OBSERVATIONS PRELIMINAIRES
Chez un très grand nombre de peuples, le culte des morts se présente sous la forme spéciale du culte des ancêtres.
Persuadés comme ils le sont que la condition des morts n'est que la « continuation » du genre d'existence des vivants, les hommes au stade animiste étaient naturellement amenés à faire, dans le culte qu'ils rendaient aux défunts, une place à part aux esprits de ceux qui, de leur vivant, étaient chefs de leur tribu, de leur clan, de leur famille. « Les principes sur lesquels repose ce culte, écrit Tylor, ne sont pas difficiles à définir, car ils ne font que continuer les relations sociales qui existaient dans le monde des vivants. Le parent trépassé, transformé en divinité, continue de protéger sa propre famille et celle-ci l'honore et le révère comme elle le faisait anciennement ; le chef trépassé veille encore au bien-être de sa tribu, il exerce encore son autorité, il aide ses amis, harasse ses ennemis, récompense le bien et punit le mal. » (1)
Si naturel que semble ce raisonnement, il convient cependant d'observer que le culte des ancêtres ne doit pas être une forme tout à fait primitive et presque nécessaire du culte des morts. L'étude des rites funéraires, en eftet, nous
(1) Civil. Prini., II, p. 147. 148.