‹ Le culte des ancêtres dans l'antiquité HébraïqueChapitre 13 sur 46 · A. — CARACTERE RELIGIEUX DE LA FAMILLE · texte numérisé non relu

A. — CARACTERE RELIGIEUX DE LA FAMILLE

C'est un fait remarquable que dans le yahvisme, religion nationale, la famille formât un groupe cultuel, dont le père était le chef.

Elkana, lorsqu'il allait chaque année à Silo, emmenait ses femmes, ses fils et ses filles et partageait avec elles le repas du sacrifice (1). Le législateur deutéronomiste définit -ainsi le groupe qui venait « manger devant Yahvéh » : « toi, ton fils, ta fille, ton esclave et ta servante », ou « toi et ta maison » ; il recommande seulement d'y adjoindre « le lévite qui sera dans tes portes » (2). Le repas pascal se célébrait dans la maison et par famille. Il est vrai que ces détails sur le rite de la Pâque ne se trouvent que dans le plus récent des codes israélites, dans le document sacerdotal post- «xilique. Mais étant donnée la tendance des législateurs de cette époque à accentuer le caractère public et national •du culte Israélite, étant donné, d'autre part, l'archaïsme indé-

(1) 1 Sam. 1, 1-9.

(2) Deut. 12, 18 ; cf. 12, 12 ; 14, 26 ; 15, 20; 16, 11. 14 ; etc..

niable du rituel de la Pâque, il est évident que ce n'est pas après l'exil seulement que ce repas est devenu « une sorte de sacrifice de famille » (1).

Il y avait peut-être un sanctuaire de Yahvéh dans chaque demeure (2). Et c'est de même sur le toit des maisons particulières que les Judéens assyrophiles brûlaient des offrandes et versaient des libations à l'armée des cieux (3).

11 est vrai que, aussi haut que nos documents nous permettent de remonter, c'est Yahvéh qui est le dieu de ce groupe cultuel que formait la bayit (maison, famille) israélite (4). Mais ce n'est qu'à une époque relativement récente et sous l'action de la grande personnalité historique de ]Moïse que le culte de Yahvéh s'est imposé à toutes les peuplades israélites. Et ce n'est évidemment pas une religion natio^ nale comme le yahvisme qui a la première élevé la famille au rang d'institution cultuelle. La famille devait déjà auparavant être l'un des cadres traditionnels du culte.

Le plus naturel est de penser que c'est la religion des ancêtres qui lui avait conféré cette dignité.

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