630. Deux sermons de B. Arma, p. 315 et 320, imités de S. Vincent Ferrier, p. 421 : De Nativ. B. Virglnis.

1633. P. Andrese Coppensteinii Mandalensis (Ord. Pr.), Nucleus aureus Conceptuum prœdicabilium, in-8 carré, Colonise (s.d.) ; imprimatur de 1633. — Fol. 476-479, 6 colonnes de texte très fin, sous le titre : In festo S. Annœ Matris B. V. Mariœ. Dignité de S. Anne. — Pars ii. Annam monogamam fuisse, ac uniparam : cite d'abord les contradicteurs et prouve ensuite sa thèse.

1653. — H. B. de Lanuza, episcopi Barbastrensis et Albarrazani, O. P., Me dulla cedri Libani, sive Concepius prœdicabiles super Dominicas. . .et t. ii, Supe. Festa, 2 in-8 carré, Antuerpiae, 1653. — Concio en : In festo S. Annae Matri- Virginis Mariae (p. 348 à 356) ; texte : Pro puero isto oravi et dédit mih^ Dominus petitionem meam. i Reg.i.

1667. Prieur du Couvent de Pleissen, en Bohême, Fr. Raphaelis Delaminetz, O.-P., Prior Conv. PUsnensis in Bohemia, Paradisus Concionotorum tetralogiœ mysticŒ ; 4 tomes reUés en un énorme in-8 carré ; Aschaffenburgi, 1667. Le 2e titre porte : Sermones. . .quos decantavit lingua et calamo Fr. Raph., etc. — Quatre sermons sur S. Anne — de p. 197 à 208 inclus, de la deuxième pagination. III .Verumtamen tametsi S. Anna non nisi unicam mundo filiam produxit, & tamen filia centenis et millenis, infinitisque aliis filiis et filiabus longe praevaluit (p. 205).

Le Père Martineau (1640-1720), Belles pages sur l'épreuve de la stérilité ; dans sermon pubhé par Houdry, Bihl. des Prédic, Paris, 1868, t. xiv, p. 615-16.

00 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)

1678. R. P. Piat Heylinck, O. P., Sermons sur les Grandeurs de la Mère de Dieu ( " pour le Soulagement des Prédicateurs " ), in-12, Douay, 1678. — Marie est un trésor que sainte Anne a découvert au monde. Exorde : Sainte Anne est appelée Terre, Vigne, Olive, Forest, Montaigne, Paradis, Thresorie, Thresor. Elle est appelée Terre, d'autant qu'elle a produit ce très noble Rosier d'où est née cette Rose très odoriférante du Verbe Incarné, dit S. Vincent I errier ... ; Vigne, d'autant que d'iccllc comme d'une vigne est sortie cette grappe, qui enyvre dans le ciel tous les Hieuheureux. . . Serra, ii, pour le jour de la Naiss. de la V. (p. 110).

1698. Caroli Pétri, O. P., S. T. L. et Jubilarii, Conciones thomisHcœ, 2 in-12, Cologne, 1698. — T. i, p. 225 : Multœ filia? congregaverunt etc. Sujet : Sanctam Annam, Deiparam paricndo, omnes veteris testament if eminassanctitatcvicisse. . .

xviiie s. 1726 : Pétri Pauli Corsi (Messanensis), Ord. Praîd., Encomia inter Sanctas sanclissimœ Annœ, Dei genilricis Mariœ mairis, in-8, Messine, 1726.

1736. Vincent ium-Ludovicum Gotti, Ord. Pr., S. Rom. Eccl. Gard., Veritas Religionis Chri.'itinnœ, et librorum quibus innititur . . . demonMrata per — , 2 in-fol., Venise, 1750. Edition antérieure. Tome i, c. m, p. 279 : B. Mari» parentes ; y soutient la monogamie, et revient plus loin sur le sujet, p. 569.

1743. Conradus Prigelius, S. O.P., S. Theol. Mag., CentifoUum vemans flore, et fragrnns odore Rosœ mysticœ (seu centimi Sermones de Mariano Rosario), Augusta; Vindelicorum, in-8 carré, 1743. — Un sermon sur sainte Anne, p. 367, o\\ il lui consacre l'exorde, en citant Trithème : Un client du Rosaire malade, à qui la S. Vierge apparaît et recommande d'ajouter après chaque dizaine un Pater et un Ave en l'honneur de S. Anne (Trith., C. 3 de Laudihus S. Annœ).

1746. Cano (Melchior), Opéra, gr. in-8 carré, Bassani, 1746. Gf. De Locis, lib. XI, c. 5.

1761. Graveson (Amat de), O. P., De Vita, mysteriis et annis Jesu Chriati, préambule à son Hisloria ecclesiastica, 7 in-4, Venetiis, 1761.

1770. Serry (Hyacinthi), O. P., Opéra omnia, 6 in-fol., Lugduni, 1770. Au t. m : Exercitationcs historicœ, criticœ, polemicœ de Christo ejusque Virgine Maire — habitœ in Academia Palainna. Voir Exercit., xviii, p. 61 sq.

Poésie liturgique

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