‹ Le Culte de sainte Anne en OccidentChapitre 94 sur 294 · HONGRIE · texte numérisé non relu

HONGRIE

Les Franciscains du pays semblent avoir contribué à propager cette dévotion. L'un d'eux, trop modeste pour s'appeler autrement qu'un " certain frère hongrois, des Mineurs de l'observance," nous offre deux panégyriques de Sancta Anna parmi les Sermones de Sanctis penUiles publiés à Haguenau en 1499. Le premier a pour texte : " La femme craignant Dieu sera louée, " et après l'éloge de cette vertu chez la Sainte, vient celui de sa dignité, de ses vertus, de son " affection " pour nous. Le second a trait, d'un côté, à notre complète indigence, et de l'autre à la toute-puissante intercession de la Samte {qmnimodam snfficientiam) ». — Un autre, Pelbart de Temesvar, imprime trois sermons, et de plus, dans son Stellorium coronœ benedidœ Mariœ Virginis, il raconte pieusement la Légende des parents de la Vierge (1501)'".

Peut-être pourrions-nous associer au zèle des Franciscains celui des Dominicams, s'il était prouvé que Michel de HongTie appartenait à ce dernier ordre. En tout cas ce pieux personnage est un type remarquable de l'ancienne prédication en douze ou quinze points. Pour lui sainte Anne est un grand arbre planté au miheu de la terre : Ecce arhcrr in medio terrœ ( Daniel, iv). Ses douze rameaux, pour traduire littéralement, sont : l'aimable préélection, la notable préfiguration, la glorieuse nominalion, l'excellente nobilisation, l'opulente fructification, l'angélique Visitation, l'irrépréhensible conveisation, etc. Le second panégyrique disserte savamment du silence de l'Evangile à l'égard de la Sainte, — et par exemple : Ut ait Philosophm primo Physicm'um et octavo Topicorum : peccatum est fieri per plura quœ fieri possunt per pauciora ; comme dit le Philosophe dans les Physiques et les Topiques : " Où le moins suflflt, c'est un péché d'employer le plus ." Et c'est pourquoi, la sainteté de la Vierge présupposant la sainteté de ses parents. Dieu n'a pas voulu permettre aux évangélistes de décrire la vie de sainte Anne. — Ce n'est pas le seul argument de ce genre.

Le tout est digne de ce traité de l'art oratoire ( Modus prœdicandi ) par où débute le volume, et qui lui-même se termine par une lettre de Notre- Seigneur adressée à tous les prédicateurs, laquelle lettre est "datée du Paradis terrestre, le sixième jour de la création du monde, du pontificat de ce même Jésus-Christ l'an éternel, et scellée de son sang le Vendredi saint sur le mont Calvaire, l'an de la création 5233 ". "

Il est ATai que " c'est l'esprit qui vivifie " , et peut-être tout l'esprit, tout le cœur de la Hongrie est-il dans ces deux prières qui terimnent l'ouvrage :

O Radix viva, mirse pietatis oliva, De qua cunctorum processit origo

bonorum.

Tu nos, Anna pia, benedic cum proie

Maria.

lUic tu nostri sic memor este Ut tuo possimus sociari coUegio.

y. Ora pro nobis, beata mater Anna.

I^. Ut digni efficiamur promissionibus

Christi.

Alia Oratio.

O felix Anna, matrona nobilis, Quae in cœlis régnas cum angelis.

Oremus.

Deus qui beatam Annam diu sterilem proie gloriosa et humano generi

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tam salutifera fecundari voluisti, con- praesentia in hora mortis gaudere cède propitius, ut qui ob amorem mereamur... filiœ matrem veneramur, utriusque

La Moravie voisine nous rappelle le vieux couvent de Dominicaines érigé à Briinn en 1503, et un autre couvent de Sœurs Augustines dont une bulle de Paul II, du 5 juillet 1468, fait mention". Rappelons que dès le xiv^ siècle, Olmutz faisait la fête de la Sainte.

Pour la Bohême, nous nous souvenons de l'éloge qu'un anonyme franciscain de 1497 faisait de Procope, pieux et très docte archevêque de Prague, qui " recommandait très fort de vénérer sainte Anne et de célébrer sa fête " (qui vaîde prœdicavit sanctayn Annam venerandam atque ejus festum celebrandum) . Prédication efficace puisque, au témoignage des BoUandistes, un Père Cruger, de leur compagnie, énumérait plus tard dans un de ses ou\Tages des églises dédiées à la Sainte en maints endroits du pays. Cet ouvrage étant demeuré pour nous introuvable, à peine par nous-même pouvons-nous signaler un autel, celui de la cathédrale Saint- Vitus, à Prague, une statue sur le Pont de Charles dans la même ville, le fameux Carlsbriicke ou Kœnigsbrtick dont la construction a duré cent quarante-cinq ans, de 1358 à 1503 ; un village placé sur les confins de la Bohême et de la Bavière ; un autre à quelque distance de Carlsbad, nommé Joachimsthal, village situé à 733 mètres dans une profonde vallée que dominent de hautes montagnes. Sa Dechantei Kirche, dédiée à saint Joachim et dont l'intérieur peut contenir 8,000 fidèles a été bâtie de 1530 à 1544. On y remarque un tableau de maître-autel de Lucas Cranach, et trois autres d'Albert Durer ".

Seulement nous possédons et recommandons de nouveau la belle poésie que nous ont laissée les liturgies de Prague, Tepla, Goldenkron en souvenir du XI ve siècle : hymnes, séquences, oflfices des missels ou bréviaires de Prague en particulier, offices de 150 à 200 vers très harmonieux, hymnes et séquences où la piété s'exprime avec une égale douceur de rythme. Il faudrait tout citer . . . IjC Père Cruger avait intitulé son livre : Les poiissières de Bohême. Voici au moins de la poussière d'or.

Suisse.

Encore ici des villages, des églises, des chapelles, des hjinnes liturgiques, témoignages de la dévotion d'antan. Des villages nous en connai.ssons trois : l'un près d'Appenzel, un autre entre Gronten et Kronbach, le troisième entre Binn et Aamen.

Des églises à Zurich (service anglican), t\ Zignan ; ii Unterschœden ; sur les bords du Schœchenbach près d'Altorf ; aussi entre Gressoney-la-Trinité et le col de la Betta Furca. Une autre plus célèbre se rencontre si une demi-

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heure de Trons au pays des Grisons. C'est là que fut fondée la Ligue grise, ou Liigiie supérieure au mois de mars 1424. L'alliance, renouvelée tous les dix ans, le fut pour la dernière fois en 1778. En souvenir de ce jour, on éleva une chapelle en l'honneur de sainte Anne. Le portique est orné de quatre colonnes, et la voûte, peinte à fresques, porte des sentences bibUques en latin. L'inscription suivante se lit sur la façade :

In libertatem vocati estis Ubi Spiritus Domini, ibi libertas In te speravenmt patres Speraverunt et liberasti eos

Schulting constate dans sa Bibliotheca ecclesiastica ( t. ii, p. 2 ) que " le culte de la Sainte était en grand honneiu- autrefois à Lucerne et à Saint- Gall." Il aurait pu nommer aussi Zurich et Lausanne pour les souvenirs liturgiques qu'ils nous ont laissés ; Fribourg pour la confrérie qu'elle possédait en 1508 et peut-être déjà depuis longtemps ; Rohrsbach pour le château Sainte- Amie fondé en 1440 dans son voisinage ; même le glacier Sainte- Anne entre Andermath et Hospenthal.

Nous citions plus haut d'un orational de Lehnin, une prière de grande piété, de grande beauté, et une autre d'un manuscrit de Saint-Gai mériterait bien aussi une place à part. Donnons-en du moins une strophe :

O Anna dulcissima !

O felix matrona !

O conjunx beatissima,

Conjugii corona !

Per tuum nam conjugium

Quod est sanctificatum, Es miseris refugium

A superis allatum ^^.

RÉFÉRENCES, NOTES, ADDITIONS

Hollande.

(1) Jean d'Ardenne, Chiide descriptif illustré de la côte de Flandre (in-12, Bruxelles, 1888), p. 356.

(2). Opéra et studio T. S. F. etc., Batavia sacra, sive res gestœ apostoUcorum virorum qui fidem Batavia primi intulerunt (in-fol., Bruxelles, 1714),2e partie pages 232, 217, 225, 180, 237, 261, 290, 364, 372. — (3) Aflatem van dye broederscap van onser Vrouwen ghilt ende van S. Anna. Ter Goude, tôt de Collatie brœders (frères conférenciers), s. date (1496 ou 1497); 8 feuillets in-8, caractère gothique. — (4) PoUus, SS. Joachim et Anna, p. 180 ; Mercator et Schrader. —

LE CULTE DE SAINTE ANNE EN OCCIDENT (il)

(5) Anonyme, i/e^Sf^m/oA'rarwye, Amsterdam, S. d. (1720 ?), 9Hpar7î^<2centim 32 pages. Série d'invocations.

Erasme : Rythmus iambicus in laudem Annœ aviœ Jesu Christi :

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