A Lymster, à Kingston, A York, à Donnington
A Redding, à l'Enfant de grâce ; A Windsor, à Waltham, A Ely, à Caultam
Pieds nus, jambes nues, à grand pas ; A Pomfret, à Willesden, A Sainte-Anne de Buxton, Au mont Saint-Michel aussi, etc . . .
Telle était notre naïveté.
Telle était notre impureté De faire appel aux créatures en
[pleurant.
Et de nous créer à notre gré Pour toute espèce de maladie.
Un dieu-médecin particuUer.
134 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)
To seek idols out 3. Nous courions alors ici et là
Wandering far and near ; En quête d'idoles,
Thinking the power Qu'eUes fussent près où loin,
Of our blessed Saviour Et nous pensions que la puissance
In other places more than hère. De notre béni Sauveur
And now some may run, . Etait plus grande en tel lieu qu'ici.
And when they hâve done, Maintenant ceux qui le veulent
The idols they shall not find ; [peuvent courir,
For the Rood of grâce Mais quand ils auront couru,
Hath lost his place . . . Idoles ne trouveront pas,
Etc Eté Parce que le Crucifix de Grâce
A perdu sa place . . . , etc. etc.
Sainte Anne aussi évidemment.
Au sujet de cette Sainte-Anne de Buxton, voici un bel échantillon de style, de sauvagerie et de servilité, sans parler de la platitude. C'est une lettre de Sir William Bassett à Cromwell, traduction littérale :
" Mon vraiment honorable et spécialement bon Seigneur, selon mon devoir prescrit et la teneure des lettres de votre Seigneurie à moi récemment adressées, j'ai envoyé à votre Seigneurie par ce porteur, mon frère, Francis Bassett, les statues de sainte Anne de Buxton et de sainte Modwena de Burton-sur- Trent, lesquelles statues j'ai enlevées de la place qu'elles occupaient et apportées dans ma propre maison moins de 48 heures après la contemplation des dites lettres de votre Seigneurie, et cela d'aussi sage manière que ma petite et fruste intelligence a pu m'y aider. Et afin d'empêcher dorénavant en ces lieux toute idolâtrie et superstition, je n'ai pas seulement démoli les tabernacles et autels où elles se tenaient, mais enlevé les béquilles, bandages. . . objets de cire, toutes choses qui trompent le peuple ignorant et l'incitent à faire des offrandes semblables ; donnant en même temps aux gardiens de ces lieux admonition et ordre de ne permettre aucune offrande de ce genre jusqu'à ce que le bon plaisir du roi et de votre Seigneurie soit connu à cet égard. Mon Seigneur, j'ai aussi fermé et scellé les puits de Buxton de sorte que personne ne pourra s'y laver, jusqu'à ce que le bon plaisir de votre Seigneurie soit connu, priant votre bonne Seigneurie de me le faire connaître quand il lui plaira, et l'assurant que je ne manquerai pas d'exécuter l'ordre de votre Seigneurie jusqu'à l'extrême limite de mon petit esprit et petit pouvoir. Et mon Seigneur, pour ce qui concerne l'opinion du peuple et la sotte confiance qu'il met en ces images, en dépit de la vanité de pareilles choses, ce porteur mon frère pourra vous en raconter beaucoup plus long que je ne pourrais vous en écrire, car il était avec moi toujours et partout pendant que j'étais à l'œuvre, comme le sait bien Jésus, qui veuille toujours tenir votre bonne Seigneurie en sa sainte garde.
" Ecrit à Langley, avec la rude et simple main de votre assuré et fidèle orateur, maintenant comme toujours à vos ordres presqu'autant qu'à ceux du roi, jusqu'à la dernière limite de mon petit pouvoir.
" William Bassett, chevalier*. "
Un petit pouvoir " suffisait à briser une statue mais non " la sotte confiance" des fidèles. Thomas Morus n'aura pas écrit pour rien son Dialogue sur les imagée^ et, à l'exemple de Marie Stuart qui visita souvent ces lieux pendant qu'elle était sous la garde du comte de Shrewsbury, des pèlerins monteront, en cachette s'il le faut, au Saint- Aime's Well (1,000 pieds au-dessus du niveau de la mer), puis comme aujourd'hui, ouvertement, pouvant ensuite se reposer, s'ils le désirent, à V Hôtel Saint-Anne in the Crescent.
Une autre source miraculeuse était et reste encore le Saint-Anne's Well de Great Malvern, à quelque distance du célèbre Prieuré de ce nom, im monastère dont l'église a été conservée (xi^ siècle), si tout le reste, sauf la porte d'entrée, a disparu. Ici, pour essayer de se traduire, la reconnaissance a parfois demandé à la poésie son rythme harmonieux :
Hail ! thou whose every act bespeaks A heart human and kind . . .
"Je te salue, ô toi qui fais preuve toujours d'un cœur si tendre, d'un cœur
humain, et dont l'amour, avec un secret plaisir, procure le bonheur à l'humanité.
" Ici le malheureux qu'une souffrance obstinée faisait depuis longtemps
gémir, est soudain délivré de sa peine, et n'a plus de crainte pour l'avenir. . .
" Ici l'infortuné, soudain ramené de la nuit noire, ouvre ses yeux à la lumière
joyeuse et sourit à l'aurore qui vit un jour s'éteindre son regard attristé . . .
"Ici encore, nous, les bardes qui venons boire à cette fontaine, nous sentons que l'eau sainte de Malvern peut à la fois inspirer et guérir ..."
Cette pièce, beaucoup plus longue, est datée de Worcester, mai 1755, et une autre de 1801 débute par ces jolies strophes :
I woo thee, Hope ! sweet child of Heaven,
And press thee fondly to my breast ; For, ah ! to thee the power is given To soothe e'en misery to rest.
" Je te salue. Espérance, douce enfant du ciel, et te presse tendrement sur
mon cœur, car à toi fut donné le pouvoir de changer en repos toute souffrance.
"Oh ! puisses-tu ne jamais déserter mon âme trop longtemps victime
d'un sombre désespoir ; trompe-moi plutôt par d'illusoires promesses, et
à force de sourires, chasse au loin ma douleur^.."
Saint- Anne-in-the-Wood, près de Bristol, paraît avoir été un autre sanctuaire de pèlerinage, et nous voyons avec plaisir un roi d'Angleterre venir y faire un jour ses dévotions. Les détails nous manquent, mais trois hgnes d'un vieux chroniqueur nous en disent assez long déjà. Le roi s'appelait Henri VII, et c'était en 1486. Cette année-là, il vint visiter Bristol et logea à l'abbaye de Saint- Augustin, où l'abbé et ses moines l'avaient reçu avec la procession et les hommages accoutumés. Et "le matin suivant, quand le roi eut dîné, il se mit en route pour un pèlerinage à Sainte-Anne dans le bois''." Peu de temps auparavant, ce vaillant chef de la famille des Tudors avait terminé par une victoire décisive la guerre des Deux-Roses, et l'on peut penser qu'il venait maintenant en remercier la bonne Sainte. Sa mère, lady
136 LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDEiNT (il)
Margaret, avait fondé naguère dans l'aumônerie de Westminster, tout près de l'ancienne chapelle Sainte-Anne, un asile pour les femmes pauvres*, et l'histoire rapporte encore d'autres
Ums exemples donnée par les grands.
Ainsi, la Chartreuse de Sainte-Anne, à Coventry, avait eu pour fondateur en 1385, Richard II, qui, de plus, l'avait dotée royalement, " à condition qu'elle y entretînt douze écoliers pauvres dix années durant, c'est-à-dire de l'âge de sept à dix-sept ans, lesquels prieraient pour le bien du dit roi et de son épouse pendant leur vie, et pour la santé {the health) de leurs âmes après leur mort. " Ce monastère semble avoir joui des faveurs spéciales de la Sainte. Un historien observe, non sans ironie, que ses religieux fortunés obtinrent des pensions au lieu du martyre ; " un autre qu'il fut un des premiers rétabli après la suppression, et ne fut taxé qu'à 20 louis sterling, tandis que d'autres, également restaurés, payaient cependant à l'Etat des rentes énormes'.
Nous lisons dans une pièce non signée ni datée, mais dont la teneure, la facture et le style ont de grandes analogies avec une autre qui porte le nom du même Richard II (1366-1400) : " En signe de spéciale bienveillance, nous accordons à Richard de Scrope un acre de terre avec ses appartenances à prendre dans le village de Wenslaw et à partager entre autant de pauvres qu'il plaira au dit Richard d'y faire habiter, le chargeant aussi de trouver un chapelain pour la chapelle Sainte-Anne de Bolton et un autre pour la chapelle Saint-Oswald, lesquels devront y célébrer la messe tous les jours à perpétuité, suivant une ordonnance que le dit Richard fera à ce sujet'". "
Dans la neuvième année de son règne, c'est-à-dire en 1430, Henri VI accorda des lettres patentes autorisant l'érection dans l'égUse de Saint-Ouen (Saint- Audoen) à Dublin, d'une confrérie (Chantry) en l'honneur de sainte Anne (the chapel to be called St Ann's chapel, and its founders and their successors to be styled the Guild or Fraterniy of St Ann), la chapelle devant s'appeler " Chapelle de Sain te- Anne ", et ses fondateurs et leurs succasst^eurs devant se nommer : la Gilde ou la Fraternité de Sainte-Anne.
Jehan de Wavrin, Seigneur du Forestel, nous raconte dans ses Anchiennes cronicques d'Engleterre^\ avec tout le développement que le sujet comporte, le vœu très touchant d'un autre souverain d'Angleterre, Edouard IV. C'était en 147S. Le roi avait à faire justice d'un soulèvement du comte de Warwick, et il s'aprêtait à régler le différend par la force des armes. " Or, dit l'aimable
chroniqueur dans sou vieux et pittoresque langage, le roy et son ost
vinrent à une ville appelée daventry, où, le dimence, le roy en grant dévotion oy le divin service, car il estoit le jour de Pasques flories, en la grande Eglise, où Dieu et sainte Anne monstrercnt ung beau miracle, signifiant bon prodige et heureuse adventurc qui dcbvoit advenir par la main de Dieu au dit roy, en la médiation de ceste bcnoitte matronne sainte Anne. " Vray est que quant le roy Edouard estoit hors de son royaulmc, en grant