‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 113 sur 249 · P. 302 : « ex libro... Ultani episcopi · texte numérisé non relu

P. 302 : « ex libro... Ultani episcopi

2. P. 269 : « mulli conati sunl ordinare narralionem istam... sed propler difficilimum narrationis opus diucrsasque opiniones et plurimorum plurimas suspicione, nunquam ad unura certumqiie historiae tramiteni peruenierunt »... « pauca haîc de multis sancti Patricii gestis parua perilia, incertis aucloribus », etc.. « carptim grauatinique cxplicare aggrediar ».

3. Opéra cit. et Sources of Ihe earhj Patrician docurnenls dans Engl. Hist. Rev., Juillet 1904.

4. Cf. Muirchu p. 295 : « miracula tanla qua; alibi scripta sunt ». M. Bury est parvenu à reconstituer une partie du contenu du Liber Ultani. Il y entrait diverses légend es disparates, et, comme sources, les Dicta Patricii.

0. Chez Muirchu deux passages, la prophétie des druides sur Patrick et l'histoire de Maccuil, ont eu une source poétique (p. 274 et p. 2S6). Chez Tirechân dans la légende des princesses converties et mortes immédiatement le texte traduit une poésie irlandaise.

doinnachi sont un exemple de ce g^enre de recueil'. Tout le second livre de Tirechân lui-même n'est qu'un recueil de cette sorte, dont les éléments sont mis en ordre tant bien que mal pour former un itinéraire.

De toute cette littérature on ne possède que la traduction latine d'un fragment relatif à la captivité de saint Patrick. M. liury l'a signalé^ dans deux Vies du recueil de Colgan, moine franciscain du xvii" siècle, qui a publié deux volumes de Vies de saints irlandais.

Les SOURCES des hagiographes. — 1. Sources directes. — La part des sources directes est presque nulle dans la composition de tous ces actes et Vies. Sans doute Tirechân a connu les Dicta Patricii^, et la Confession*. Muirchu ou, ce qui est plus probable, un de ses auteurs; utilisa les deux écrits du saint". Il connaissait l'Hymne

1. Le copiste a commencé par les traduire, mais s'en est lassé, non à cause des difficultés du latin, assure-t-il, mais parce que la profusion des noms propres rendrait le texte obscur malgré tout. Cf. plus loin.

2. Vitœ II et /K». Bury dans Hermathena, i902, p. 185 ss. et Life of saint Patrick, p. 268 s.

i. Tirechân, p. 302 : cf. p. 43 et n. 44. — La citation est suivie des mots n ut ipso dixit in commemoratione laborum ». On a supposé que saint Patrick avait laissé un écrit autobiographique. M. Bury, Tirechàn's Memoir, loc. cit., et Life of saint Patrick, p. 230, a démontré le manque de fond de cette hypothèse. Il croit que Tirechân en écrivant : « utipse dixit ». ne pensait qu'au Dictum Patricii, qu'il a trouvé — la certitude est absolue sur ce point — dans le Liber L'itani. Les mots « in commemoratione laborum « désignent ce recueil d'actes. Nous nous rangeons entièrement à celte opinion. Cf. Gwynn, cité dans Bury, op. cit., p. 229 s.

4. P. 310 : « et expendit Patricius etiam pretium xu animarum hominum... ut in scriplione sua adfirmat ». cf. p. 308 : « et haptUzauil lot milia hominum in die illa » et Confession : a tôt milia liominutn... in Domine ego baptizaui ». — Conf. p. 361, 1. 31 s. : « audiui... ecce nauis tua parala est », et Tirechân : a dixit (angelus), ecce nauis tua parala est, surge et ambula », p. 330, 1. 19.

5. Muirchu, livre premier et dans le livre II le chapitre : « de conflicta Patricii aduersum Coirthech regem Aloo » (titre dans A, liste des chapitres), Muirchu B, p. 577. Cf. Bury, op. cil.

de Secundinus'. On trouve enfin dans son livre la trace d'un document perdu depuis et qui concernait le séjour de saint Patrick h Auxerre^

Mais ces documents sont bien pauvres en détails biographiques, et encore faut-il les interpiélcr. Aussi nos hagiographes n'en tirèrent que quelques données chronologiques et des faits isolés dont ils jalonnèrent leur récit, en les déformant d'ailleurs '.

D'autre part l'époque de la vie du saint qui intéressait le plus les hagiographes était celle de l'apostolat. Or, les sources que nous venons d'énumérer se rapportent presque entièrement à l'enfance et à la préparation ecclésiastique de saint Patrick.

Sources des hagiographes. — II. La tradition orale. — Ce fut dans la tradition orale que les hagiographes trouvèrent la trame et le fond de leurs récits.

Ainsi que l'a remarqué déjà M. Benjamin Robert *, Tirechân présente un exemple typique de leur méthode d'information.

1. p. 296 : « quicumque hymnum qui de te (se. de Patricio) compositus est... cantauerit. » Cf. Muirchu, p. 293 : (chapitre « de deligentia oratiODis », J. 1) et Hymne de Secundinus : « Ymnum et Apocalipsem »... (strophe Y).

2. Cf. chapitre précédent, p. 44 s. Sur la tradition de Muirchu qui concerne Palladius, p, 38, note.

3. Muirchu assigne aux études ecclésiastiques de saint Patrick la durée de trente ou quarante ans (p. 272), Tirechân celle de trente ans à son séjour à Lérins (p. 302). Ces chiffres proviennent d'une interprétation erronée de la Confession, où il est dit qu'une trentaine d'années se passèrent entre le moment où saint Patrick confessa sa fauteel celui où on la lui reprocha. Les mots « antequam eram diaconus » et « contra laboriosum episcopatum meum » ont induit les hagiographes en erreur.

4. Op. cit., p. 48 : la Vie de Tirechân « se compose de notes prises par l'auteur dans différentes biographies aussi bien que dans les traditions orales »... ; elle « nous montre le procédé des auteurs de l'époque ».

Une grande parlie de ses renseignements lui vient « ex ore » de l'évoque Ullan '. Il complète ainsi ce qui manquait dans le livre du môme personnage. Dans son second livre Tirechân recueille des traditions de tribus et de familles, qui certainement n'ont jamais été rédigées par écrit, des contes locaux attachés à des rivières, des pierres, des tumulus. Il note ce qu'on lui raconte à propos des reliques dans les églises où il passée On trouve dans sa Vie des légendes imaginées pour expliquer des proverbes \ Il se renseigne auprès des vieilles gens *. Il a beaucoup voyagé et il rapporte scrupuleusement tout ce qu'il a appris.

Muirchu ne procède pas au même degré que Tirechân de la tradition orale. Il invoque pourtant aussi une fois le témoignage des vieillards. Mais les textes qu'il avait à sa disposition avaient été composés suivant la méthode de Tirechân. Ses « auteurs » écrivaient ce qu'ils avaient appris par les récits de leurs anciens '.

On pourrait s'attendre à ce que l'œuvre ainsi produite fût disparate. La personnalité légendaire de saint Patrick, construite d'éléments pris de toutes mains, risque d'être contradictoire.

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